Fer de lance d’une techno rugueuse et expérimentale à Brest, le collectif WestSound apparaît comme un incontournable de la scène électronique locale. Rencontre avec Julien et Charlie, respectivement, président et vice-président de l’association.


Salut les gars! Présentez-nous le collectif que ce soit au niveau de l’origine du nom, de la composition, du type de musique jouée et des endroits où vous vous produisez.

Julien : WestSound a vu le jour en juin 2013. A la base nous étions un groupe de partage de musiques électroniques sur Facebook. Un jour, Samy Beyou, producteur de dubstep et de grime, nous a soumis l’idée d’organiser une soirée. Directement nous y avons adhéré. Cela a été d’autant plus facile pour nous puisqu’un autre membre du groupe Alexandre Delanoue était président de l’association « Motiv’Ado ». Ainsi il pouvait bénéficier de la salle Roz-Valan à Bohars.

Charlie En ce qui concerne le nom du collectif nous sommes allés à l’essentiel en combinant « West » pour le positionnement géographique et « Sound » pour la musique qui provient de ce positionnement. Aujourd’hui nous sommes douze membres dont sept membres fondateurs plus cinq qui nous ont rejoint en cours de route. En-dehors des organisateurs, on compte un graphiste et dix DJs. Deux d’entre-eux jouent dubstep et drum’n’bass. Les 8 autres balayent le spectre musical de la techno et de la house.

Julien : Si nous nous sommes davantage orientés techno que bass music ou dubstep c’est notamment parce que les membres fondateurs (amateurs de bass music) étaient occupés par leurs études et n’avaient plus le temps de se consacrer à l’association. Ceci dit, nous avons entamé un virage techno industrielle, expérimentale, acid et deep en 2015 après s’être pris dans la figure les passages de « Planetary Assault System » et « Perc » à Astropolis Hiver sans oublier des warehouses sur Paris. De plus, nous avions décidé d’arrêter les soirées à Roz-Valan pour des questions d’organisation. C’est pourquoi nous avons écumé quelques bars avant d’aller au culot voir les gestionnaires de La Suite à Brest qui est une boîte de nuit. Depuis, nous organisons nos soirées dans cet établissement.

Charlie : C’est rare que nous sortions de Brest parce que d’une part nous sommes tous basés sur Brest. D’autre part, le public est très réceptif à ce que nous faisons que ce soit de la techno pure et dure ou de l’expérimentale. Toutefois nous nous exportons de temps en temps. Par exemple nous avons été invités à deux reprises à Lorient par le collectif Submarine.

L’an dernier vous avez organisé votre propre festival qui a plutôt bien fonctionné : dites-nous en plus sur celui-ci. 

Charlie : Les retours du festival ont été très bons et nous en sommes évidemment fier. Nous avons proposé un festival à la programmation cent-pour-cent française et plus ouverte que ce que l’on a l’habitude de proposer. Preuve en est, le samedi nous avons vu un nouveau public débarquer, plus jeune, et qui continue désormais à nous suivre. Néanmoins, il reste la déception liée à l’annulation d’un des deux soirs prévus au Fort du Deilec avec notamment une scène Bass Music. Pour en avoir discuté avec les artistes concernés, même s’ils étaient ravis de leur soirée dans son ensemble, eux-même étaient déçus de ne pas avoir pu y jouer au vu du lieu.

Julien : Effectivement, c’est très décevant car c’est un an de travail qui tombe à l’eau à un mois du festival. Dans les faits, on nous a demandé de revoir le service de sécurité dans les quarante-huit heures qui ont suivi la réunion technique. Chose que l’on a faîte en multipliant par deux le service de sécurité. Au final, ça a été un non catégorique et nous n’avons jamais vu les représentants après. Le maire de la commune concernée nous disait d’aller voir la sous-préfecture, la sous-préfecture nous disait d’aller voir le maire…Bref, c’était une partie de ping-pong où nous étions à la balle.

Charlie : Pour la deuxième édition, nous allons essayer de prendre notre revanche sans mauvaises intentions mais davantage se préparer autour de l’organisation, de la sécurité et surtout du lieu car c’est ce qui fait également le cachet d’une soirée réussie.

Le reste de l’année vous avez votre concept des soirées « Arcane » où vous ramenez toujours des noms pas forcément connus du grand public : concrètement c’est quoi « Arcane »? 

Charlie : Tout est dans le nom. Le terme « Arcane » désigne toute opération hermétique dont le secret ne doit être connu que des seuls initiés. Donc il y a un parallèle qui est effectué entre les artistes et leur musique qui seraient ces arcanes et le public qui vient s’y initier et qui se retrouve pour faire la fête. Plus clairement, l’objectif est de proposer un plateau avec des artistes français et un artiste étranger connu ou moins connu tout en ayant une programmation cohérente. En termes de styles musicaux nous gravitons autour de la techno industrielle, expérimentale, acid et deep. Cependant, pour la dernière Arcane nous nous sommes permis de faire venir « Shifted » et « Etapp Kyle » car on disposait d’un budget plus conséquent.

Julien : En faisant venir ces derniers ça nous a permis de montrer que l’on a pas besoin d’être une machine de guerre pour attirer des noms. Sans pour autant renier la nécessité de faire ses preuves, cela va de soi. Autant sur cette « Arcane » là on s’est fait plaisir autant sur la prochaine on compte revenir à l’idée originelle.

En décembre dernier vous collaboriez une deuxième fois avec le collectif Velizion pour proposer une soirée : Pourquoi Velizion? Comment s’est fait le rapprochement?

Julien : La collaboration s’est faîte naturellement. Les membres de Velizion sont des connaissances si ce n’est des amis et c’est autour de discussions d’after que l’idée a germé. Puis un jour nous nous sommes dit avec eux : « On pose une date pour une réunion et on voit ce que l’on peut développer ».

Charlie : Au-delà des affinités humaines, il y a également les affinités musicales qui rentrent en compte. Avec Velizion nous nous retrouvons dans les mêmes genres de techno donc forcément ça se fait naturellement comme l’a dit Julien. Par ailleurs, cette première collaboration ou nous avions invité Adam X et H880 nous avait permis de faire complet à La Suite et ainsi nous donner un coup de pouce. En effet, on stagnait un peu à ce moment là. Heureusement, le public de Velizion s’est mis à nous suivre et nous sommes repartis de plus belle.

Vous avez une soirée de prévue à La Suite le vingt-sept janvier en partenariat avec Trax Magazine : dites-nous en plus. 

Charlie : C’est une soirée différente de ce que l’on a l’habitude d’offrir. En effet, pour cet événement, on est sur un plateau qui comporte DJ Calcium alias Antoine Buffard (directeur de publication chez Trax Magazine), Cedric Sheva B2B Trafalgar de Radio Lune (autre collectif brestois) et évidemment Bambounou, DJ et producteur français salué par Laurent Garnier. Au vu des artistes programmés ça s’annonce éclectique sans être incohérent. Nous devrions avoir droit à de l’electro, de la techno, de la house.Tous les ans Trax Magazine organise des événements dans des villes de France et cette année ils ont choisi Brest pour le lancement des soirées Club Trax 2018. D’ailleurs Julien n’y est pas pour rien dans cette collaboration.

Julien : En effet, j’ai eu la chance de pouvoir effectuer un stage chez Trax Magazine. Au cours du repas de noël du magazine, Antoine Buffard parlait des villes dans lesquelles les soirées Club Trax pourraient se dérouler. Avec un coup dans le nez j’ai proposé Brest et de fil en aiguille ça s’est fait. D’ailleurs ça sent plutôt bon au vu des ventes de billets et ce sera sûrement l’occasion de rencontrer un nouveau public.

Et sinon, en dehors des soirées « Arcane », des projets de prévus pour 2018?

Julien : Un bon nombre de projets oui, dont un avec le collectif parisien MYST. Pour le reste, je ne peux pas en dire plus.

Charlie : Les événements organisés par MYST ne sont pas seulement des rassemblements autour de la musique. En effet, on y retrouve plusieurs domaines artistiques que ce soit des défilés, de la peinture, de l’écriture…D’ailleurs le caractère narratif est un élément essentiel chez  les soirées « Arcane » avec les descriptions de nos événements Facebook. Bref, c’est à peu près la seule chose que nous pouvons dire sur nos projets futurs. Dans tous les cas on a bien hâte de voir ce que va donner cette collaboration avec MYST.

Un dernier mot pour la route?

Julien : Merci à Sakatrak pour l’interview. Rendez-vous samedi 27 janvier à La Suite à Brest pour le premier Club Trax de l’année avec Bambounou. Et sinon restez aux aguets en mars, nous serons très présents. Et sans oublier la prochaine « Arcane » en juin.

Charlie : En effet, nous risquons de frapper un gros coup en mars…Alors retrouvez-nous sur Facebook pour vous tenir au courant.

 

Crédit photo : Laura Paradize           

 

                                                                                                                                                                           By Simon                                                                                                                            


 

Lien WestSound présente Club Trax Bambounou :

https://www.facebook.com/events/2028198047469725/