Vous êtes à la recherche d’un artiste énigmatique ? Mêlant influences mainstream et underground ? On vous présente Aquariel, la dernière recrue du label Enlace Records. Un univers bien perché comme on aime, et un bel avenir devant lui.

Salut Aquariel ! Énigmatique jusqu’au nom de DJ. Peux-tu nous parler de toi et de tes débuts dans la musique électronique ?

Salut à toi et surtout merci de m’accorder cette interview, ça me fait très plaisir ! Pour commencer, je trouve intéressant de préciser que j’ai grandi dans un village où il n’y avait définitivement pas grand chose à faire… Mais j’ai eu la chance de faire partie de cette génération qui a connu les débuts d’internet, et cet espace est rapidement devenu ma bibliothèque. La première musique qui m’a vraiment marqué était Ice Girl d’Emilie Simon. Je me rappelle d’ailleurs avoir lu un article qui racontait qu’elle faisait tout elle-même, sur son ordinateur. N’ayant jamais pris un seul cours de solfège, j’y ai vu la possibilité de réaliser mon plus grand rêve : faire de la musique.

Il m’a fallu quelques années pour me faire la main, trouver les sonorités qui m’intéressaient et me définissaient… J’ai expérimenté et trituré mes influences depuis mon appart pendant 4 ans à peu près, avant d’avoir le courage de sortir mon premier morceau The Night I Lost My Virginity. Il a rencontré un franc succès et ça m’a donné envie de continuer.

Et après toutes ces expérimentations, tu dirais que ton style se rapproche de quoi ?

Concernant le style, je dirais de manière assez évidente que c’est Pop ; je me sais aussi marqué par la French Touch des années 2000 et son « Boom-Clap » entêtant qui me rattache aujourd’hui à la Dance Music. Mais je ne peux pas nier non plus toute la Techno que j’aime écouter et mixer en soirée passé minuit. Pour ce qui est de la définir, on avait trouvé avec ABÀC une métaphore assez cool : « Imagine une musique pop étirée comme un morceau de guimauve. Aquariel, c’est ça. »

Donc avec toi on revisite les années 2000, mais à la sauce Aquariel ! Où puises-tu toutes ces influences ?

Alors je ne suis pas un « digger ». Chiner des musiques que personne n’écoute pour montrer que j’ai un goût « aigu » pour la musique, ça ne m’intéresse pas. Je me promène sur SoundCloud de musique en musique, je m’intéresse également beaucoup aux dernières sorties, ça me permet de croire qu’en faisant ça je reste dans l’air du temps. Et très souvent, ce qui entre dans ma bibliothèque y reste et devient une source tangible à laquelle je peux me raccrocher quand je doute de moi.

Nous avons eu la joie de te voir à la JNDA de Tournai, en Belgique. C’était comment ?

Oh ! Une joie, carrément [rires] ! Et bien déjà merci ! C’était un peu particulier, c’était la deuxième fois seulement que je jouais. Il était tôt et j’avais dû raccourcir le live pour respecter une durée qu’on m’imposait, et je ne vous cache pas que c’est un exercice difficile quand on commence… Il ne s’agit malheureusement pas juste « d’enlever » un morceau, c’est l’ensemble qui se transforme. J’ai tout de même beaucoup apprécié voir tous ces visages étrangers me regarder à travers les écrans de leur téléphones. Ça me laisse croire que ce n’est pas si mal, s’ils ont voulu s’infliger ça pour en garder un souvenir.

Chiner des musiques que personne n’écoute pour montrer que j’ai un goût « aigu » pour la musique, ça ne m’intéresse pas.

 

Donc une réelle capacité d’adaptation sur ce live ! DJ mais aussi producteur. Et justement parlons-en. Tu viens de sortir un superbe EP, “Elsewhere”. Parle-nous un peu de cet EP. Comment tu as composé, ce qui t’as inspiré et comment tu as trouvé l’exercice ?

“Elsewhere”, c’est le début d’une aventure qui se passe maintenant, et qui se passe entre Toi et Moi. Ce projet est accompagné d’un texte qui raconte l’abattement mêlé d’ennui de notre siècle, et je propose de t’emmener vers un ailleurs onirique et poétique, loin de cette « recherche » de simplicité constante et désincarnée que j’ai fui durant tout le processus. Je ne voulais pas que ce soit quelque chose de simple, au contraire.

Concernant la composition, j’ai fait en sorte que les morceaux se suivent et se suffisent également à eux-mêmes. On peut tout écouter d’affilée, comme on peut n’écouter qu’un seul titre sans qu’il perde de sa qualité.

Pour appuyer cette intention, j’ai choisi de travailler avec Morgane Lambert, une graphiste de talent qui s’est chargée de mon identité visuelle. Nous avons mis ensemble cette histoire en images ; je vous invite d’ailleurs à mettre toutes les couvertures côte à côte et voir ce qu’il se passe… On continuera de travailler ensemble et on vous racontera la suite bientôt.

Qu’est-ce que tu préfères entre le mix et la production ?

Ce sont deux exercices vraiment différents ; dans les deux cas, j’ai envie de raconter quelque chose. Mettre à la suite des titres que je trouve « cools » me semble un peu fastidieux ; je préfère y passer un peu plus de temps et proposer quelque chose qui s’apparente davantage à un voyage avec ses péripéties qu’à une playlist bien pensée !

Prochainement, on peut venir t’écouter où ?

Pour le moment, je ne suis programmé qu’En Nord Beat Festival. J’y jouerai un nouveau live, accompagné cette fois-ci d’une chanteuse que je garde secrète pour le moment ! D’autres évènements sont prévus mais rien d’encore officiel sur le papier.

Une track pour finir en beauté ?

YES ! J’en profite pour partager un morceau que je joue en live, et que j’aime vraiment beaucoup. Il s’appelle Pacifique, et c’est sûrement l’un des derniers morceaux de ce genre que je composerai.