Numéro 106, jeune association créée par une bande d’amis passionnés de musique et désireux de faire bouger le pays de Quimperlé, organise la deuxième édition de son festival le 30 juin 2018.
Baptisé « Le Cirque », le festival avait regroupé l’année dernière 300 personnes autour d’artistes de la scène rap et électronique locale, dans le théâtre de verdure du Moulin du Roch, à Arzano.

Retour donc cette année pour un deuxième round, avec une programmation plus ambitieuse, mêlant artistes locaux et nationaux. Côté rap, le public aura l’occasion d’assister aux performances du groupe Fixpen Sill et du local Dihay. Côté électronique se succèderont sur scène la house groovy de Blutch, la techno sombre de Blanche, le rennais FEM et Igreque du collectif local 1D’cibel.

Rencontre avec Charlie, vice-président de l’association, pour en apprendre plus sur l’envers du décor.

Tout d’abord, explique nous comment est né le projet du Cirque.

Le projet est né suite à la création de l’Association. On était carrément emballés par ce que faisait Echap (association quimperloise à l’origine de nombreuses soirées accueillant notamment Bambounou, Luca Lozano, Palms Trax, Legowelt…), on trouvait que ça dynamisait Quimperlé et on s’est alors demandé pourquoi pas nous ?

De là, nous avons contacté différentes communes dans le but de trouver un lieu. Cela n’a pas été facile car c’était notre premier événement et les pouvoirs publics ne nous connaissaient pas, mais finalement nous avons réussi à avoir le feu vert d’Arzano pour le site du Moulin du Roch. Et comme la première édition s’était très bien déroulée – notamment grâce à notre régisseur, qu’on remercie – la commune nous laisse les clés du lieu pour cette deuxième édition.

Donc on peut dire que vous entretenez de bons rapports avec les pouvoirs publics ?

Oui, très bons. Une partie de notre communication est d’ailleurs dirigée vers eux, par exemple quand on répond aux questions du Télégramme ou de Ouest France, on sait que la majorité des festivaliers ne va pas forcément les lire, mais ça permet aux élus de prendre connaissance de l’association et des événements qu’on organise.

La prise de contact avec les artistes a-t-elle été difficile ? Est ce que tu peux nous expliquer comment cela se passe ?

Non, pas du tout ! Il faut rentrer en contact avec les agences de booking, leur envoyer un mail décrivant la soirée, la programmation, l’heure de passage envisagée, etc. Si ça leur correspond, un contrat est signé et un acompte est versé pour certains artistes.

Justement par rapport à la programmation, est ce que vous souhaitez à l’avenir continuer à inviter des artistes locaux, c’est important pour vous ?

Oui, cette année nous n’étions pas obligés de garder des artistes locaux, mais c’est bien qu’on puisse donner l’opportunité à des artistes de notre région d’avoir accès à une scène et à un public qu’ils n’auraient pas forcément pu faire venir tous seuls. C’est ce qu’on souhaite continuer de faire à l’avenir.

Vous faites le choix de proposer une affiche mêlant rap et musique électronique. Vous souhaitez continuer sur cette ligne artistique ?

C’est notre réflexion du moment. Est ce qu’on garde cette ligne à deux pôles ou est ce qu’on s’élargi vers la pop ou d’autres styles ? On essaie évidemment de garder une certaine cohérence, parce que sur un festival de petite échelle les gens ne viendront pas s’ils n’aiment qu’un seul nom sur la programmation.

On se pose aussi beaucoup de questions sur l’avenir des festivals de musique électronique : avant, il était impensable de voir un gars comme Jeff Mills ou un autre grand DJ venir jouer en Bretagne aussi régulièrement qu’aujourd’hui. Maintenant, beaucoup de soirées ont des programmations remarquables et c’est très bien pour le public, mais on se demande si organiser un énième festival de musique électronique à encore du sens.

Dernière question : pourquoi « Le Cirque » ?

Tu as deux versions : la version officielle et la version officieuse. L’année dernière on savait qu’on allait faire un festival, on avait tout bouclé et on était à deux jours de lancer l’événement, mais on n’avait pas de nom. On s’est tous réunis pour en trouver un, et là c’est parti dans tous les sens, avec des noms qui ne voulaient rien dire. Au final, Le Cirque, ça reflète bien cette recherche de nom, faut l’entendre comme « c’est le cirque, c’est le bordel, c’est le zbeul ».

Et après tu as la version officielle, celle qu’on raconte à la presse : Le Cirque parce que c’est un lieu éphémère, où plusieurs types d’arts se rencontrent et parce que c’est familial et qu’on est comme une grande famille [rires].

Le Cirque #2 aura lieu du 30 juin au 1er juillet au lieu dit Moulin du Roch, 29300 Arzano