On a posé quelques questions au producteur Francais Boyd Goosman, qui vient tout juste de sortir un nouvel EP qui réchauffe les coeurs et soutenu par les plus grands noms de la scène électronique actuelle tels que Laurent Garnier ou Marcel Dettmann.

Et pour l’occasion, on t’offre son dernier vinyle ! Pour participer, il te suffit de remplir les conditions annoncées sur le post Facebook ci-dessous. Bonne chance !


 

 

Ton nouvel EP «L’ombre est lumière» est déjà soutenu par de grands noms tels que Laurent Garnier, DJ Hyperactive, Marcel Dettmann… C’est la première fois que tu reçois autant de reconnaissance pour un EP ?

Non , j’ai toujours reçu beaucoup de soutien pour mes sorties. J’ai sorti quelques disques sous le pseudo Noirdegout il y a quelques années et ils ont été beaucoup joués par Laurent Garnier et Dave Clarke entre autre. Dave Clarke a toujours été mon plus grand soutien, j’ai même signé un disque sur son  label White noise Records.
Mon précédent maxi sur Aequilon a reçu énormément de soutien également, mais celui qui m’a le plus touché , c’est celui d’ERP – Convextion, qui est pour moi un des plus grands producteurs techno des 20 dernières années. Ça motive !

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour cet EP ? Qu’as-tu cherché à transmettre et communiquer à travers les tracks?

Il y a 2 ans je suis tombé sur ce morceau de Hatti Vatti remixé par Andy Stott. J’ai eu un énorme coup de coeur pour ce titre, avec ce décollage à la 3ème minute, c’est magique. Depuis ce moment, je me suis mis à écouter beaucoup de dub techno… un genre qui m’avait toujours ennuyé auparavant ! Et puis finalement j’ai eu envie de faire un EP en m’inspirant un peu de cet univers et ses sonorités.
Pour moi, ma nouvelle sortie est un disque «d’hiver» , à écouter dans un endroit chaleureux quand il fait froid dehors. Un disque qui joue sur le contraste entre chaud et froid. Cette sortie, en plein hiver, alors que toute l’Europe est sous la neige, prend tout son sens pour moi. Le visuel, dans des teintes orangées renforce ce contraste.

L’EP est sorti sur ton label Aequilon Records. Parle nous un peu du label ! 

J’ai monté  Aequilon records parce que je déteste envoyer des démo, je ne sais pas me vendre et ça me gonfle de le faire… donc la solution toute trouvée était de monter ma propre structure ! Et puis quand tu as ton propre label, tu ne fais aucune concession sur le choix des morceaux, des remixeurs, des visuels… la liberté est totale !
J’en suis à la seconde sortie, en vinyle systématiquement. Pour le moment, le label ne sort que ma musique, au moins pour les 5 premières sorties.
Ensuite l’idée de signer d’autres artistes est envisagée, mais il faudra vraiment que je craque complètement sur les morceaux ! Je ne veux pas sortir des disques juste pour être présent dans les bacs, il faut que chaque sortie soit pertinente. Je demande toujours à un artiste que j’admire de faire un remix : c’était Héctor Oaks pour le premier, Kamikaze Space programme pour celui ci… et on verra pour le suivant !
Le label est plutôt Techno , mais je n’exclue pas de sortir des trucs plus House selon les envies.
En terme de boulot je m’occupe de tout, sauf du graphisme qui est assuré par Morgane dont vous pouvez retrouver le travail sur son compte Instagram. J’en profite pour la remercier car je suis assez pénible, je change d’avis toutes les 5 minutes !

Quelles ont été tes inspirations en terme de genres et d’artistes pendant toute ta carrière ?

J’écoute des tonnes de musique depuis tout gamin !La Techno de Detroit, la House & la Ghetto House de Chicago,  la Techno allemande sont mes grandes références. Mais aussi les Trance Belge et Allemande du début des 90’s, le Newbeat Belge, la Techno industrielle et l’Electro Body Music, la Dub Techno, l’Italo Disco, la Techno Anglaise (Luke Slater, Surgeon, Regis), beaucoup d’Electro (Convextion, Arpanet, I-F…), et puis aussi la House Garage New-Yorkaise des 90’s, quand elle a un côté très Gospel j’adore !
J’ai beaucoup joué de Hardtechno européenne comme la produisaient Umek, Steve Rachmad, Johannes Heil à une époque. J’ai adoré aussi une partie de l’electroclash qui avait le mérite de ramener un peu de fun dans les clubs !
J’écoute aussi énormément Intergalactic FM , la radio de I-F et toute la galaxie qui gravite autour (Viewlexx , Bunker records , Clone…)
Les sorties du label F-communication de Laurent Garnier aussi, pour les atmosphères et la structure des morceaux. Voilà , ça fait un paquet de trucs ! Plus généralement , j’aime les morceaux avec une vrai personnalité, une singularité, les morceaux qui me donnent envie de courir vers le dj pour lui demander les références !!

Tu joues souvent en club/festival? Quel est ton meilleur souvenir derrière les platines?

Oui j’ai fait beaucoup de dates, aussi bien en club qu’en rave, ou même dans des festivals plus généralistes où  j’aime bien aller jouer pour convertir les gens à un son qu’ils ne connaissent pas.
Mon meilleur souvenir en France reste mon premier live act au Rex club (sous mon pseudo Noirdegout). On venait de sortir notre premier disque, c’était l’anniversaire des soirées Automatik. On jouait au meilleur horaire, entre Agoria et Thomas Heckmann, la salle était pleine à craquer… On avait une grosse pression et un stress énorme! Le live n’était pas rôdé du tout, on l’avait créé pour l’occasion en quelques semaines… Un vrai live, avec des tonnes de machines et une énorme prise de risque d’un point de vue technique…  Tout s’était finalement passé à merveille et des gens m’en parlent encore des années après, un super souvenir !
J’ai aussi des souvenirs géniaux de certaines dates au Canada où l’on m’a fait jouer dans des endroits vraiment dingues, une cathédrale et un gigantesque Bunker désaffecté de l’armée Canadienne entre autre.

Un artiste avec lequel tu aimerais collaborer ?

J’adorerais faire un dj set en back to back avec Steffi, la résidente du Berghain. Une dj exceptionnelle, avec une culture musicale gigantesque, une technique parfaite, des constructions de set imparables. C’est de très loin mon dj préféré, elle sait tout faire!
Sinon , en terme de production , j’adorerais travailler avec Candi Staton, une immense chanteuse soul et gospel, toujours en activité. Je rêve de produire un beau morceau House avec elle ! Pour ceux qui ne la connaissent pas, je vous invite tous à écouter ce track.

Un release récent qui t’a particulièrement fait vibrer ?

Scanning de Blind Observatory ! Sorti initialement en 2013 mais sold out depuis très longtemps, il a eu la bonne idée de faire un re-pressage récemment sur son label Gravitational. Un morceau énorme!

Un track qui résume ton univers musical ?

Whaaa , impossible de tout résumer en un seul track, il faudrait que je vous fasse une playlist avec 500 morceaux ! Allez, si je devais en citer ce serait celui-ci , parce qu’il est magique et que très peu de gens le connaissent.

Un dernier mot pour la route ?

Oui , juste pour parler un peu de ma ville, Besançon, parce qu’il se passe vraiment quelque chose ici en ce moment ! Je me suis longtemps senti isolé dans cette ville ou la Techno et la House n’avaient pas trop leur place, mais ces derniers mois on voit apparaître toute une génération de producteurs qui assurent vraiment et sortent des vinyles dans tous les sens!
Les RBDP qui viennent de sortir un nouveau maxi sur un label Australien, les Ghetto 25 sur le label Trax de Chicago,  Hadone/Dj Unrefined sur Arts (et plein d’autres labels),  le label La Mer qui sort aussi du vinyle…
On a également tous ces organisateurs, nouveaux ou historiques qui se bougent depuis des années pour monter des fêtes qui sont toutes sold out (le Citron vert, le Thé chaud, Woodup, Nushy soup, Lunarmouth…)
Je peux pas citer tout le monde, ils sont trop nombreux… mais vraiment les choses vont dans le bon sens ici et c’est cool !!