Le Festival Chateau Sonic, revient cette quatrième année avec une programmation très attrayante. Aujourd’hui les organisateurs du festival Savoyard, nous parlent plus en détail de cette prog’ qui se dissocie des autres festivals et qui fait sa particularité. Rendez-vous, ici,  à partir du 15 Août jusqu’au 18, on a hâte!

 

 


 

Quel est le thème de cette 4e édition ?

Depuis sa création en 2015, Château Sonic est basé sur trois points: faire connaître des artistes indépendants émergents, proposer des pratiques culturelles et artistiques qui nous extraient du quotidien et faire sortir le festivalier de son rôle de spectateur.

Mais notre identité ne s’arrête pas là. Il y a incontestablement des choix politiques dans notre projet. Nous essayons de créer un événement artistique fédérateur basé sur la bienveillance, la création d’un espace solidaire, inclusif et respectueux de la nature. Enfin, nous disposons d’un site exceptionnel qui nous transporte dans un univers hors du temps, teinté de médiévisme, d’ésotérisme aussi.

Cette année particulièrement, nous avons eu envie de raconter une histoire aux festivaliers en parlant de sorcières et de sorciers, boucs émissaires, pourchassés, victimes malheureuses d’une chasse à l’altérité. Cette figure nous a d’autant plus parlée qu’en fouillant dans les archives, nous avons découvert que deux soeurs, Jeanne et Claudine Gras, ont été toutes deux tuées pour sorcellerie en 1715 dans le village de Brenthonne, fief du festival. La Savoie et la Suisse figuraient parmis les bastions de la chasse aux sorcières entre 1590 et 1640 dans une région plus que divisée. Plus de 60 000 personnes ont été condamnées pour sorcellerie en Europe, la majorité des victimes étant des femmes.  En racontant cette histoire, c’était une manière de rendre hommage à ces deux soeurs, qui concentrent toute une symbolique autour de la lutte contre les discriminations, l’affirmation d’un imaginaire à contre-courant et un retour à la nature.

En quoi la sélection de la line up reflète le thème?

On a veillé à ce que la programmation soit strictement paritaire, chose qui ne s’est pas forcément révélée facile de prime abord. Même si les choses ont évolué dans le bon sens, il y a encore trop peu de femmes dans les rosters des agents.

Depuis quatre ans, nous avons également choisi de présenter en journée des ateliers engagés traitant d’écologie, d’égalité ou encore de l’absurdité des emplois actuels. La première édition, les festivaliers étaient par exemple invités à répondre à des lettres de motivation (plus qu’abusives) pour décrocher ton « bullshit job de rêve » ou à créer des insultes bienveillantes sans passer par la case discrimination. Cette année, on t’invite à écouter des contes à paillette non « genrés », à fabriquer ton cosmétique 0 déchet ou encore à te laisser porter au chant de bols planétaires.

Un mot sur la prog’ par rapport aux années précédentes ?

Globalement, on peut dire qu’on a eu tendance à se tourner vers des artistes qui ont un identité forte, avec des esthétiques parfois assez sombres. On peut citer le duo de musiciennes d’Oktober Lieber qui nous plonge dans un état proche de la transe, ou encore le duo electro-punk montréalais Pelada, aux sonorités acides et paroles outrageuses. Il y a aussi Rkss, artiste queer basé.e à Londres, qui nous fait rougir de plaisir coupable à base de tubes EDM.

En quoi, la programmation diverge des autres festivals ?

La gratuité de la moitié du festival ainsi que son offre pour toutes les tranches d’âges nous semblaient indispensables et ont exigé une importante quantité de travail.

On a aussi fait le choix de privilégier des groupes émergents, avec un univers propre et une tonalité nouvelle dans le paysage musical plutôt que des têtes d’affiches qu’on retrouverait dans la plupart des festivals d’été.

Qu’est-ce qui la rend si particulière ?

Je dirais l’ambiance et le cadre idyllique. On souhaite rester un événement à taille humaine où les festivaliers, techniciens, bénévoles et artistes se rencontrent. On a réussi à créer une communauté qui nous porte et qui revient chaque année. On est aussi une véritable agence matrimoniale, c’est fou tous les couples dans notre entourage qui se sont rencontrés à Château Sonic !

Le son, selon vous, qui résume le mieux l’esprit du festival

She’s dancing – Levin’s Goes Lightly

Parce que c’est un des premiers groupes qu’on a programmé à Château Sonic et qu’il nous ressemble.

 

Après 3 éditions, quelles sont vos plus belles révélations artistiques ?

Ko Shin Moon. On avait quasi bouclé la prog’ de l’an dernier quand ils nous ont contacté, surmotivés à l’idée de venir jouer chez nous. Ils ne nous ont pas déçu ! Ils ont été hyper généreux, le public était en feu !

 


Et pour finir, une playlist concoctée spécialement pour nous, par la team Château Sonic, afin de nous donner une mise en bouche de ce qu’il y aura:

 

 

by ilena