La musique de Losange est telle une science de l’orchestration électronique, fruit du rassemblement d’harmonies riches et de matériaux sonores rugueux et purs. On a voulu en savoir plus sur ce projet, son processus de création et ses influences.

 

 

Pour débuter, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Benoît, je viens d’Aix-en-Provence, je fais depuis tout petit de la musique, notamment du piano, puis des études de musicologie et de son. J’ai commencé à me produire sous le nom de
Losange depuis environ 3 ans. Plus jeune, j’écoutais du rock, et puis mes études m’ont ouvert à d’autres genres tels que le classique, le jazz et la musique électronique.
Jusqu’à présent, j’ai publié un EP et un album, tous deux sur le label Johnkôôl Records.

 

Comment es-tu parvenu à concilier tes influences classiques et électroniques dans ton travail ?

Je suis impressionné par le travail des compositeurs de l’ère classique et baroque, et plus particulièrement par ces structures logiques régies par le système tonal. Il n’y avait pas la possibilité à l’époque d’entendre ce que l’on composait, on devait donc imaginer le rendu final, cela demande la maîtrise complète de ces outils. Le système de la partition est comme un livre sur lequel on écrit à partir d’un vocabulaire et d’une grammaire. Avec la synthèse sonore numérique, j’ai voulu prolonger cette façon de faire en “écrivant” les timbres, en les quantifiant.

 

Tes différentes publications sur Johnkôôl Records laissent entendre des productions brutes et épurées. Comment travailles-tu en studio pour obtenir un tel rendu ?

J’ai un modus operandi propre, une grammaire que je me suis construite, les timbres sont là pour avoir du sens et jamais pour épater la galerie. Ce que tu appelles brute, ou épurée, cela sonne comme une évidence pour moi. Pour faire une musique qui soit honnête, sans artifices, qui soit le plus agréable à écouter sur la longueur, comme la douceur d’un orchestre de classique, au service de l’émotion que je veux véhiculer.

 

 

Le festival Le Bon Air laisse chaque année carte blanche à un artiste pour présenter un projet inédit, et c’est à toi qu’a été confiée cette tâche pour l’édition 2019. Peux-tu nous parler de la performance que tu vas réaliser ?

Je travaille depuis quelques années sur un dispositif qui permet de faire interagir la lumière avec la musique. Un simple monochrome de couleur qui évolue en fonction des notes d’un morceau, en partant de l’idée que comme un son, la couleur se caractérise par une fréquence. Le festival du Bon Air m’a ainsi donné l’occasion de développer le dispositif dans le cadre d’une résidence au sein d’une salle dédié et géré par le groupe de recherche musicale de Marseille, le GMEM. Cette salle, le Module, est une géante nef bardée de lumières à led, ce qui m’a laissé l’occasion de créer un véritable show synesthésique.

 

Tu vas aussi publier un nouvel album en juin prochain, peux-tu nous en dire un peu plus sur ce qui nous attend ?

Ce nouvel album s’appelle “Soul Chopper”. Pour le créer, j’ai épluché des milliers de morceaux de trance sous la forme de piste MIDI pour en soutirer la substantifique moelle, ses rythmes et ses mélodies qui définissent ce genre. C’est pour cela que l’album se nomme Soul Chopper, car comme un biker américain qui se débarrasserait du superflu sur son Harley, j’ai créé avec ma propre bécane, mon propre “chopper”.

J’ai composé cet album en vue du festival Les Trans de décembre dernier. Dans l’euphorie de cette date, j’ai voulu faire quelque chose de catchy, énergisant, dansant, mais mon naturel mélancolique n’est jamais loin, et la technique employée reste la même que pour “Quartz”.

 


By Dorian


Informations Pratiques :

Losange : Création A/V Le Bon Air 2019
Dimanche 26 mai à 16h30
La Friche La Belle De Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille
Billets disponible par
Lien de l’événement