Gast! Voilà un mois jour pour jour que cette septième édition d’Astropolis Hiver a pris fin. N’y allons pas par quatre chemins, c’était bien, très bien même. Alors sans plus tarder, embarquez avec nous pour vous faire conter ces quatre fabuleux jours de fête!


Jeudi 23 Février : ça y est, le jour J est arrivé, les concerts débutent, enfin le concert, avec, en guide de mise en bouche un hommage à Steve Reich sous forme de live par la DJ et productrice Française Chloé et la percussionniste Bulgare Vassilena Serafimova. Pour information, Steve Reich est un compositeur américain de musique minimaliste considéré aujourd’hui comme un précurseur, un fer de lance, bref, le pilier de ce mouvement musical. La soirée a lieu au Mac Orlan dans le quartier de Recouvrance. Cet ancien cinéma devenu établissement culturel propose à l’année une programmation éclectique faisant la part belle à la danse, au théâtre, au cinéma, à des conférences, des expositions et donc à la musique.

20h45, nous arrivons au Mac Orlan, aux premiers abords on remarque un grand nombre de personnes, de tous âges qui plus est. Et pour cause (outre l’hommage à Steve Reich probablement méconnu des plus jeunes) un before a lieu au sous-sol de l’établissement. Aux manettes, deux membres du label et disquaire brestois « Badseeds » qui, soirée placée sour l’égide du live de la musique minimaliste oblige, propose un live oscillant entre musique concrète et minimaliste. Progressive, la performance à quatre mains a de quoi séduire, dérouter plus d’un et permet directement de se plonger dans le mouvement de la musique minimaliste.

21h25, direction le deuxième étage pour s’installer au centre de la salle accueillant 450 personnes pour cet hommage-live des plus alléchants.  On voit d’ores et déjà les différents outils des deux artistes. À notre gauche, un imposant xylophone pour Vassilena Serafimova, à notre droite différente machine, TR-808, MPC, synthétiseur, séquenceur, oscillateur, tout ce qu’il faut pour une prestation de qualité. Derrière, une toile éclairée d’un fond bleu marine accompagné de projecteurs adoptant le même ton.

21h30, Chloé et Vassilena Serafimova arrivent sur scène sous les applaudissements. Doucement, le live se met en place. Chloé triture ses machines pendant quelques minutes avant que d’un signe de tête elle signale à sa comparse qu’elle peut démarrer. Le kick lancé, Vassilena Serafimova fait étalage de ses talents de percussionniste, lentement mais sûrement. Peu à peu nous voyons apparaître sur la toile toujours éclairée d’un beau bleu marine des formes semblables à des nuages en plus acérés. Celles-ci sont mouvantes, en plus de mettre en image la musique, elles la met en relief à tel point qu’on se surprend à se perdre dans cet océan de mouvements. Plus tard, cette même toile vire graduellement au magenta puis à l’orange, signe représentatif de l’augmentation de la cadence musicale. Autre element probant, le rythme que tient Vassilena Serafimova baguettes en mains. Sa rapidité d’exécution est impressionnante et c’est entre deux gorgées d’eau qu’elle prend le soin de déplier du scotch sur son xylophone. Dans la salle, certains en rient, pensant certainement que son outil de travail est abîmé mais les plus lucides se doutent bien que non. En effet, à la manière d’un synthé sur lequel on poserait des pastilles adhésives pour se repérer, la percussionniste fait de même afin d’affiner son jeu. C’est assurément l’un des nombreux charmes du live que de « bricoler » son instrument si nécessaire. Si la différence ne se fait pas réellement ressentir pour les néophytes en matière de percussions que nous sommes, nul doute que cette action ne s’est pas faîte sans raison et n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Quelques minutes plus tard Chloé prend le micro pour faire parler sa voix de façon minimaliste. D’ailleurs, cet ajout de la voix sur le live se répétera régulièrement que ce soit par le biais de la française ou bien de la bulgare. Aussi, voilà que le rouge fait son apparition sur la toile suivie de différentes couches rectangulaires superposées. Le kick atténué, les nappes de synthés rehaussées, Vassilena Serafimova offre le meilleur de son jeu de percussions si bien nous pourrions croire qu’il s’agit en réalité d’un robot tant son agilité manuelle est criante de quasi-perfection. Enfin, c’est sur une coupure de son radicale que le spectacle se termine ou presque…La DJ/Productrice et la percussionniste nous saluent sous un tonnerre d’applaudissements du public avant de partir en backstage pour mieux revenir.

22h, après une heure de live, elles embrayent sur une dernière demie-heure où le kick poussé bien fort se trouvent assisté de percus également agitées pour ce qui ressemble à l’une des pièces les plus « énervées » de Steve Reich. A cette violence minimaliste vient se greffer la douceur des voix des deux musiciennes. Et pour boucler la boucle, la toile est de nouveau éclairée d’un bleu marine qui sied si bien à la couleur que l’on pourrait attribuer à la musique jouée ce soir, le tout agrémenté de spirales difformes allant dans divers sens. Clairement, le spectacle est autant auditif que visuel. Un fracas d’applaudissements plus tard, les deux artistes quittent la scène après avoir salué une seconde fois son public. Le chemin de la sortie de la salle menant devant la scène il est alors possible de regarder de plus près les instruments utilisés au cours de la soirée. Nous réalisons alors davantage la complexité que doit être la compréhension, l’assimilation ainsi que l’utilisation desdits machines et instruments. A l’extérieur, le sentiment global est que vivre une expérience pareille est à faire pour tout passionné de musique électronique qui se doit. En sus, même certaines personnes venues par simple curiosité en sortent ravis. Et si la musique minimaliste est une musique d’écoute plutôt qu’une musique de danse, et que, de fait, il est possible d’y ressentir une certaine longueur lors de son audition, il est nécessaire de préciser que dans le cadre de la soirée où la prestation a duré deux heures, eh bien, ces dernières sont passées à grande vitesse.

Vendredi 24 Février : avant la déferlante techno prévue à La Carène à partir de 22h, nous nous rendons en milieu d’après-midi au traditionnel Vinyl Market organisé à Passerelle Centre d’Art Contemporain. Au programme, dégustation de cidre, recherche, écoute et achat de vinyle ainsi que visite d’une exposition. Le tout est mis en musique par Guihem’allOhmShaw et Lost BoB. L’ambiance y est conviviale, la proposition de skeuds intéressante et déjà l’excitation liée à la soirée est palpable.

22h15, on déboule dans La Carène ou plutôt le Bunker Palace du nom de l’événement. Direction la grande salle pour assister au live de Tiny, membre du collectif Velizion. La claque n’est d’abord pas sonore mais visuelle. En effet, la scénographie déployée pour cette Astropolis Hiver est impressionnante. A gauche et à droite, au-dessus des balcons, un cube composée de projecteurs  est présent. Plus encore, sur la scène, quatre barres en diagonales successives forme un A comme Astropolis et sont également équipées de projecteurs. En ce qui concerne la musique, Tiny propose dans un premier temps une deep techno sombre aux sonorités ambient grinçantes. Mais cela c’était pour les préliminaires. Peu à peu, il nous amène vers une tonalité industrielle. Néanmoins, celle-ci refuse de s’assumer pleinement. Prisonnière d’une techno sombre et profonde, elle ne s’affiche que par intermittence. Cet état de fait musical, plaisant à l’écoute, se voit renforcé par l’apparition sur l’écran géant situé derrière l’artiste, d’une scène célèbre du premier Alien. Celle de la mort d’un des passagers du Nostromo, tuée par la vile créature sous le regard apeuré d’un chat. Clairement, la soirée commence sous les meilleurs auspices!

23h30, suite à un passage au comptoir, nous sommes de retour dans la salle principale. Broken English Club développe une techno tantôt hypnotique, tantôt assourdissante, complétée par l’usage de vocal live. Du tout bon!

0h15, arrivée de celui qu’attendait impatiemment le rédacteur de cet article, et ce, depuis l’an dernier où il n’avait pas pu venir en raison des conditions météorologiques (NDLR, il se murmure chez Sakatrak, que ledit rédacteur en avait pleuré des larmes), DJ Stingray! Le bonhomme de Detroit met toute la foule en ordre de marche avec un kick techno puissant. Passez l’étonnement, nous comprenons vite ce choix. Attiré éventuellement le profane pour le capturer durant 1h15 dans son électro foudroyante. Passeur de disques hors pair, DJ Stingray fait étalage de son talent aux platines, s’autorisant entre deux breaks bien sentis, quelques scratchs vigoureux. Si l’impatience liée à sa venue aurait pu être source de déplaisir lors de son passage, il n’en fut rien.

1h20, assoiffé après cette prestation et profitant de l’installation de Legowelt pour un live ultra-prometteur, nous décidons logiquement de se rendre au bar. Erratum! Nous avons dû patienter une vingtaine de minutes avant de faire servir. Dès lors, il est important de pointer du doigt ce problème qui n’est pas lié à l’heure car à plusieurs reprises durant les deux soirs à La Carène, se faire servir une fois la jauge de festivaliers à son maximum, relevait du combat! Autre point noir, toujours en rapport avec le bar, l’utilisation de la carte bancaire n’est autorisée qu’à partir de 10 euros. Toutefois, les tarifs demeurent abordables.

1h40, nous décidons finalement de laisser tomber Legowelt, pour s’engouffrer dans la deuxième salle. Celle-ci est bien moins grande que la première mais l’ambiance y est tout aussi bonne. Il faut dire que l’homme présent sur scène à savoir Look Mum No Computer n’y est pas étranger. Entourée de son barda de machines et d’un écran nous abreuvant d’images psychédéliques, le britannique propose un live techno mélodieux alternant phases vocales, montées rythmées, le tout sous influence new wave. À voir absolument!

2h30, le passage au coin fumeur est aussi bref que devant Charlotte De Witte, assurément pas notre tasse de thé. C’est donc un retour à la deuxième salle qui s’opère. Française installée à Berlin, Gigsta nous conquis avec sa techno breakée mêlant sonorités tribales et jungle. Un finish de fou furieux dans cette deuxième salle où l’on peut librement se mouvoir à l’inverse d’une grande salle pleine à craquer.

4h00, fin de la soirée, épuisé, le sourire au lèvres et la tête dans les étoiles nous partons nous reposer car ce samedi s’annonce très rythmé.

Samedi 25 Février : c’est à 15h30 que nous arrivons à l’atelier des capucins avec sa programmation 100% live (Isidore, Hug et Antoine, Rubish T.C, Frank Cartell) et la présence de la célèbre marque de machine Roland qui propose différents stands permettant de tâter leurs diverses machines. L’événement est organisé par le collectif Velizion en partenariat avec Astropolis. L’ambiance y est familiale, des enfants, des ados, des adultes, tout le monde est réuni pour une immersion machinique qui ne laisse pas indifférent. En outre, on retrouve Look Mum No Computer et ses machines pour une démonstration/initiation au live. Accessible, l’artiste invite volontiers les spectateurs à venir triturer ses outils modulaires. Pour information, ce dernier vit dans un squat à Londres financé par crownfunding. Adoptant une démarche DIY, il crée lui-même ses machines. Créations qu’il partage ensuite sous forme de vidéo sur le net ou qu’il vend à des artistes et groupes connus ou moins connus. Cette après-midi-là, le Londonien a notamment ramené son fameux « synth-bike » qui en étonnera plus d’un(e)s. Côté stands, nous prenons plaisir à triturer les différentes machines proposées sans forcément obtenir un résultat concluant (n’est pas producteur qui veut…). Pour ce qui est des lives, ceux-ci se relèvent particulièrement intéressant sans être transcendant. Il faut dire qu’après une heure d’écoute l’ennui peut apparaître. Néanmoins, il est important de souligner la démarche sincère et cohérente proposée par Velizion.

18h30, retour au Vinyl Market. Cette fois-ci c’est au tour de Brunobot et de La Singerie d’animer la salle. Le principe est le même que la veille si ce n’est la présence de L‘Astroboum organisé par le collectif Cookids On The Floor. Le concept est simple : si vous avez des enfants vous pouvez les déposer dans une salle où ils pourront découvrir la musique électronique et participer à des ateliers cuisines et peintures pendant que vous irez chiner des vinyles. Concernant l’animation musicale, O’Flynn est remplacé au pied levé par Gigsta. Voyant déambuler des enfants peinturlurés dans les travées du marché une fois la boum terminée, nous ne pouvons nous empêcher d’aller demander les raisons qui poussent leurs parents à les y amener et de recueillir les impressions des premiers concernées que sont les enfants. Certains parents expliquent qu’ils baignent dans la musique électronique depuis les années 1990 et que par conséquent ils profitent d’un tel événement pour faire découvrir la chose à leur progéniture. D’autres n’ont pas forcément une accroche importante avec le style de musique concerné mais trouvent l’animation intéressante et convient pour autant leur descendance à y participer. Par ailleurs les principaux intéressés que sont ce que nous avons décidé d’appeler les « techno kids » ils nous affirmeront pour la plupart aimer la musique mais qu’à plusieurs moments « ça fait trop boum boum ». Espérons pour eux que d’ici une dizaine d’années ils ne seront pas blasés par la musique électronique.

22h15, come-back à La Carène pour le « Bunker Palace 2 » placé sous l’étendard de la house. L’ouverture se fait avec le Sonic Crew, le collectif regroupant les instigateurs d’Astropolis. Celui-ci délivre un set mêlant, techno mélodieuse et deep house. Sobre mais efficace, cela a de quoi mettre en jambes les premiers festivaliers arrivés.

S’ensuit le set d’O’Flynn, signature de Ninja Tune. Avec sa house groovy il parvient à mettre le public dans sa poche. Amplement suffisant pour remplir la la grande salle.

Puis débarque un des poulains de l’écurie Rush Hour : Hunee. L’Allemand entame son set sur une house pleine d’amour promptement chassée par une acid-house efficace. Arrivé au milieu du set, le fin selector propose durant 20 minutes un retour aux années 80 avec une house suintant de synthés. Et c’est logiquement qu’il termine sur une deep house qui amorce de toute beauté la venue de la tête d’affiche de la soirée en la personne de Kerri Chandler.

Le New-Yorkais ne fait pas dans la demi-mesure avec la deep house qu’on lui connaît bien. Des montées mélodieuses suivis de basses lourdes qui font chavirer la majorité du public. Pour autant une certaine lassitude pointe le bout de son nez et c’est ainsi que nous bougeons dans la seconde salle jeter rapidement un oeil sur Camion Bazar. Ces derniers ont carte blanche pour toute la soirée ce qui leur permet de développer leur house très festive tout en balayant le spectre du genre. Si nous avions longtemps entendu parler de leurs performances de haute volée sans avoir l’occasion de les voir en terre brestoise, c’est chose faite, et avec brio en plus. Le peu que l’on a eu la chance d’entendre était d’une qualité rare.

Alors nous aurions souhaité rester davantage dans ce « club » bouillonnant de joie mais la montre indiquant 3h30, nous choisissons de se rendre à La Suite, surnommé « L’Astroclub », pour une deuxième déferlante techno en un week-end. Celui-ci met en avant différents labels bretons pour une réunion de famille tapageuse. Sont présents les artistes et labels suivants : Kmyle (Astropolis Records), Carlton (Eddy Larkin), Too Smooth Christ (Lost Dogs Entertainment), Signal ST (Midi Deux Entertainment), Le Matin (Poussière d’époque), Soul Edifice (Tripalium Corp).

Cinq minutes de marche plus tard, nous voilà à l’intérieur. Etant à l’année une boîte de nuit des plus classiques (encore que, vu le nombre de soirées techno qui s’y déroulent, il ne serait pas étonnant qu’elle se transforme en club) nous nous devons de souligner que l’endroit n’est pas forcément le plus approprié pour accueillir de la musique électronique. Au surplus et c’est le point le plus insupportable que nous pointerons du doigt : le trop grand nombre de personnes par rapport à la taille de la boîte. D’ailleurs cette situation est également valable pour les soirées organisées par les collectifs locaux. Alors évidemment nous comprenons que la logique financière prédomine pour le bien du festival et des collectifs. Mais dans ce type de situation nous avons le sentiment de se retrouver parqué comme du bétail. Entre coin-fumeur et toilette quasi-inaccessible, file d’attente interminable au bar, dancefloor où il faut jouer des coudes pour se faire une place, on peut très rapidement en avoir sa claque. Et ce n’est pas certains festivaliers interrogés qui diront le contraire. Nous terminerons cette critique sur deux points. D’abord nous nous devons de préciser que l’an dernier le festival avait obtenu une autorisation municipale pour bloquer la rue et donc y installer un deuxième bar ainsi qu’un espace de repos. Cette année l’autorisation a uniquement permis de rajouter quelques mètres en plus au coin-fumeur qui se trouve en extérieur. Sur ce point nous ne ne blâmons pas le festival qui, nous n’en doutons pas, a dû faire son maximum pour obtenir une autorisation identique à l’année précédente. Ensuite, une question mérite cependant d’être posée : sachant qu’il y une deuxième salle à l’intérieure de la boîte pourquoi ne pas l’ouvrir pour en faire un espace de repos ? Nous sommes absolument convaincus que cela permettrait une meilleure répartition du public et donc le déroulement d’une meilleure soirée pour tout le monde. Pour finir, et nous ne cesserons jamais de le répéter, heureusement que le public du festival est un public globalement respectueux d’autrui, que ce soit entre festivaliers ou par rapport aux organisateurs, aux bénévoles, aux employés et aux artistes. Car il n’est pas certain que dans ce type de situation un autre type de public aurait fait la fête comme cela l’a été ce soir-là.

Parlons musique désormais, nous n’allons pas vous mentir, arrivée à ce moment-là de la soirée, nous avons plus profité de la soirée que chercher à l’analyser. C’est pourquoi nous en dirons simplement que c’était de la techno de qualité made in Bretagne. Nous saluons d’ailleurs cette initiative qui plus qu’une question d’honneur est au final une question de découverte inscrite dans l’ADN du festival. Alors à celles et ceux qui ont critiqué cette programmation, vous devriez savoir que parfois il ne suffit pas d’aller bien loin pour trouver son bonheur.

7h00, clap de fin sous les applaudissements du public. Les plus téméraires partent en after, les plus fatigués partent se coucher. Quant à nous, nous allons siroter quelques bières jusqu’au lever du jour avant de tomber dans les bras de Morphée pour mieux remettre le couvert une fois réveillé.

Dimanche 26 Février : réveil compliqué après trois jours de bringue. Repas copieux dans le ventre, direction Le P’tit Minou, célèbre bar à concerts de la métropole, pour le dernier événement délicieusement intitulé « Mourir à Brest ».

19h15, nous somme devant le bar et déjà une galère se pointe. En effet, le bar est rempli et il faut se voir octroyer des bracelets pour y pénétrer (bon ce n’est pas comme si nous n’avions pas été prévenu mais s’y rendre dès 16h, heure de l’ouverture, aurait relevé de l’exploit). Nous prenons notre mal en patience en discutant avec les fêtards de la veille et de l’avant-veille. Ca sent la joie de vivre et la bouffe du food-truck installé pour l’occasion. Les plus éméchés nous expliquent qu’ils ont fait un « tout-droit’ depuis un after presque aussi bien que les deux soirs selon eux. Sympathiques mais rapidement lourdingues, on va à la rencontre des « modérés ». Avec eux, la discussion tourne autour des artistes vus ou non vus, des impressions de chacun, du capot d’un tel ou d’un autre. Honnêtement, le ressenti est plus que bon. Néanmoins, pas le temps de rester taper la causette. Des bracelets sont de nouveau distribués, l’occasion d’aller encore une fois prendre notre dose de musique et d’entre autres, s’assurer d’avoir assisté à tous les événements ou presque afin de mener à bien cet article.

19h30, pinte en main nous déboulons devant le live d’Antoine Garrec. Le Pont-l’Abbiste propose un combo voix/synthés reposant quoique violent sur la fin mais qui procure un bien fou après des heures d’écoutes de kicks, de snares et hi-hat en tout genre. A la fin de la prestation, Soukous All Stars et sa belle selection de world music se charge d’animer la transition avec le prochain artiste. Il en sera ainsi durant toute la soirée et c’est très bien comme ça. Etant arrivé tardivement, nous nous mettons à jour de la programmation. Nous apprenons que l’on a raté Eric Numeric et sa « numeriwave ». Dommage, nous espèrons le revoir une fois prochaine. Pendant ce temps-là, le groupe Djokovic termine son installation. Durant un peu plus d’une heure les nantais nous régalent d’une indie pop presque rock de très bonne facture. Bar remplit, public conquis, on ne peut faire mieux. Retour du son de Soukous All Stars avant le début de Condor et leur… Quoi au juste? Arborant tuniques flashy et vestes retro Toshiba, le groupe propose un savant mélange de beats psychédéliques sur lesquelles viennent se greffer des voix à la Kraftwerk. En somme, c’est un melting-pot de krautrock, electro, dub et minimalisme. Complètement déchaîné, le groupe délivre une prestation impressionnante qui retourne Le P’tit Minou.

22h45, fin des concerts et donc d’Astropolis. Sur le chemin du retour, nous jettons un dernier regard sur le port avec ses bateaux, ses usines, ses grues, La Carène, La Suite. Nous repensons évidemment à la folle semaine que nous venons de vivre, des artistes vus, des animations auxquelles nous avons participé, des rencontres effectuées et c’est avec les yeux pleins d’étoiles que l’on se dit, en paraphrasant les propos d’un célèbre commentateur sportif, « Je crois qu’après avoir vu ça, on peut mourir tranquille… À Brest. »

By Simon

Crédit Photo : David Boschet et Yves de Orestis