Qu’est-ce que Capsule ? Les membres du collectif nous répondent en expliquant d’où vient cette passion commune pour la musique et le visuel qui les a réunie; Toutefois chaque artiste garde une identité visuelle ainsi que des inspirations et visions complètement différentes des uns des autres. Grâce à ce melting-pot de talents, ils arrivent à nous offrir une immersion totale à chaque fois avec un rendu très quali’. Ce Samedi 8 Décembre, vous pourrez en profiter et retrouver Antonin, membre de Capsule, à la première édition de Solaire Exhib’It #1 au 6b, ça vaut le détour! 

Dans un premier temps peux-tu présenter Capsule?

Alors Capsule c’est six artistes touchent à tout mais réunis autour de l’image animée depuis 2015.
On est sur Paris, Lyon, Poitiers et Caen et on oscille entre expositions, cinéma et soirées, on a toujours voulu mêler ces trois mondes.
On réalise, on produit des films, des scénographies, des mapping vidéos et on est tous VJs.

Quel a été l’élément déclencheur pour la création du collectif?

Antonin : Alors j’étais parti en échange à Philadelphie, j’ai beaucoup appris niveau animation numérique, vidéo…etc. Je voulais absolument me mettre au VJing et organiser des événements qui mélangent musiques électroniques et expositions. Là j’ai rencontré Arsène qui voulait lancer un collectif d’artistes depuis un moment.
La synergie s’est faite, on a créé l’asso’, contacté le label et orga du coin (Technogramma) et organisé notre premier event avec eux et on a continué avec eux pendant 3 ans en diversifiant les propositions (ciné-concert live, performance AV immersives, scénographie… etc)

Arsène : Il s’agit de l’envie de pouvoir se réunir, continuer à travailler ensemble après l’école, et fonctionner avec une synergie de groupe, l’union fait la force!

Eve : Oui ça trottait dans la tête Arsène et il nous a fait une interception low budget en nous parlant dans notre sommeil.

Quelles sont vos inspirations?

Arsène : Il y a Stan Brackhage par exemple, qui expérimente avec la lumière, la matière. Des œuvres installations immersives qui font déambuler, qui sortent de la scène simple ou du schéma classique d’une oeuvre de galerie. Je travaille aussi beaucoup la narration, sur la recherche du sens et du langage

Anto : On a tous des inspirations hyper différentes ! Moi c’est Bill Viola ou Jonas Mekas, deux grands vidéastes complètement opposés tant l’un est dans le monumental métaphysique et l’autre dans la captation du quotidien banal et poétique. Je travaille beaucoup sur le corps, les manières de raconter une histoire, aussi bien dans l’écriture, au montage que dans l’espace d’exposition.
Au niveau du VJing c’est très futuriste, assez sombre, et je mets l’accent sur les gens, leur corps, des présences qui attirent le regard au lieu de bourriner sur des formes géométriques ou des kaléidoscopes. Je filme beaucoup de modèles que je travaille en post-prod où je prends des images de films comme L’enfer avec Romy Schneider.

Eve : Un tas de micros événements du quotidien qui me fascinent (et donc m’inspirent), très souvent provoqués par la lumière : par un reflet, une projection, une transparence…Je réalise mes visuels à partir d’expériences optiques que je fais dans mon atelier et que je filme. Je récupère aussi des vidéos d’expériences scientifiques, de vues microscopiques…
Et je pourrais citer Tacita Dean, une artiste vidéaste que j’aime beaucoup, qui a réalisé des films sur des phénomènes lumineux comme le rayon vert. Elle travaille sur l’obsolescence, l’action du temps, la disparition et surtout elle milite pour la sauvegarde de la pellicule, un combat qui me tient aussi à cœur.

Jeremy : De mon coté, il y a Till Roeskens, conteur, photographe, cinéaste, voyageur et performeur.

Eliot : oui le lien entre vjing et œuvres est hyper étroit, les deux univers se nourrissent tant au niveau du fond que de la forme.

Comment définirais-tu le style du collectif (ou en tout cas l’univers)?

L’univers est bien barré, ça c’est sûr, mais on se réinvente à chaque fois, avec des formes, des techniques, des collaborations différentes.
On est assez hybrides en fait, trans média, protéiforme, ahah plein de mots compliqués. On a un style assez sombre souvent mais avec des envolées lyriques hyper colorées et glitchées (cf Arsène ou Eliot)

La dernière découverte musicale dont tu ne te lasses pas

Eve : Il se passe plein de choses à Nantes, j’ai eu l’occasion de faire du vjing avec Delawhere, qui fait de l’ambiant hyper mélodieuse et electronica ou encore S8jfou.

Arsène : j’arrête pas d’écouter Brigitte fontaine, la radio, qui raconte une belle histoire : en gros c’est bfm tv mais il y a 20 ans.

Anto : Four Tet, je l’écoute tout le temps, un grand artiste qui sait jongler avec les styles, du club ultra dancefloor à de la musique expérimentale electronica ou des chants traditionnels thaïlandais.

Le son/artiste qui t’a fait aimer la musique électronique

Arsène : Kanka et Panda Dub

Eve : Paul k

Anto : DJ Chloé et The Prodigy

Jérémy : Colored city de Laurent Garnier

Quels sont vos projets à venir?

Il y en a plein ! On organise une soiré expo au 6b avec Solaire Paris le 8 décembre, une exposition collective en forme de Motel à Poitiers, un festival porno et même une performance AV de 4h pour la nuit européenne des musées. Sinon Eve va faire le vjing du nouveau label bordelais Melodia record, Jérémy a une résidence, Eliot veut devenir pompier et Arsène est sur un multi-événements autour de la Grèce et de la crise européenne..!

Avec qui voudriez-vous collaborer?

Arsène : Des artistes bien noise, genre Polar Inertia, en live avec mes matières vidéos glitchées, où je travaille la texture du grain de l’image.

Eve : nicolas Jaar <3

Antonin : Chloé de Sévigny, l’actrice

A quand le prochain event/expo/live ?

Le plus gros event c’est Solaire Exhib It au 6b, Antonin Dony (ANTN.) y expose 2 de ses œuvres immersives dont une est un live audiovisuel.

Vous avez pu voir ces projections en club, là c’est la genèse, un côté plus conceptuel en forme d’exposition. Et dans une deuxième salle, il y a une line up hyper House :

Rawaï, Youn Caro, Seren Deep et Madame San gêne. On mise à fond sur une scéno hot et sur un format moins énervé que d’habitude (15h-1h) 🙂

 

 

by ilena