On a rencontré Raul, artiste mexicain prolifique de la scène électronique locale. Producteur, fondateur d’un label et organisateur d’événements alliant son et image dans la capitale culturelle, il publie aujourd’hui officiellement sa track « Ebanista » sur Sakatrak, accompagnée d’une music video à couper le souffle.

We met Raul, prolific mexican artist from the local electronic scene. Producer, founder of a label and organiser of events mixing sound and image, he now releases his new track « Ebanista » on Sakatrak, with a breath-taking music video. 


Hey Raul, tu peux nous en dire un peu plus sur ton projet artistique et sa création ?
Le projet a été créé il y a environ 6 ans, mais je produis de la musique sur ordinateur depuis que j’ai 15 ans. Le nom Techno Para Dos est plutôt ironique, à la fois par rapport au boom de la techno et de la classification de la musique en genres et sous-genres. Je trouve ça assez drôle que les gens aient besoin de donner un nom à tout.

Hey Raul, can you tell us a bit more about your musical project and when/how it was created?
The project was created about 6 years ago, but I’ve been making music in computer format since I was 15. The name Techno Para Dos is sort of a joke, towards both the boom of techno music and the classification of the music in a genre or sub genre. I find it very funny how people always want to name things

Aujourd’hui, tu publies sur Sakatrak ta nouvelle track Ebanista, qui sera intégrée à ton album « Paraque ». Comment as-tu produit cette track?
C’est la sortie internationale de l’album, mais j’ai commencé à le produire il y a plus de 3 ans. Je l’ai joué un peu il y a 1 an et aujourd’hui c’est la publication officielle via Sakatrak. J’ai déjà un autre album prêt, mais ça c’est un des problèmes de l’industrie musicale au Mexique. J’aime pas trop parler de mes musiques, parce que je trouve qu’elles parlent d’elles-mêmes. Mais je peux t’en dire plus sur le process créatif et technique. Cette track s’appelle Ebanista (c’est comme ça qu’on appelle les gens qui travaillent le bois) parce que j’ai utilisé le son du bois mais aussi le son des outils utilisés pour le travailler. Il y a aussi des samples de voix d’un film mexicain culte qui s’appelle « Los Olvidados » réalisé par Luis Buñuel, qui représente très bien mon enfance. J’aime beaucoup décontextualiser les dialogues pour créer un nouveau message.

Today, you release your new track Ebanista, which is going to be part of your album “Paraque”. How did you produce this track?
It’s the international release, however I’ve started making this album more than three years ago. It had a small appearance a year ago and today is the official release with Sakatrak. I already have another album ready, that’s one of the problems with the music industry in Mexico. I don’t like talking about my songs much, because I think they speak for themselves. But I can tell you a bit about the creative and technical process. The song is called  Ebanista (this is how you call the people who design wood) because I used the sound that wood makes and also the sound of the tools you use to work the wood. This song has some voice samples from a Mexican cult film called « Los Olvidados » directed by Luis Buñuel, which marked my childhood. I enjoy to decontextualize dialogs to create new message based on audio cadences and definitions.

Cette track sort avec une music video. Quelles influences y a-t-il derrière ?
J’ai collaboré avec l’artiste visuel et filmmaker Jael Jacobo. Elle s’occupe de produire des visuels pour ma musique à partir de films produits par elle-même et objets trouvés dans des 16mm. Cela représente l’importance de montrer le matériel qui est considéré comme obsolète. L’idée de cette vidéo était de la faire en séquences. Ebanista est la musique préférée de Jael parce qu’il y a la voix de la mère de Pedro dans « Los Olvidados ». Elle m’a ensuite proposé de faire une vidéo à partir de collages de scènes du film. Aussi, on envoie cette vidéo à des festivals de ré-appropriation de matériel comme le UltraCinema Festival.

You’ve released your first music video for this track. What is behind it? What were the influences?
Well, I collaborated with the animator, visual artist and experimental filmmaker Jael Jacobo. She makes visuals for my music from homemade movies and objects found in 16mm. This appears from the importance of showing material that is considered obsolete in the form of Expanded Cinema with film material and analog projectors. This type of projection is related and dialogues with the music that is being made at the same time.

From this collaboration arises the idea of ​​making a video with footage. We chose Ebanista, which is also the favorite song of Jael because you can hear the voice of Pedro’s mother in « Los Olvidados ». She then proposed to make a video collage from the surreal scene of Pedro’s dream. Also, we are sending this video to festivals of reappropriation of material (found footage) like the UltraCinema Festival.

Tu as créé ton propre label, Hoy No. Pourquoi l’as-tu créé à la base, et quels projets ont déjà été publiés dessus ?
Hoy No. Le nom vient de la procrastination des Mexicains, car au Mexique il est très commun de dire « Hoy no, mañana si” (pas aujourd’hui, mais demain). Cela rappelle la perte de temps éternelle, l’absence d’actions. Ce titre a été proposé par Sebastian Fuentes, qui étudie la philosophie. On fait tout ensemble quand il s’agit de ce projet. Ana Drucket et Ines (Cirrina lab) nous aide avec la partie visuelle. Je ne qualifierai pas le projet de label car c’est aussi dédié à l’exploration de l’image. Les mots qui représentent le mieux l’esprit du collectif sont son et image; l’image va au dessus de l’image car le son en lui-même est une image. On dédie ce projet à l’exécution de la vidéo, photo, textes, musique, installations… On a peu de temps mais on publie tout en temps voulu, on a des collaborateurs à Barcelone et on essaie de mettre en avant les échanges culturels entre l’Espagne et le Mexique. Vous pouvez checker nos projets ici.

You’ve founded your own label, Hoy no. Why did you create it in the first place and what projects have already been released on it?
Hoy no. It arises from the procrastination of the Mexican people, in Mexico it is very common the saying ”Hoy no, mañana si” “(as in: not today, but tomorrow) making an allusion to the eternal loss of time, to the absence of the fact. The title was proposed by Sebastian Fuentes, who is dedicated to studying philosophy. We do everything together related to this project. Ana Drucker and Ines (Cirrina lab) help us with the visual part. We can not really name the project as a label, because it’s not only dedicated to the exploration of sound, but of image too. Maybe we could accommodate the words “imagen – sonido” (image – sound) or put the name that comes in mind; in this case image goes kind of on top of the sound because the sound itself is an image: a sonorous image, time. We explore and dedicate this project to the execution of video, photo, writings, music, installation, etc. We have little time but we are releasing everything in its own time, we have collaborators in Barcelona and we are trying to make cultural exchanges between Mexico and Spain. You can check the projects here.

Tu fais aussi partie du label VAA. Quelle relation entretiens-tu avec celui-ci ?
Ce sont des gens que j’adore et que j’admire, surtout Jiony, président de VAA, qui pour moi est un artiste génie et un des meilleurs producteurs au monde. Au sein du label, je suis un collaborateur créatif et un artiste à part entière.

You’re also part of the label VAA. What relationship do you have with it?
Well first of all it’s people I love very much and people I admire, as is the case of jiony (the head of VAA), who for me is one of the genuine artists and one of the best producers in the world. Within the label, I’m a creative collaborator as well as label artist.

Quelles sont tes influences pour produire ?
Je ne connais pas vraiment mes influences mais je peux te dire ce que j’en pense. Dans mon cas, je suis autant influencé par une musique que j’entends au hasard dans le métro, le hit du moment qui va passer à la radio dans le taxi, les sons de mon environnement et bien sûr les musiques que j’aime. Le sno de ma routine, la répétition, les choses que je vois dans la rue, les odeurs, tout m’inspire. Le plus compliqué et de se poser et de développer ces inspirations.

What are your influences to produce?
I do not know my influences but I tell you what I think about the subject. In my case I am influenced in the same way by the song that I hear by accident on the subway, or the hit of the moment I listen to the radio of a taxi, the sounds of the environment and of course the music that I love. The sound of my routine, of the repetition, the things that I see in the street, the smells that I have left, anything is easy to inspire me. The problem is to sit down to develop it and dedicate the time it needs, i love murcof.

Que penses-tu de la scène électronique mexicaine et de son évolution ?
Mexico est une capitale culturelle et une puissance mondiale en terme d’art, dans toutes ses disciplines. La scène électronique au Mexique grandit de plus en plus et est pleine de projets incroyables tant que tu sais où mettre tes oreilles. Malheureusement, la population mexicaine est toujours représentée par le népotisme et « malinchismo », un terme utilisé dans la culture mexicaine pour définir le complexe social du pays qui rejette sa propre culture et favorise la culture étrangère. C’est très triste.

What do you think about the Mexican electronic music scene and its evolution?
Mexico is a cultural capital and a world power in art, in all its disciplines. The scene in Mexico is growing more and more and is full of incredible things if you know where to put the ears, unfortunately we are still full of nepotism and malinchismo (is a term that is used in Mexican culture to refer to a social complex that rejects its own and rather favors the foreign), it is something truly sad.

Le son que tu pourrais écouter dans n’importe quelle situation ?
The track you could listen to in every situation?


Le son que tu as découvert récemment et dont tu ne te lasses pas ?
The track you discovered recently that you can’t get enough of?

Tes prochaines dates ?
Je joue le 2 septembre à une soirée appelée « Capricho », j’ai aussi une résidence au club Departamento à Mexico City, j’organise un événement de son le mois prochain et j’organise ma prochaine tournée en Europe. Et j’ai d’autres dates dont je ne me souviens pas.

Your next gigs?
I play on September 2 at a party called “capricho”, I have a residence in a club Departmento in Mexico City, I am setting up a sound art event for the next month and planning my next tour to Europe for the next year. And I have other gigs that I do not remember.

Des projets futurs?
Julia et mon nouvel album.

Future projects?
Julia and my new album.