DJ phare et chargé de communication du collectif Nightbirds (dont vous pouvez retrouver l’interview ici), Jøhan est un de ces incontournables de la scène électronique brestoise. Si l’étiquette musicale lui importe peu, c’est tout de même dans le caractère profond que parvient à véhiculer la techno et la house qu’il se retrouve le plus. Rencontre avec un technicien des platines qui met un point d’honneur à ce que chacun de ses sets demeure une invitation au voyage.


Tu mixes uniquement sur vinyles, pourquoi ce choix ?

J’ai découvert la musique électronique et donc le mix par le biais du club que possédait mon père de 1996 à 1999 à Combrit (NDLR. Commune du Sud-Finistère en Pays Bigouden. Le club était situé à côté du célèbre Calao). Le Shannon qu’il s’appelait. Dès 1997, à quinze ans, j’avais le droit d’y entrer et donc de voir des types mixer sur vinyles. De fait, j’ai accroché directement au vinyle en touchant au matériel présent dans la boîte de mon père. J’ai tenté le digital il y a environ dix ans mais je l’ai vite délaissé. Je préfère le vinyle pour le son, le grain, la chaleur dégagée. Mais encore l’objet, la pochette, le côté collection avec des éditions limitées et le respect de l’artiste qui signe sur quelque chose de matérialisé. Seul bémol : le prix et le poids. Ceci dit, pour rien au monde je ne reviendrai au digital. D’ailleurs ça m’embête quand je suis en soirée chez des amis et qu’il n’y a pas de platines vinyles. Et comme je n’ai jamais de clé USB sur moi, je mixe sur celle des autres parce que j’adore mixer et que je ne suis pas non plus de ceux qui sont dans l’opposition absolue au digital.

Ton track favori pour débuter un set ?

Mon spectre musical va de la deep house à l’acid techno. Donc si l’on me demande un titre à 19h dans un bar, à 5h dans un club ou à 9h dans une rave, ce sera forcément différent. Si je devais en choisir un pour une ouverture de bar ou de club ce serait Pepe Bradock – Deep Burnt.

Ton track favori pour un peak time ?

En ce moment, je joue souvent The Age Of Love ( The Jam & Spoon mixes). Un bon morceau rave, avec des chœurs de femmes en fond, c’est une valeur sûre.

Ton track favori pour clôturer un set ?

Là encore, c’est une question de contexte. Tout dépend si j’effectue le closing ou si un artiste passe après moi. Pour un closing je choisirais Traumprinz – Where is home ou Vril – Torus XXXII. D’ailleurs en parlant de closing, je préfère terminer sur un morceau calme voire ambient plutôt que sur un morceau énervé où le public va en redemander. Car si tu construis ton set avec une intro et une outro, et que cette dernière est caractérisée par un morceau qui tabasse, au final il n’y a plus de peak time. Il faut qu’il y ait une croissance dans le set. Donc j’aime commencer calmement et finir en atterrissage.

Le track que tu aurais souhaité produire ?

Burnin‘ de Daft Punk paru sur Homework en 1997. Parce que c’est le premier album que j’ai acheté en vinyle.

L’artiste avec qui tu aimerais collaborer que ce soit pour une production ou un back-to-back ?

Etant donnée que je ne compose pas, c’est une question délicate. Il faudrait d’abord que je me mette à composer. Donc j’ai envie de dire, sans prétention, que si je devais collaborer avec quelqu’un ce serait avec moi-même (rires). Le back-to-back c’est complexe, ce n’est pas parce que l’on sait mixer qu’on est bon en B2B ou que celui-ci est bon. Si deux bons Djs font un un B2B indépendamment de l’autre, ça va donner quelque chose de moyen. L’art du B2B c’est de faire confiance à la personne à côté de toi. Si tu commences à te dire « merde, il n’aurait pas dû mettre ça donc je vais mettre ceci » ça ne va pas fonctionner. Au niveau composition et album je ne me sens pas concerné donc ce serait plutôt avec moi-même pour me motiver à me lancer dans la production par exemple. Autrement, pour le kiff, j’aimerais bien faire un B2B de sept-huit heures en deep techno avec quelqu’un comme Donato Dozzy.

Si tu devais choisir de vivre dans une époque précise de l’histoire de la musique électronique, laquelle choisirais-tu ?

Je demanderais simplement d’être un peu plus âgé au moment des années 1990 afin de les vivres pleinement. Avoir vingt ans en 1990! Malheureusement j’en avais huit (rires).

 


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https://www.facebook.com/JohanNightBirds/


Interview par Simon

Crédit photo : Yves de Orestis