A l’occasion de la deuxième session live de l’agence Quatrième Mur nous avons eu l’occasion d’échanger avec les Groove Boys Project. Avec leurs synthés et leurs machines analogiques, ce duo nous concocte des lives house orientés soul, funk et disco. Focus sur les outils et instruments des garçons et leur processus de création.

Hello, tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ? (qui êtes vous ? d’où venez vous ?…)

Hello! On est deux étudiants, Alex et Lucas, musiciens tous les deux. On vient de Paris mais on pense venir de New-York dans une autre vie.

Le projet Groove Boys, il est né où ? Comment ?

On s’est rencontré dans un Dj Contest et autour des disques, on était tous les deux collectionneurs de disques et on aimait les mêmes labels, les mêmes influences. On avait pourtant un bagage musical assez différent et plutôt varié, mais on avait des disques en commun et on s’est entendu sur le son disco, funk mais aussi nos premiers coups de cœur House 90’s. On a trainé ensemble, on faisait les disquaires, des sessions prod chez l’un ou chez l’autre, on s’invitait sur des djsets de plus en plus.. . C’était pas encore Groove Boys mais tout était là : on commençait à écrire des morceaux ensemble, on se marrait bien en prod car on était très complémentaires. On avait pas les mêmes machines / instruments et on apportait chacun quelque chose de personnel à nos morceaux. Au bout d’un moment ça nous a un peu soulé de voir “Boyzi B2B Projecture“ sur les line-up et on voulait monter un vrai duo. À l’heure où on ne faisait presque plus de dates en solo, on a décidé d’officialiser un peu ça avec Groove Boys Project. On affinait notre identité à deux axée House de New-York et New-Jersey, un son très soulful, de la house traditionnelle.
Groove Boys Project c’est le nom du duo et du label qui est né au bout d’un an et qui s’est concrétisé au Le Mellotron le 15 Juin 2016 !

On le sent, on le sait, vous êtes passionnés de musique. Quel est le morceau qui vous a fait aimer la musique électronique ?

Lucas : C’est une super question ! Car justement moi je venais pas de la musique électronique. Mes premiers coups de cœur n’étaient pas très électroniques, à part Daft Punk peut être. Très tôt j’ai adoré les Daft alors que je ne connaissais rien à la House. Donc je dirai Voyager de Daft Punk, un des premiers morceaux qui m’a fait aimer cette musique.

Alex : Bonne question ! Je me suis pris pas mal de claques de goûts musicaux différents, en débutant par le RAP et la commerciale en passant par la Deep House et les sons cheesy, la Techno et les sons Rave pour enfin arriver à l’essentiel au jazz funk et l’old school house ! J’ai aussi été nourri de la culture des Daft Punk bien sûr mais très petit mon père m’a emmené au concert des Incognito, un groupe Londonien et mauricien Acid Jazz Funk ! À l’âge de 13 ans j’ai eu des étoiles dans les yeux et j’ai vu la lumière sur le DeeJing en regardant l’intro du set de Joachim Garraud ZeMixx 100 @ Studio88, c’est ce qui m’a donné envie de devenir Dj et de faire de la musique. Selon moi le morceau qui m’a fait tellement frissonné tout petit était un court passage du live entre David & Joachim en remixant des classiques !

On vous connaît bien pour vos lives, avec vos pads, claviers et machines de toutes sortes.
Personnellement, tous ces boutons ça m’impressionne, comment ça s’est passé pour vous, la première fois que vous vous êtes retrouvés devant une machine/ instrument de ce genre ? Et comment est ce que vous avez appris à vous servir de ces outils ?

Lucas : la première fois que je me suis retrouvé devant une boîte à rythme c’était à 18 ans, en voyage à Berlin après le bac. J’étais allé dans un immense magasin de musique où j’ai pu essayer un sampleur, une boîte à rythme… C’était à un moment où je m’intéressais à la musique électronique et à la production mais je n’avais aucun matos pour en faire. C’était tout un monde que je ne connaissais pas mais ça m’a plu. Au fil du temps j’ai pu m’acheter du hardware (ndlr : matériel informatique) grâce à mes dates en tant que dj. C’est le fait de passer des disques qui m’a permis d’acheter au fur et à mesure l’équipement dont je rêvais. Quand on a commencé à faire de la prod avec Alex on a commencé à acheter du hardware à deux, on a pu économiser ce qu’on gagnait de nos dates pour acheter des synthés, des boîtes a rythmes et des consoles vintages. Et on a pu se permettre d’acheter ce qu’on ne pouvait pas se permettre avant : une vieille MPC 2000XL, un sampleur Akai S5000, la TR707, le JX, le D-50… ce genre d’instruments. Aujourd’hui on a notre studio d’enregistrement avec Rawaï, et tous les trois on profite de cette belle collection de hardware pour nos productions.
Sinon comment on a appris à se servir de tout ça…? RFM : Read the Fucking Manuel.

Alex : Tout d’abord j’ai commencé à m’intéresser aux logiciels de musique à l’âge de 16 ans mais j’ai fais très peu de son. J’étais novice et mes prods étaient des productions commerciales. A 18 ans m’est venue l’envie de m’offrir des petits instruments en commençant par un Akai LPD 8 avec des pads et des potards qu’on peut assigner à Ableton live ou Logic. Ensuite je me suis offert toute la série Korg Volca puis un Akai APC 40 pour m’en servir à lancer des scènes et à préparer une page live. À la fin j’ai eu une TR 8 et un Maschine Mikro MK1. J’ai toujours voulu apprendre tout seul et par moi même et à bouffer les manuels d’utilisation. La suite vous la connaissez !

J’imagine que pour travailler vos prods et lors de vos lives vous utilisez des logiciels spécifiques, pouvez-vous nous dire lesquels ? Pourquoi ceux là et pas d’autres ?

Au contraire on utilise très peu de software donc on utilise notre ordi au minimum. Tous nos sons proviennent des instruments et des sampleurs, on utilise l’ordi que pour passer les scènes du live. Il n’y a ni les synthés, keys et drums, il reste donc que le sample en vinyle à la base du morceau et les sonorités qu’on ne peut reproduire sur scène.
Analog 4 life !

Pour se mettre à produire, qu’est ce que vous recommanderiez à quelqu’un qui débute ?

Lucas : Écouter beaucoup de musique, aller voir des gars jouer en live, ne pas être tout seul devant sa page blanche. Je conseillerais de cultiver son oreille autant que son jeu ou sa musique. Être très curieux : faut essayer plein de choses, ne pas s’enfermer dans ses méthodes de travail. C’est assez long de “se trouver” musicalement alors il faut essayer pleins de choses. Et il faut travailler sérieusement, régulièrement. Apprendre la musique c’est évidemment des heures et des heures, des jours et des jours, des années et des années…

Alex : Choisir son logiciel de routine Ableton Live ou Logic Pro, lire le manuel d’utilisation des deux logiciels, voir si on peut utiliser les deux selon l’envie de ce qu’on veut faire (recommandé) ! Acheter une TR 8 ou TR8s car elles sont très intuitives sur comment on va enregistrer et jouer nos drums ! Acheter Maschine Mikro MK2 couleur ou Maschine 2 normal en couleur car en Orange galère à reconnaitre ses pads pré-fabriqué et ses samples. S’offrir un petit contrôler type Launchpad pour passer les scènes de notre live ! Acheter un piano midi : le Arturia Keylab 25 c’est le meilleur (possible de contrôler tout le pack Arturia V Collection). Acheter un HUB USB 10 Ports à la Fnac pour relier le tout !

Quel est votre instrument/ outils musical favori et pourquoi ?

Lucas : Sans hésiter le Fender Rhodes, pour la beauté du son qu’il produit. C’est probablement l’instrument qui a le plus révolutionné l’histoire de la musique selon moi. On l’utilise beaucoup dans nos morceaux.

Alex : Pour moi ce sera le Juno 60 pour sa profondeur, sa couleur, sa spatialité et sa polyphonie qui fait le son vintage pure des premières générations des synthétizers. J’ai toujours rêvé d’en avoir un !!! (Harvey)

Comment est ce que vous vous préparez à un live ? J’imagine qu’il y a un certain nombre de choses à méditer en avance quand même… Laissez vous place à l’improvisation (un solo par exemple) lors de vos performances?

Nos lives sont écrits à l’avance, préparés et répétés mais nous laissons bien sûr une grande part de jeu et d’improvisation; on aime bien revisiter et remixer nos morceaux en live. Tout ce qui est joué live n’est évidemment pas rigide et nous prenons des libertés sur scène, c’est ce qui nous plaît dans l’idée de faire un live.

Juste avant d’entrer en piste, quelles sont vos habitudes ? Un petit rituel peut-être ?

Pour se préparer on s’allume toujours un petit encens à la répétition et le jour j sur scène pour se mettre en confiance. C’est aussi une manière de dire que le live commence !

Et lorsque vous êtes lancés, comment ça se passe ? Qu’est ce qui vous inspire pour poser cette petite mélodie de clavier, sur ces basses là à l’instant T ? Je me suis toujours demandé : « comment ont-ils eu l’idée de rajouter ça là maintenant ? »

Lucas : C’est de la composition, selon moi la plus belle partie de notre travail : en jouant nos propres morceaux sur scène on décide tout, à quel moment rentre le clavier et quelles notes on va jouer à ce moment là. Je sais pas comment répondre à cette question, je veux bien croire que ça soit ce qui reste le plus mystérieux haha mais l’écriture de nos morceaux c’est forcement un processus complexe et long, et on peut pas expliquer en une phrase les idées de composition de tous nos morceaux. Chaque morceau a été pensé différemment, et ces questions là sont résolues durant les sessions d’écriture au studio.

Alex : La première track est toujours très intéressante, faut écouter si tout est bien calibré bien mixé à la table pour chaque instrument. Je fais notre propre ingénieur son à la table pendant le live. Voir si ça crash pas, si toutes les machines sont lancées au bon rythme de Live.

Lors de cette session Quatrième Mur consacrée au live, vous allez travailler en parallèle avec le vj ANTN, comment appréhendez vous cette collaboration ?

Lucas : C’est la famille ! Antonin faisait partie du même collectif que nous autour de House Monkeys Records et on a beaucoup bossé avec lui. Il travaille sur notre prochain clip, ça nous fait très plaisir qu’il s’occupe du mapping pendant notre live au Petit Bain.

Alex : Toujours aussi bien, le poto match exactement avec ce qu’on veut faire !

Un dernier mot pour la fin ? 🙂

Un mot sur notre deuxième disque qui vient de sortir sur Groove Boys Project Records : Feel The Groove EP avec notre chanteuse Ava Baya. Check this out 😉
Du nouveau très vite sur le label avec la sortie digitale du premier ep de Jakku.
House Music Will Never Die.

By Léa


Informations pratiques :
Session Live #2

9.02 de Minuit à 6h
Prend tes billets sur Weezevent
Petit Bain – 7 Port de la Gare 75013
Lien de l’évènement