Pour la sortie de son premier album et de son passage à La Suite, à Brest, ce vendredi 16 février, nous avons eu la chance d’interviewer « Leiras ». Producteur et DJ espagnol basé à Berlin, il fait ses premiers pas sous différents alias. En 2014, il fonde son propre label « Ownlife » axé autour d’une techno mentale et hypnotique. Janvier 2018 voit la sortie de son premier album intitulé « A Prison Of Predictions » et le début d’un tour d’Europe afin de présenter celui-ci. 


1) Bonjour Leiras, présente-toi brièvement.

Un être humain introspectif essayant de trouver de nouveaux moyens d’expression. Celui que j’ai trouvé plus utile et honnête est la musique.

2) Tu es originaire d’Espagne mais tu vis désormais à Berlin. Quel impact la vie berlinoise a-t-elle eu sur toi en tant que producteur et DJ ?

De toute évidence, un gros impact, sur des champs vraiment différents. Après avoir voyagé plusieurs fois à la recherche de bonnes expériences de clubs, de longs sets, de DJs moins connus et bien sûr de superbes magasins de disques, j’ai décidé qu’il était temps de changer. D’une certaine manière, je sentais que je faisais partie de quelque chose depuis le début. C’était aussi le moment parfait parce que je commençais une nouvelle étiquette, un nouveau projet musical et le changement était positif à tant de niveaux.

3) En 2014, tu créé ton propre label « Ownlife ».

Pourquoi avoir choisi un concept Orwellien comme nom de label et plus concrètement quelle est la direction musicale derrière celui-ci ?

Je suis né en 1984, la même année que le célèbre roman d’Orwell. Depuis que je suis enfant, je me sens fortement lié au livre, et j’ai choisi l’un des concepts du «novlangue» car il correspondait parfaitement à ma situation d’antan. Aussi, je l’applique toujours à moi-même fréquemment. Essayez de trouver sa propre façon de tout faire..

4) Le mois dernier tu as sorti ton premier album intitulé « A Prison Of Predictions ». Un album techno à la fois mentale et hypnotique.

Que souhaite-tu proposer avec cet album tant sur le plan musical que émotionnel ?

Car à la lecture de certains titres comme « Albino Species » ou « Remote Vision » (pour ne citer qu’eux) on devine une volonté d’évoquer la condition humaine non ? Et finalement d’en revenir à Orwell non ?

Mon intention était d’explorer le côté narratif du long format. De l’intensité des morceaux impliqués aux noms de chaque titres différents, comme des chapitres d’une histoire cohérente. Il y a des références à la (pseudo) science, à l’histoire et à l’anthropologie, mais Orwell n’était pas l’inspiration principale du concept derrière « A Prison Of Predictions ».

5) La pochette est également parlante avec ces deux personnages au milieu d’un désert. Dis-nous en plus sur celle-ci.

Elle rejoint les thématiques qu’aborde l’album à travers ses titres non ?

D’ailleurs, peut-on connaître l’auteur de cette illustration ?

Bien sûr, la photo est parfaite pour approcher l’auditeur dans un environnement parfait, où tout commence (et se termine probablement). Je souhaitais montrer un lieu physique et une situation particulière comme un début. Je suis toujours à la recherche de photos qui pourraient m’aider à expliquer ce que je veux dire et, inversement, à chercher des trucs visuels pour le filmer. C’est ainsi que j’ai trouvé le travail de la talentueuse Rewinda Omar (https://www.instagram.com/rewindaomar/), une jeune photographe basée à Jakarta. 

6) Par ailleurs, est-ce que les EP tels que « These Ancestral Bones » (2014), « A Separate Lineage » (2015), « Hepta » (2016) et « The Bridges I Burn » en collaboration avec Svreca (2017) ont aider au développement de ton album ?

Bien sûr que oui! Chaque partie du chemin doit arriver jusqu’ici : la musique que vous écoutez, les livres que vous lisez, les gens que vous rencontrez où autres sont une partie importante de l’équation. Je pense que le son de l’album est juste une évolution des travaux passés, essayant de les rendre plus avancés parfois et aussi plus bruts et honnêtes dans d’autres cas

7) En parlant de développement, comment-as-tu composer ton album ? En combien de temps ? T’es-tu isolé ? Ou au contraire es-tu resté entouré de tes proches et as-tu par exemple continué à sortir en club ou autres ?

J’ai fait un plan il y a plus d’un an, puis j’ai décidé que ce n’était pas le moment parfait pour le sortir et après quelques mois j’ai décidé de le finir correctement et de faire quelques changements sur la tracklist. C’est bon de s’isoler un peu, surtout pour finir tous les petits détails autour de la production. Je suis facilement distrait, mais certains commentaires d’amis proches sont toujours nécessaires, seulement quelques-uns, parce que toutes les opinions impliquées pourraient vous faire douter.

Sur le plan technique, le résultat est un mélange entre le matériel et le logiciel, l’enregistrement des jams à partir des machines et l’utilisation d’une partie de ma courte liste de VST. Je ne voulais pas choisir entre ces deux façons de faire de la musique, j’essaie d’être flexible et de prendre les bonnes choses des deux environnements. Il y a des tons infinis de gris entre le noir et le blanc.

8) A l’écoute de l’album, on remarque qu’il est structuré avec « Albino Species » en guise d’introduction, « Post Cognition » qui fait office d’interlude et « Accross The Symbolism » qui le clôture sur un rythme planant. C’était une volonté de ta part de structuré de la sorte ton album ? Si oui, pourquoi ?

Oui, en essayant de trouver l’équilibre des intensités. J’ai fait beaucoup de « paysages sonores » ainsi que de musique ambiante au cours des dernières années et cela joué un rôle important dans l’idée principale de l’album. Je voulais les voir comme des morceaux sonores complets, pas comme des interludes. Mais bien sûr, ils jouent un rôle important dans la structure principale de l’album. 

9) Tu as déjà joué en France sur invitation du collectif « MYST », désormais tu entames ton tour d’Europe pour présenter ton projet ? Quel ressenti tu as par rapport au public français ? As-tu eu des échos sur le public de Brest ?

C’était ma deuxième fois à Paris et je dois dire que c’était l’une des plus belles soirées de l’année dernière, une de celle qu’il est dommage de manquer. Profitez de l’occasion pour envoyer un câlin à toute l’équipe impliquée dans le projet. A propos de Brest, j’ai demandé à Freddy K quel était le lieu et l’équipe impliquée et il m’à répondu que tout était super. De fait, j’ai hâte d’être là et de jouer certains de mes morceaux préférés en ce moment. À bientôt!

10) Un dernier mot pour la route ?

N’ayez pas peur d’être individualiste. Vivez votre propre vie.


Retrouvez Leiras sur :
https://www.facebook.com/leirasownlife/?ref=br_rs

https://ownlife.bandcamp.com/

Soirée Round X Rive Droite Records :

https://www.facebook.com/events/1770224826323696/

By Simon 


1) Hello Leiras, introduce yourself briefly.

An introspective human being trying to find new ways of expression. The one that I found more useful and honest is music.

2) You are native of Spain but you live from now on in Berlin. What impact had Berlin life on you as producer and DJ?

Obviously a big one, on really different fields.  After travelling several times looking for good club experiences, long sets, less-know dj’s and of course amazing record shops. I decided that was time for a change.  Somehow I was feeling part of something since the beginning.

Also it was the perfect moment cause I was starting a new label, new musical project and the change was positive at so many levels…

3) In 2014, you created your own record “Ownlife”.

Why to have chosen an “Orwellian” concept as name of record and more concretely which is the musical direction behind this one?

I was born on 1984,  the same year that the famous Orwell’s novel. Since I was child I feel connected with the book in a strong way, and I choose one the concepts from the “newspeak” language that was fitting perfectly with my situation back in the years. Also I still apply this to myself frequently. Try to find your own way to do everything, I trust.

4) Last month you released your first LP “A Prison Of Predictions”. A techno album at the same time mental and hypnotic.

What do you wish to propose with this album so much on the musical plan that emotional?

Because in the reading of certain track-name as “Albino Species” or “Remote Vision” (to quote only them) we guess a will to evoke the human condition no? And finally to return to Orwell no?

My intention was to explore the narrative side of the long format. From the intensity of the tracks involved to the titles of each different song, like chapters of a coherent story.

There are references to (pseudo)science, history and anthropology, but Orwell wasn’t the main inspiration to the concept behind “A Prison of Predictions”

5) The LP cover is also talking with these two characters in the middle of a desert. Tell us in more on this one.
It joins the themes which approaches the album through its tracks not?
Moreover, we can know the author of this illustration?

Sure, the pic is perfect to approach to the listener to a perfect environment, where everything starts (and probably ends). I wanted to show a physical place and a particular situation as a beginning.

I’m always looking for pictures that could help me to explain what I want to say and, also the other way around, looking for visual stuff to soundtrack it.

That is how I found the work of the talented Rewinda Omar (https://www.instagram.com/rewindaomar/), a young photographer based in Yakarta.

6) Besides, the EP such as “These Ancestral Bones” (2014), “To Separate Lineage” (2015), « Hepta » (2016) and “The Bridges I Burn” in association with Svreca (2017) have to influence in the development of your album?

Of course it does! Every single part of the path to arrive till here: the music you listen, the books you read, the people you meet are a strong part of the equation. I think the sound of the album is just a evolution of the past works, trying to make them sound more advanced sometimes and also raw and honest in other cases.

7) By speaking about development, how did you compose your album? How long? Did you isolate? Or on the contrary you stayed close with your friends and did you for example keep going out in club or others?

I did a blueprint more than a year ago, then I decided that it wasn’t the perfect moment to release it and after some months I decided to finish it properly and make a couple of changes on the tracklist. Is good to isolate yourself a little bit, specially to finish all the little details around the production. I get distracted easily but some feedback from close friends are always necessary, only a few, cause every opinion involved could make you doubt.

On the technical side, the result is a mix in between hardware and software, recording jams from the machines and also using some of my short list of vst’s.

I wouldn’t like to choose between these two ways to make music, I’m trying to be flexible and take the good things of both environments. There are infinite tones of grey in between the black and white.

8) Listening to the album, we note that it is structured with “Albino Species” as an introduction, “Post Cognition” which acts as an interlude and “Across the Symbolism” which closes on a hovering rhythm. Was it a desire on your part to structure your album in this way?

If yes, why?

Yes, trying to find the balance of intensities. I’ve been doing a lot of soundscapes and ambient music during the last years and was an important part inside the main idea of the album. I would like to see them as a finished and complete pieces of sound, not as interludes but sure, there are playing an important role in the main structure.

9) You have already played in France at the invitation of the collective “MYST”. Now you start your Europe tour to present your project, how do you feel compared to the French public? Have you heard about the Brest audience?

It was my second time in Paris and I have to say that was one of the nicest parties of the last year, one of that ones that it is a pity to leave. Take the opportunity to send a hug to all the team involved on the project.

About Brest! sure I asked to Freddy K about the venue and the team involved and everything were nice words so I’m looking forward to be there and play some of my favorite tracks right now. See you soon!

10) A last word for the road?

Don’t be afraid of being individualistic. Live your Ownlife.


Find Leiras on :
https://www.facebook.com/leirasownlife/?ref=br_rs

https://ownlife.bandcamp.com/

Round X Rive Droite Records Party :

https://www.facebook.com/events/1770224826323696/

By Simon