Zerolex sortira son nouvel EP Honesty, prévu le 16 Mars 2018. Pour nous faire patienter d’ici là, il nous fait partager un de ses titre Asmea, très mélancolique et envoûtant, pour ma part je suis déjà sous le charme. Il nous dévoile, aujourd’hui, son processus de création, ses influences et surtout sa collab’ avec Holy Two qui renouvelle, sachant que la première fois avait très bien marché il y a quatre ans de cela.

 

 


Dans un premier temps, peux-tu te décrire (d’où viens-tu, depuis combien de temps tu fais de la
musique)?

Je m’appelle Jérémy, j’ai 24 ans et j’habite à Besançon, une petite bourgade à l’est de la France, perdue
entre Dijon et la Suisse, entre Lyon et Strasbourg, le pays du fromage…et du beatmaking !
J’ai commencé par faire de la batterie à l’âge de 12 ans et j’ai vrillé vers la musique électronique en 2011.

 

Quels sont les artistes (ou peut être sons) qui t’ont donné envie de faire de la musique électronique?

Il y a une niche de producteurs assez importante à Besançon, c’est la première génération qui m’a fait
découvrir cet univers : des artistes comme YoggyOne ou Zo avec qui on a formé Cotton Claw par la suite.
Tout ce petit monde organisait des soirées qui ont vu défiler des noms encore peu connus à l’époque :
Hudson Mohawke, Dorian Concept, Dimlite, Herrmutt Lobby… Mon intérêt pour la musique électronique part
de là ! C’est vraiment cette veine de producteurs, avec des types comme Flying Lotus en tête d’affiche,
qui venaient du Hip Hop, qui ont réussi à le déstructurer et l’amener dans un mood plus électronique, plus expérimental.

 

Comment décrirais-tu ton univers musical?

C’est toujours compliqué à définir seul. Ça me touche particulièrement quand la presse parle d’univers
singulier : il y a tellement de propositions aujourd’hui et tellement de manière de faire de la musique
électronique…
J’oscille souvent entre des sonorités légères, colorées, plutôt joyeuses et des ambiances plus intimes,
presque introspectives… La mélancolie n’est jamais très loin. C’est un univers musical « contrasté et plein de
reliefs » pour reprendre les mots de Rone à propos de mon premier album, ça représente assez bien ce que
je cherche à défendre.

 

Peux- tu nous parler de ton nouvel EP. (Dans quel mood l’as-tu fait? Quelles ont été tes
inspirations? comment le décrirais-tu?)

Honesty, c’est un disque que j’ai réalisé en assez peu de temps, presque sur un coup de tête !
J’avais mis trois ans à sortir mon premier album et je tenais à sortir un nouvel opus plus rapidement.
C’est un disque que j’ai auto-produit, auto-financé de A à Z et dans cette optique, j’ai vraiment pris du plaisir à
être autonome et à passer outre les questions qui peuvent se poser habituellement avec un label (les
questions de budget par exemple)… Je ne me suis entouré que de gens proches et que j’apprécie : des
featurings à l’artwork en passant par la promotion, le studio… J’ai fait mon truc, dans mon coin, en famille.
Pour en revenir à la musique, je pense qu’on reconnaîtra l’identité « Zerolex » mais avec des directions un
peu différentes : le premier morceau est un featuring presque « Soul » avec Felp. Le troisième rappellera
plutôt l’esprit « club » de Cotton Claw… Le Hip Hop est toujours et reste présent, comme sur Asmea.
En tout cas, ce n’est pas un EP « concept » : je continue à me chercher, à proposer des ambiances
différentes à chaque morceau.

 

Il y a t-il une histoire derrière le track « Asmea (Feat. Holy Two) »?

Oui, carrément ! Ce morceau, on pourrait dire qu’il commence dans l’esprit d’un « blues » avec cette idée de
pacte avec le diable, de luxure, et ces chœurs presque religieux. En me perdant sur internet, je suis tombé
sur l’histoire d’un prêtre, Urbain Grandier ( pûr blase, non ? ), qui vivait au 17ème siècle, et qui était réputé
pour ses mœurs « pas très catholiques » justement. C’est parti ensuite très loin, puisqu’il a fini par être accusé
d’avoir signé un pacte avec le diable et d’avoir envoyé des démons forniquer avec des religieuses qui
ont fini par perdre la tête. Bref, il a terminé au bûcher. Le nom du démon est Asmodée aka Aesma, que
j’ai transformé en Asmea par la suite, va savoir pourquoi. Merci Wikipédia.

 

Avec quoi travailles-tu?

Je me suis fixé un défi particulier sur ce disque : celui de produire tous les sons depuis une seule source.
J’y suis arrivé, disons à 99% puisqu’il y a encore 2/3 éléments qui traînent, qui viennent de banques de
son… mais dans l’emsemble, toute la matière, qu’elle soit mélodique ou rythmique, provient d’un seul et
même synthé (Elektron Analog Keys).

Je pense que ça donne une couleur particulière au disque, et j’espère que les gens qui s’intéresseront au
processus de création apprécieront la démarche ! En live, j’ai une configuration très simple : MPC & SP. Pas
d’ordinateur sur scène, c’est mon maître-mot depuis le début.

 

Tu avais déjà collaboré avec Holy Two, qu’est-ce que t’a poussé à renouveler l’expérience?

Exact. C’était il y a 4 ans. Initialement, je devais juste remixer un morceau, « Rush », puis on a vite eu envie
d’en faire un deuxième « Hover ». Cascade Records s’est ensuite intéressé au projet et nous a proposé de
faire un morceau ensemble « Moonbeam » puis de sortir le disque, que l’on a nommé « Eclipse »
J’ai beaucoup aimé la direction qu’a pris le groupe récemment, comme sur Misunderstood, où ils délaissent
un peu le côté « pop » pour un univers plus sombre, incisif et électronique. Quand j’ai commencé à composer Asmea, j’avais enregistré les mélodies de voix des couplets mais c’était du yaourt, et mon accent anglais-
franc-comtois, disons-le, c’est pas encore ça. Donc il m’a fallu inviter des vrais auteurs et des vrais chanteurs pour interpréter ça dignement. Hadrien et Élodie ont été les premiers à qui j’ai pensé.

 

Quelle est la dernière release qui t’a fait le plus kiffer?

La dernière sortie du label Hot Casa « Boncana Maïga » !
J’écoute très peu de musique électronique ces derniers temps. En ce moment, je fais surtout des sélections
vinyles dans cet esprit là : afro, funk, soul, disco… Bref, je suis dispo pour vos mariages, bar mitzvah,
anniversaires, tout ça tout ça !

Pourquoi Zerolex?

Ah ! Je pensais avoir échappé à cette question !
Non, en vrai, l’histoire est sans intérêt, ça vient d’un jeu de mot tout naze avec la rolex, passons.

 

A quand ton prochain live à Paris? 

Aucune idée ! Mais j’ai récemment rejoint La Cellule qui s’occupe désormais de mon booking… Alors j’en
profite pour lancer un appel aux programmateurs de Paris et de partout ailleurs !