Reconnus pour leurs soirées « Supermoon » à travers lesquelles ils nous convient à des voyages aux confins de la deep techno et de la minimale, Night Birds s’est laissé approcher par l’intermédiaire d’un de leurs DJs. Rencontre avec Johan, chargé de la communication du collectif le jour et passeur de vinyles la nuit.


Salut Johan, présente-nous Night Birds que ce soit en au niveau de l’origine du nom, de la formation, de la localisation et de la musique jouée.

Night Birds est un collectif formé en septembre 2015. Lors d’une première réunion nous n’avions pas réussi à trouver un nom pour l’association et un nom pour notre format de soirée. C’est au cours d’une deuxième réunion que nous avons choisi le nom « Supermoon ». En effet, la veille de la réunion, il venait d’avoir lieu le phénomène lunaire du même nom et comme nous avons tous une affinité particulière pour la musique électronique cosmique, spatiale et planante, le choix s’est rapidement porté là-dessus. En ce qui concerne le nom de l’association, il vient du fait qu’à la base nous n’étions pas véritablement des amis, on se côtoyait simplement en soirées. D’où l’idée de s’appeler Night Birds.

Nous sommes cinq au sein du collectif. D’abord il y a Eve, notre présidente, en charge des relations institutionnelles. Ensuite vient Nishant qui s’affaire à la relation artiste. A noter qu’il parle trois langues ce qui facilite évidemment les démarches auprès des artistes où autres. Fabrice quant à lui est ingénieur du son de métier, il s’occupe donc de l’installation du son lors de nos soirées au Cabaret Vauban. Sous le nom d’Azeria il mixe principalement ambient et techno de Detroit. Est également présent Rudy alias Rud’z qui est en quelque sorte l’homme à tout faire du collectif. Il aide notamment Fabrice pour la partie technique et mixe généralement techno années 1990/2000 ou minimale/micro house. Enfin il y a moi-même. Je m’occupe de la communication, les réseaux sociaux, etc.

Pour ce qui est de la programmation, elle se fait avec l’aval des cinq membres du groupe, chacun proposant ses idées.

Nous sommes basés à Brest, on est parfois invité à droite à gauche mais il faut avouer que nous ne faisons pas nécessairement les démarches pour s’exporter. Et puis ça bouge bien à Brest, il y a plein de choses à proposer avec les autres collectifs, donc pour l’instant on reste à Brest.

Le 30 Mars a lieu la prochaine édition de Supermoon, toujours au Cabaret Vauban, on y retrouvera des DJs de l’association, les brestois SZ ainsi que CHPTR en live. Dis-nous en plus sur cette soirée ?

Sixième édition. Toujours avec des artistes en live. On devait faire Rrose initialement mais finalement il/elle se retrouve placé(e) sur une autre date. On a bien rebondi avec un duo en live qui s’appelle CHPTR. C’est un cran en dessous en matière de notoriété par rapport aux artistes que l’on avait invité auparavant (NDLR. Dans l’ordre des soirées, voici la liste des artistes invités : Boston 168, Tin Man, Cassegrain, Vril, NTHNG). S’ils sont moins connus c’est parce qu’ils ont volontairement masqué leur identité durant au moins un an et demi. Puis ils ont sorti leur propre label du même nom que leur duo avec une série de cinq vinyles où il y vraiment une suite logique. Et ce n’est qu’à partir du quatrième vinyle qu’ils ont révélé leur identité. Avant, ils étaient sur une communication masquée avec des visages floutés. Personnellement, je les ai découvert par le biais de leurs deux premiers vinyles et j’ai réussi à obtenir les trois suivants. Donc il s’agit de Deepbass, un Écossais, et de Reggy van Oers, un Néerlandais. Ils proposent une deep techno planante qui invite au voyage, au lâcher prise, ce n’est pas du tout énervé. Leur prestation dura 1h45. Avec SZ c’est la première fois que l’on convie des locaux en live. C’est encore un duo, de surcroît  deux frères, qui proposeront une techno acid qui colle bien à l’univers Supermoon. D’ailleurs ils ont travaillé spécifiquement leur live pour la soirée. Sinon l’ouverture sera faite par un des DJ’s du collectif.

Autrement, avez-vous des projets ou des soirées de prévues dans le courant de l’année ?

On travaille sur un nouveau format de soirée qui aurait lieu de 20h à 0h00. L’objectif serait de changer de lieu à chaque soirée. Pour la partie musicale, on va s’orienter vers de l’ambient et de l’electronica. Cependant, on est chargé par les dates des prochaines Supermoon qui auront lieu en juin, septembre et novembre. Cette année, on monte d’un cran. On en a effectué deux en 2016, deux en 2017 plus une en collaboration avec Radio Lune (NDLR. Autre collectif brestois). Sur l’année 2018 il y aura donc cinq Supermoon.

Avez-vous des idées de collaboration avec d’autres collectifs brestois ?

Cette année on souhaiterait organiser une seconde collaboration avec Radio Lune. La première avait fonctionné avec notamment Route 8 en guest. C’est dans les tuyaux mais nous n’avons pas encore la date. Par ailleurs, on en parle souvent avec eux, mais une collaboration avec WestSound serait intéressante. Sachant que nous sommes axés deep techno et eux techno industrielle même s’ils savent faire descendre le tempo. Je pense que l’on pourrait raconter une belle histoire. En débutant pourquoi pas par de l’ambient pour finir sur de l’indus.

Sinon comment vois-tu la scène de musique électronique brestoise actuellement ?

En pleine ebullition, il n’y a jamais eu autant de collectifs. On dispose d’un agenda partagé pour s’organiser. L’ambiance entre collectifs est bonne. Et puis les collectifs en question se démènent pour ramener des noms. Les soirées sont très souvent complètes donc ça prouve qu’il y a une demande. De fait, Brest commence à résonner au niveau national voire au-dessus. Dans ce cas-là, je pense notamment au booking d’artistes pour lesquels on a globalement des échos positifs sur ce qui se passe ici. Même ne serait-ce qu’au vivier de compositeurs qui est également en pleine croissance.

Quel est ton meilleur souvenir de soirée en tant que membre de l’association, DJ ou membre du public ?

En tant que membre d’un public, ça va être simple. C’est une soirée que j’ai passé à Berlin le 3 mars. Ça se déroulait au Funkhaus et y était invité mon label favori : Giegling. La soirée débutait à 18h et finissait à 9h du matin. Il y avait des performances lives et un coin « club ». C’était génial.

En tant que DJ, je retiens particulièrement une date. L’année dernière avec Submarine Prøject où suite à la non-venue de leur tête d’affiche j’avais effectué le closing de la soirée. C’était incroyable car mon prédécesseur avait joué de la grosse techno donc j’ai suivi le fil conducteur sur quatre ou cinq tracks avant de développer la deep techno que j’affectionne. C’était un atterrissage parfait, avec un public réceptif et un superbe lever de soleil. Un gros kiff! J’ai d’ailleurs forcé pour passer un dernier track à savoir Traumprinz – Where is Home. Je trouvais que ce titre minimale house était très significatif par le biais de son titre.

Autrement, une date qui me tient particulièrement à cœur, la première Supermoon ou je jouais avant Boston 168. Pour l’anecdote j’avais préparé mon bac à vinyles quelques heures avant la soirée, chose que je fais toujours. J’effectue une selection de vinyle sans pour autant préparer mon mix. Et donc nous étions à table avec Boston 168 ainsi que les techniciens et toute l’équipe de NightBirds. A la fin du repas, je sentais qu’il me manquait des disques, je suis alors rentré chez moi en récupéré pour au final en passer sept sur les quinze que j’avais sélectionné.

En ce qui concerne les soirées que l’on a pu organiser, je pense qu’au sein de l’association nous ne ferons pas tous le même choix. Toutes les soirées étaient top selon moi mais j’ai une petite préférence pour la soirée avec Vril qui est dans mon top cinq de mes artistes favoris.

Le mot de la fin ?

Brest is burning!


Retrouvez Night Birds sur :

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Lien de l’événement Supermoon : CHPTR Live – SZ Live – Night Birds Dj’s :

https://www.facebook.com/events/2014961938725497/

By Simon

Illustration by DAFF