Tout droit venu des Landes, le collectif Binarysound participe depuis 5 ans au développement de la scène électronique dans le sud ouest de la France. Depuis quelques mois, le collectif s’active aussi sur la scène parisienne. On pourra par exemple, les retrouver vendredi soir sur la Péniche Cinéma, pour une belle soirée dont ils ont le secret. Rencontre avec Antoine Sy co-fondateur du collectif, qui était d’ailleurs de passage samedi au Café Barge l’after Réveil Matin, pour en savoir plus sur leur parcours.

Salut, tout d’abord quand et comment est né le collectif ?
Hello, avant tout Binary tenait à vous remercier pour cette interview !
Le collectif est né en Décembre 2013 à Hossegor, suite à une soirée « homemade » organisée par Fantin Lagardère et moi-même. Nous étions partis en Espagne chercher de quoi organiser un open-bar au sous-sol d’une maison, et faire découvrir la Techno à nos potes. La culture électronique était alors quasi inexistante dans notre coin.
Nous avions invité mes deux potes Antoine Joseph (Depad) et Simon Schauen (Error508) à mixer, car c’est eux qui m’ont fait découvrir les teufs underground en m’emmenant dans des warehouses à Toulouse, où nous étudions dans la même école. Nous avons par la suite monté l’association tous les 4 pour développer la musique électronique sur la côte Basco-Landaise.

Vous êtes un peu les pionniers de la scène électronique dans les landes et le pays basque, pourriez-vous nous parler de l’évolution de cette scène depuis votre création ? Avez-vous vu des évolutions ?
En 5ans, les choses ont énormément évolué. Beaucoup de gens diabolisaient la musique électronique, en catégorisant cette musique comme musique sauvage, peu mélodieuse et répétitive. En effet, la musique électronique était plutôt représentée par la culture « teuf » par chez nous (Hardtechno, bump, psytrance, etc…). Autour de moi, personne ne s’intéressait au courant House/Techno, à part Florian Betria aka Papuc qui deviendra par la suite notre graphiste. Il m’a beaucoup aidé pour me mettre le pied à l’étrier du dig, et me mettre à mixer sur vinyles.
Aujourd’hui, de nombreux bars et boites sont ouverts à notre style et je vois de plus en plus de Djs arriver sur la scène, même si ça reste encore très marginal comparé aux grandes villes. A Hossegor, nous ne sommes que 2 promoteurs actifs, avec Gael Reboul qui est à la tête du Little Festival. Sur le Pays Basque, il y a des collectifs comme Prism, Sonotone ou Musique d’Apéritif par exemple qui font un excellent travail !

Comment se sont passés les débuts ?
Nous avons fait notre entrée officielle lors la fête de la musique en 2014. Nous avons tiré des câbles depuis une maison jusqu’à la plage du lac d’Hossegor, où nous avons mis un Dj booth. Nous en avions parlé à quelques potes, et pensions réunir 50 à 100 personnes. Le bouche à oreille est allé si loin que nous avons reçu environ 500 fêtards, venus de toute la région pour écouter du son les pieds dans le sable. Cet événement a fait beaucoup de bruit (au sens figuré bien sûr) et a permis à BinarySound de gagner en crédibilité, et notamment collaborer avec la mairie locale. Nous nous sommes lancés par la suite dans de nombreux projets dans différents types de lieux. Les fêtes de la musique sont vraiment les événements qui nous tiennent à cœur, où nous pouvons occuper des lieux atypiques pour réunir des passionnés et curieux de tous âges et tous horizons, par le caractère original des endroits où nous nous produisons.

Avez-vous un style prédéfini ?
C’est une question très difficile… Je pense que c’est plus une question de mood ou de sonorités plutôt que d’un style. Allez sur notre soundcloud pour en juger 😉

La track qui résume le mieux l’esprit du collectif ?
Résumer l’esprit général serait impossible en un track, mais pour vous donner un avant-gout de notre esprit festif ce serait plutôt dans ce style

Et quand on est d’humeur plus reposée, on upload ce genre de sons sur notre chaine 🙂

Avec quel artiste aimeriez-vous collaborer ?
Nous avons collaboré avec un bon nombre d’artistes qui nous influencent énormément (la liste exhaustive est sur notre Soundcloud). Nous avons invité l’an dernier Francesco Del Garda à jouer à Hossegor par exemple, ou Nicolas Lutz à Bordeaux. C’est un peu une consécration concernant le développement de notre style dans notre région.
Aussi, bosser sur le label avec Le Loup est quelque chose qui nous tenait à cœur, car il est l’un des premiers artistes que nous avons invité dans le sud-ouest. Il a signé sur le Various BNSD002 et sortira un Ep pour le BNSD003.
Concernant nos projets futurs, nous avons pour but de faire découvrir des artistes émergents de la scène qui ont un gros potentiel à nos yeux. Affaire à suivre !

Votre meilleur souvenir de soirée ? Et le pire ?
BinarySound est avant tout un groupe de très bons potes, on passe de très bons moments ensemble ! Il y a tellement de bons souvenirs que ce serait difficile de les citer… Et les pires, on préfère les oublier !


Souvenir d’une soirée à l’Escargot à Seignosse, QG du collectif.

Vous êtes aussi présent à Paris, où vous travaillez étroitement avec Reshuffle Music, à vous deux ça donne L’atelier. Pouvez-vous nous parler un peu de ce projet ? Comment s’est fait la rencontre ?
Depad (BinarySound) et André (Reshuffle) étaient en classe ensemble lors de leur master. Ils ont été le lien entre les deux assos. Nous avons une vision, et surtout une façon de faire la fête très similaire, ça nous a donc directement soudé. L’Atelier est aussi composé des membres de Weapon, association qui n’est plus active à ce jour, mais ces bons vieux JD et Bayart sont toujours là sur le projet Atelier… On forme une sacrée troupe de joyeux lurons tous ensemble, on adore se déguiser et lancer « euleeeeeeu » sur le dancefloor !

Quels sont vos projets à venir ?
Comme dit précédemment, nous sommes sur la suite du label vinyle. Le 002 est sur le point de sortir, et le 003 est déjà programmé. Nous avons notre résidence estivale a l’Escargot à Seignosse (ville voisine d’Hossegor), à l’iBoat (Bordeaux) en collaboration avec Les Viatiques, mais aussi des projets à venir sur Paris. On a du pain sur la planche !

Un petit mot pour la fin ?
Passez nous voir à Hossegor !

Vous pourrez donc aussi les retrouver vendredi soir pour une soirée conviviale pleine de bons beats avec comme invité Unai Trotti, le boss du label Cartulis. Croyez nous, le lieu vaut le détour 😉
On vous fait gagner des places juste ici.

By Léa


Informations pratiques 
22.03 de 23h à 6h00
10€ sur place
Péniche Cinéma, Canal de L’ourq 75019
Lien de l’évènement