Interviewé fin décembre, le collectif La Nuit nous avait convié à venir à La Nuit En Rives, extension électronique des Rives De Nuits. Pour information, les Rives De Nuits est un festival qui a lieu tous les ans fin janvier et qui s’articule autour de concerts de divers genres musicaux ayant lieu dans les bars de Landerneau (Finistère Nord). Les 19 et 20 janvier La Nuit investissait donc le Demi-Lune, bar-tabac-loto, pour y proposer une programmation rock et surtout électronique.


 

Vendredi 19 janvier :

19h – Après avoir arpenté les rues étroites de Landerneau afin de trouver une place pour notre véhicule, on s’aperçoit qu’effectivement la ville a du charme et que La Nuit ne nous avait pas menti concernant la beauté des endroits qu’elle offrait. En entrant dans le Demi-Lune, on fait connaissance avec Stéphane, le patron, quinquagénaire fort sympathique ravi que son affaire participe au festival. Suite à une rapide présentation du bar, on note que celui-ci est petit. Bien que disposant de deux salles, celles-ci sont exiguës. Dès lors une interrogation pointe le bout de son nez : « comment le bar va-t-il accueillir un nombre plutôt important de personnes alors que sa taille ne semble pas le permettre? ». Pas le temps de tergiverser qu’une pinte nous est servis et qu’il est l’heure d’écouter Melenn, duo de pop-rock acoustique. Dans la première salle il revient à Jak Relly de chauffer également les premiers venus par ses reprises de rock, de folk et de blues. Pendant deux heures, Melenn et Jak Relly permettent au Demi-Lune d’attirer sa première clientèle à savoir des femmes et des hommes de plus de trente ans venus écouter du rock sans forcément se douter de ce qui va suivre derrière. En tout cas, chez Sakatrak, on apprécie cette mise en bouche rock’n’roll.

21h – Place au gros de la soirée, les câbles sont branchés, les machines installées et les DJs motivés. Bølivar de La Nuit ouvre la deuxième salle avec un set qui débute sur de l’ambient suivi d’une techno deep. Clôturant sur de la house, il offre une parfaite ouverture pour ses compères de La Singerie à savoir Jaguariz  et Thon JravoltaTout le reste de la soirée, les deux singes nous servent un back-to-back house, disco, avant de virer techno acid et industrielle pour ensuite redescendre vers ce sur quoi ils ont commencé. Entre-temps, le bar s’est progressivement rempli si bien qu’il est difficile de se frayer un chemin pour rejoindre l’extérieur. Il est d’ailleurs dommage de constater qu’il faut attendre une averse pour que les jeunes du coin partent se déhancher devant le son. Dans la première salle, GVL prend les commandes avec un set house. Rapidement il est rejoint par ses deux camarades de La Nuit Bølivar et Silver Owl. Très Chouettes réuni, on part sur un all night long dans la veine de ce qu’a entamé GVL. 

2h – Clap de fin, si les prestations des DJs ont été bonnes on regrette que la majorité de la clientèle soit restée entassée au comptoir et que sa frange la plus jeune ait davantage préféré rester en extérieur. Ainsi cela répond vaguement  à notre question précédemment posée à savoir que  : oui le bar n’est pas grand mais lorsqu’il est plein, du moins comme ce soir, la clientèle ne s’aventure guère devant les scènes. Cependant, Stéphane et les gars de La Nuit sont contents de leur soirée et espèrent que le lendemain les clients seront davantage présents devant le son. Ça tombe bien, nous aussi.

 

Samedi 20 janvier :

19h – De nouveau présent au Demi-Lune. Cette fois-ci pas de rock en guise d’apéritif mais du piano. En effet, Théo Pichard, jeune pianiste talentueux nous propose ses compositions comme des reprises de tubes des années 2000 sur synthétiseur. Clairement, le bonhomme est bon et ça met l’ambiance pour ce deuxième soir qui s’annonce plus brut de décoffrage que le premier. En effet la météo est bonne, peu ou pas de pluie et davantage de monde qui se presse dans le bar. Le fait que l’on soit un samedi n’est pas anodin.

21h – Silver Owl de La Nuit démarre son set dans la deuxième salle. Son mix fleure bon la techno mélodieuse voire deep. Dans la première salle, Bølivar s’engage dans un live intéressant sur une base minimaliste. De quoi rameuter les clients les plus curieux. Les autres font face à Silver Owl qui hausse le rythme. Cependant, il doit rapidement laisser sa place à The Rover qui s’inscrit dans la continuité avec une techno brute et concise. Rapidement, on hésite entre assister au set de The Rover dans son entièreté ou retrouver Très Chouettes pour un live à 6 mains. On décide d’alterner avec davantage de temps accordé au live. Les trois oiseaux de nuit s’en sortent plutôt bien pour une première en live tandis que devant The Rover le public est chaud. Le public, parlons-en, car il se veut hétéroclite. Des très jeunes, des jeunes, des moins jeunes, bref, c’est varié, tout le monde discute ou danse ensemble, ça fait presque réunion de famille. Il est d’autant plus agréable de voir que le comptoir est moins chargé que la veille (bon, on avoue qu’on y a passé un certain temps. Il faut bien s’hydrater parfois non? ) et qu’il y a donc plus de monde devant les DJs. Requinqué et de retour dans la deuxième salle, on remarque que c’est ILYSS de WestSound (vous pouvez retrouver notre interview du collectif ici) qui à les mains sur les machines. Celui-ci déploie une techno deep, parfois breakée mais toujours mental et hypnotique. C’est du tout bon! Toutefois, la première salle se met également en branle quand Eklose nous dessert une techno industrielle qui surprend pas mal de monde, nous les premiers. Les deux salles sont bondées, le public au climax, le Demi-Lune est en furie.

2h –  Et pour terminer ce week-end en beauté, Très Chouettes finit sur un set où la deep techno règne sans pour autant lésiner sur les basses. Un dernier rappel de Stéphane annonce la coupure du son et il est temps de remercier tout le monde et de remballer le matos pour partir en direction de… Locmaria-Plouzané (à côté de Brest). En effet, Très Chouettes est programmé à 4h au Ristik Festival pour son édition d’hiver.

3h30 – On débarque au Ristik Festival qui a lieu dans une salle des fêtes. Deux salles : une première axée techno industrielle, breakée, EBM, psytrance, mental et hardcore ; Une deuxième orientée deep techno, techno, Lo-Fi, Micro-House et Disco/House. Mention spéciale à cette dernière et sa superbe décoration : palmiers, sièges (bonjour les capots) et la scène en forme de bateau.

4h – 5h30 – Très Chouettes y joue techno, progressivement deep et enfin house, le tout devant un public bouillant à l’image du festival.

12h – Fin du Ristik Festival, les derniers debout vont soit se coucher soit aider les organisateurs à ranger le matériel et faire le ménage. Quelle est belle cette cohésion entre organisateurs et festivaliers.

Pour le reste, il est nécessaire de souligner le bonheur qu’a été le Ristik. Félicitations aux organisateurs et aux différents collectifs présents : Delirium Sound System, La Nuit, La Singerie, Night Birds Brest, Radio Lune, Secthor West, Velizion, WestSound. 

Quant à La Nuit bravo à eux pour l’organisation de La Nuit En Rives et la foi qu’ils ont eu de se déplacer jusqu’au Ristik. Clairement l’organisation de ces deux soirs marque une étape importante dans leur progression. De fait, on a hâte de savoir ce qu’ils nous préparent dans les prochains mois.

Sur ce, à bientôt les ami(e)s pour de prochaines échappées électroniques en terre brestoise et alentour.

                                                                                                                                                                 Report By Simon


Ici vous trouverez les albums photos des deux soirs, un report vidéo de La Nuit En Rives ainsi qu’un extrait du set de Très Chouettes au Ristik Festival.  

Crédits photo et vidéo : Ørianne Pincemin pour La Nuit En Rives, Charles Bouvot pour le Ristik Festival.