Apaache est un groupe formé en 2012 et qui arrive à imposer un style rempli de différentes influences. Un groupe comme on en voit peu de nos jours. Ils aiment mélanger des sonorités modern-funk à du new disco ou encore l’accompagner de techno ou de pop. Aujourd’hui Lucas et Camille nous parle de leurs influences musicales, leurs projets à venir et leur groupe TKMR.


 Dans un premier temps, pouvez-vous vous décrire? 

Lucas: Je viens de Périgueux en Dordogne, j’ai migré à Paris y’a 3 ans maintenant. Je fais de la musique depuis mes 8 ans, c’est à cet âge que je suis entré au Conservatoire, pour ensuite en grandissant, intégrer des big-bands, des orchestres, des formations, des groupes, etc…

Camille: je suis une banlieusarde de souche, j’ai grandi dans l’ouest de Paris. Je fais de la musique depuis toute petite, mon père est batteur, ma mère a pratiqué le piano pendant des années, c’est eux qui m’ont donné envie de m’y mettre dès mon plus jeune âge. Et mon grand frère aussi, qui m’a dit un jour « les filles qui font de la basse c’est la classe ».

Pouvez-vous nous parler du projet Apaache?

Apaache, c’est notre épouse, à la vie à la mort ! C’est notre quotidien, on rêve Apaache, on pense Apaache, on mange Apaache. Non plus sérieusement, c’est notre groupe, on pourrait décrire ça comme du “modern-funk”, mais je t’avoue qu’on a cherché notre style pendant longtemps. Pour te dire, au début, on faisait du jazz manouche ! Et là, depuis l’été dernier (2017) on vit ensemble dans une maison qu’on a baptisée « Le Vaisseau ». Et avec nos petites mains, on a construit notre propre studio de répétition à l’intérieur de cette même maison ! En emménageant là-bas, on a décidé de refaire entièrement notre set, et de se concentrer à fond sur de nouvelles compositions. D’ailleurs, on arrête tous nos jobs et nos études petit à petit pour ne faire plus que ça ! Si vous voulez un avant-goût de notre nouveau set, on a sorti un EP 3 titres, « Spirale », en début d’année. Il est 100% auto-produit !

On vous invite à aller voir notre dernier clip « Silver Sweat » qu’on a tourné… dans notre véranda !

Pouvez-vous nous parler de TKMR (qui fait partie du groupe, quand il a été créé, le nom..etc) ?

TKMR, c’est simple : c’est Camille et moi-même, en relation libre avec les 4 DJs du crew Mercredi Records (Baptiste, Corentin, Pierre, Axel). Un jour, avec Apaache, on a débarqué dans un petit festival qui s’appelle Totem mais notre concert a été annulé à cause d’une grosse pluie et d’une coupure d’électricité. Les autres ont dû rentrer à Paris mais Camille et moi, comme on est de gros fêtards, on est restés le deuxième jour du festival pour s’amuser un peu. Mais on était frustrés de ne pas pouvoir jouer. On a décidé de jammer avec les DJs pendant qu’ils passaient des vinyles de grosse House. Et là, le coup de foudre. On a rarement vu un public aussi déchaîné ! Les gens en redemandaient ! On s’est alors dit tous les 6 « Et si on montait un vrai projet ? » . Voilà comment tout a commencé ! Aujourd’hui, on essaye de trouver le plus de concerts possible et de faire évoluer notre set, en ajoutant des boîtes à rythme et des synthés à l’équipement des 4 DJs. Quant à Camille et moi, on continue d’improviser à la basse, au saxophone et au clavier pendant la quasi totalité du concert.

Selon vous, comment bien débuter un live ?

Lucas: Perso, je me chauffe toujours avant au moins 30 min et je m’étire longuement tout en soufflant. Mais bon, je prends toujours une ou deux bières pour me mettre dans l’ambiance!

Camille: Pour moi aussi, les bières ça m’aide à mieux jouer haha… Non en vrai je fais quand même gaffe à rester bien concentrée avant un live, j’aime bien m’isoler et puis le mieux c’est quand on se fait un gros câlin avec Lucas et les Mercredi Records juste avant de monter sur scène !

D’où viennent vos inspirations musicales ?

De partout : dans la rue, pendant que tu te balades, dans nos rêves, pendant l’amour, au cinéma…en fait l’inspiration, c’est quand tu associes des émotions ou des instants à ton propre vécu. Tu fais des liens et ça arrive tout seul, tu sens monter les vibrations en toi et tu te lances. Parfois c’est merveilleux, parfois c’est tout pourri ! Mais elle ne vient pas seulement quand tu écoutes de la musique : elle surgit de nulle part.

Comment décririez-vous votre univers musical?

Camille: Moi j’étais à fond dans le rock quand j’étais ado, j’ai joué dans des groupes où on aimait faire les petits rebelles ! Mais en parallèle et depuis que j’ai commencé la basse à 14 ans mon prof m’a initiée au funk, et c’est bien plus là-dedans que j’ai progressé techniquement à la basse. Aujourd’hui j’écoute énormément de disco, de house, mais aussi de la pop française, en passant par le hip-hop et le jazz… En bref, j’aime tout ce qui groove. Je comprends pas les musiciens qui se restreignent à un seul style !

Lucas: Je pense qu’il est multiple. Du jazz au deathcore, en passant par la funk, le classique, le jazz-fusion, le flamenco, la house, la musique africaine, perse, arabe, et le hardrock, chaque style a sa propre histoire, sa propre manière d’exprimer une émotion, ses propres contraintes, son propre intellect, son propre groupe social. Bref, je pense qu’il n’y a pas de limite en musique, c’est ce qui me plaît le plus !

Quelle est la dernière trouvaille auditive que vous avez faite dont vous ne vous lassez pas?

Dernièrement, on est allés voir deux groupes qu’on écoute depuis un moment et c’était une super belle découverte en live : Bon Voyage Organisation et puis Yussef Kamaal ! C’était génial.

Avec quoi travaillez-vous ?

Avec Apaache on bosse surtout nos maquettes sur logic pro. Puis on se les fait passer entre nous pour composer. Avec TKMR on bosse tout en répète, même si les Mercredi nous envoient souvent de super sons qu’ils ont découverts à travailler en amont !

Avez-vous pour projet de faire produire avec toute la team TKMR ?

On s’y approche de plus en plus ! Et puis Corentin, Baptiste, Axel et Pierre ont tous les capacités et les connaissances pour qu’on puisse composer nos propres morceaux. Mais dans TKMR, il y aura toujours une part d’impro, c’est le coeur du projet !

Quels sont les artistes qui t’ont donné envie de faire de la musique?

Camille: avant tout, je crois que c’est Marcus Miller. C’est un bassiste qui m’a énormément influencée, je l’ai même rencontré à un salon, puis je l’ai vu en live et j’ai pleuré pendant son set… c’était dingue. Sinon, je crois que Frankie Knuckles a été déterminant parce qu’il a marqué la transition de mes goûts musicaux des groupes acoustiques à la musique plus électronique. Et c’est le roi inconditionné de la house.

Lucas: ACDC, Pink Floyd, Led Zeppelin, Charlie Parker, Herbie Hancock. Ces gars-là, c’est un peu comme des pères pour moi.

A quand le prochain live?

On joue au festival Jimena en Normandie le 25 mai, et au Chalet des Iles à Paris le 8 juin !