En 1989, dans la province belge du Hainaut naissait un petit festival de musique aux allures de Woodstock. N’accueillant pas plus de 2 000 festivaliers pour sa première édition, son fondateur Carlos di Antonio était loin d’imaginer que, 30 ans après, ce sont plus de 240 000 personnes qui fouleront du pied la ville de Dour et son festival éponyme.

Il y a quelques semaines, lorsque l’on me proposa de me rendre dans l’univers quasi parallèle qu’est Dour, c’est sans hésitation que j’acceptai l’offre. Aujourd’hui c’est à travers ces mots et quelques images que je vais tenter, de la meilleure façon possible, de vous transmettre cette expérience. Ici, nous ne parlerons pas du festival en lui même (il y a déjà bien trop d’articles sur internet…) mais bien de l’énergie qui en ressort, de l’ambiance qui y règne et de ce qui fait que Dour a su garder son atmosphère si particulière. Allez, on y va ?

A peine débarqués du bus, on peut déjà sentir l’excitation dans le regard et l’allure des gens. Et oui, c’est parti pour 5 jours. 5 jours hors du temps et de l’espace, 5 jours où les concerts rythmeront nos journées et nos nuits, 5 jours de partage et d’émotions. Le flux constant de personne m’impressionne, je remarque que la population est très hétéroclite : des jeunes, des plus vieux, des familles, des couples, des punks, des hippies, des bobos… Peu de festivals réussissent à brasser autant de genres et de styles différents que Dour. C’est vrai qu’avec une programmation aussi éclectique allant du rap à la techno en
passant par la house, le rock et le funk, on se doute bien que le public en sera le reflet.

Camping à Dour, camping toujours !

Lorsque l’on plante sa tente à Dour, on ne sait pas toujours à quoi s’attendre. Il peut faire trop chaud, ou bien trop froid, s’il pleut le terrain sera boueux… Une chose est sûre c’est qu’au camping, ton voisin peut devenir ton meilleur ami. Une ambiance très singulière règne dans cette prairie de tentes. Les gens sont bienveillants les uns avec les autres, tout le monde essaye de répandre sa bonne humeur et on peut le ressentir. Le camping n’est pas seulement l’endroit où l’on mange et dort, bien au contraire, c’est l’endroit des rencontres aussi bien autour d’un pack de bières partagé à l’apéro qu’autour d’une enceinte en after lorsque le festival ferme ses portes.

« Il était 9h du matin, je savais qu’il fallait que je parte, que j’aille dormir, mais j’étais trop
heureux ! Alors je suis resté ! » – Joseph

Parce que oui la fête n’est jamais finie ! A 4h du matin, les dernières notes de musique résonnent sur le site du festival et pourtant la nuit est loin de toucher à sa fin. Dans le camping, on sait que l’on trouvera un (ou plusieurs) endroit où la musique continuera de nous faire danser. On ne compte plus les heures, une seule envie, continuer la fête, continuer d’être heureux et de partager un moment avec autrui. La musique continue de nous réunir et nous donne la force de rester éveillé au moins jusqu’au petit matin.

Dour, c’est l’amour !

Comme vous avez pu le comprendre, au-delà d’être un festival de musique, Dour est avant tout une expérience de vie et de partage. On pourrait presque dire que pendant ces cinq jours nous « Vivons d’amour et de Dour ». Un sentiment partagé non seulement entre festivaliers mais aussi entre artistes et festivaliers. En écrivant ces mots je pense au set de Paul Kalkbrenner sur la scène Last Arena le samedi soir. Des grands écrans disposés au centre et de chaque côté de la scène diffusaient le set de l’artiste jouant en live et créant ainsi une grande proximité entre l’artiste et son public. On voyait qu’il était passionné, heureux de jouer pour nous et de nous faire voyager à travers ses morceaux.

Eh oui, Dour c’est effectivement l’amour ! Apparemment, Tyler the Creator et Action Bronson auraient décidé de se marier au festival. Entre deux concerts, lorsque l’on s’assied dans l’herbe, on peut tomber sous le charme de quelqu’un. En plein milieu d’un set, lorsque la musique nous prend au tripes, il suffit d’un regard avec notre voisin de piste pour que la magie opère. Et au cas où vous n’auriez pas pris les coordonnées de la personne qui vous a fait chavirer, il existe un groupe facebook pour vous
aider à retrouver votre crush.

« C’est mon premier Dour, je suis tombée amoureux. J’ai au moins signé pour les 10
prochaines années » – Marin

Certains tombent même amoureux du festival en lui même.  C’est donc un festival intergénérationnel qui laisse l’opportunité de s’échapper dans un monde (je le redis encore) quasi parallèle. Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y mettre un pied, il n’est pas trop tard, les dates de la prochaine édition ont déjà été annoncées !

By Léa F.
Photos by Léa Delepierre


Et parce qu’une image vaut mieux que milles mots, voici les clichés pris lors de cette édition 2018 par Léa Delepierre, notre super photographe !