DJ et producteur au sein du collectif morlaisien La Menuiserie, nous sommes partis à la rencontre de M. TouNu. Il faut dire qu’avec un nom pareil, le bonhomme a de quoi susciter la curiosité.

Salut Victor, on te connaît sous le nom de scène de M. TouNu et plus récemment de V.RNN (prononcé « VERON ») : explique-nous l’origine de ces alias.

M. TouNu ça vient du film « Y a-t-il un pilote dans l’avion? » où durant une scène le pilote de l’avion demande à un enfant s’il a déjà vu un monsieur tout nu. Avec mes amis on avait décidé de sampler la proposition « monsieur tout nu » pour en faire une boucle car ça nous faisait bien rire. Suite à cela je l’ai adopté comme alias. En ce qui concerne V.RNN, c’est simple, j’ai tout simplement retiré toutes les voyelles de mon nom de famille.

Tu fais partie du collectif La Menuiserie, brièvement, quelques mots sur celui-ci?

On s’est formé il y a 4 ans. On s’est rassemblé entre amis avec l’objectif de faire quelque chose dans le milieu de la musique électronique. On a commencé par faire des soirées dans des bars et surtout dans un ancien atelier de menuiserie. D’où le nom du collectif. L’appellation La Menuiserie vient également du fait que lorsqu’on organise une soirée on apprécie pouvoir gérer tout ou presque de A à Z que ce soit le lieu, la programmation, la décoration et plus encore. En définitive, on souhaite que le public perçoive clairement notre identité.

Tu es à la fois DJ et producteur : présente-nous ta musique. 

A mes débuts sous l’alias M. TouNu j’étais orienté electronica, je cherchais encore mon identité. Suite à ma rencontre avec 3W. (DJ, producteur, photographe et directeur artistique pour les soirées « It’s » du 1988 Live Club à Rennes) sur Soundcloud, on a décidé de s’inviter mutuellement à jouer sur Rennes et Morlaix. C’est clairement lui qui m’a poussé à mélanger techno hardcore et rap en prédisant que 2016 serait l’ère de cette hybridation. Force est de constater qu’il n’avait pas forcément tort au vu de l’évolution de la scène techno qui s’ouvre aux sonorités trap notamment. De fait, je joue et produis désormais uniquement sur ce créneau là.

Avec l’alias V.RNN c’est un retour à la techno pure et dure. Ce que je joue et produis découle notamment des influences raves britanniques. De plus mes expériences en tant que DJ ou fêtard en raves et free-parties n’y sont pas pour rien non plus.

Parle-nous de tes projets passés et surtout futurs. 

Sous l’alias V.RNN je viens de sortir un EP intitulé « Boîte à outils ». Il est présent sur le label de mon collectif à savoir « Menuise Records ». Précédemment, j’ai figuré sur une compilation du groupe Casual Gabberz basé à Paris ainsi que sur le label « Post Post Cultural » situé à Bruxelles. Fin janvier j’apparaîtrai sur la compilation du collectif « Club Late Music » présent à la fois sur Paris et Londres. En parallèle je travaille sur un deuxième EP sous l’alias de M. TouNu.

En termes d’événements, nous somme en train de prospecter avec La Menuiserie pour trouver un nouveau terrain de jeu vu que le Club Coatelan à Morlaix vient de fermer. Bien évidemment on va continuer à faire des soirées. Ainsi on lorgne du côté de Rennes et son 1988 Live Club. Collectivement, on a organisé notre neuvième « Menuise Party » dans cet établissement samedi. C’était de la folie, Sergie également membre de La Menuiserie s’est éclaté avec sa guitare durant le warm up, Tiny de Velizion a offert un live tribal bien sombre, Tim Tama (DJ et producteur néerlandais), notre guest, nous a délivré un set hyper efficace et maîtrisé tandis ce que moi j’ai monter le BPM à 150 avant de redescendre à 130 et clôturer sur « Trophée » de Vald. Prochainement, le 3 février, je joue à La Suite à Brest pour la soirée « Junctiøn #3 Disco To Techno » sous l’alias de V.RNN

Pour t’avoir vu quelques fois mixer, tu passes souvent un track de rap dans ton set? Pourquoi ce choix? Au-delà du simple fait que tu aimes le rap?

L’idée c’est de venir briser la monotonie que peut parfois véhiculer la techno en raison de l’absence de paroles. Donc passer un ou plusieurs track de rap sur de la techno industrielle ou hardcore je trouve cela intéressant. En général je passe des lyrics simples, violents donc percutant. Avec le recul je trouve que le rendu est bon dans le sens où les deux types de musiques se veulent plutôt agressifs.

Le ou les artistes/tracks qui t’on fait aimer la musique électronique?

C’est intéressant de voir que dès le départ j’écoutais déjà un mélange de rap et de musique électronique. En effet avec mon pote Jacques et Edgar, à l’âge de 8 ans, on est tombé sur le disque dur de son grand-frère et il y avait le premier album de Stupeflip (album éponyme) et pas mal de sons des Kétaklak (sound-system belge). On a bien saigné la chose. A l’âge de 14 ans j’ai découvert Mr. Oizo, Bob Sinclar et David Guetta puis au lycée j’ai eu une période rock avec le grunge et surtout Pink Floyd. Puis à force d’écouter de la musique électronique, de fil en aiguille, j’ai découvert les classiques de la techno, la house, le hardcore.

Le ou les artistes/tracks que tu écoutes le plus en ce moment? 

Sentimental Rave, une DJ parisienne que l’on a invité lors d’une soirée au P’tit Minou à Brest. J’ai été subjugué par la violence de sa musique et la technique de son mix. J’adore ce que font les gars de Casual Gabberz également. Les gimmicks et lyrics qu’ils parviennent à placer dans leurs sons j’en suis fan. Il y a également les sorties des labels Round, Grounded et Raven Sight que je suis attentivement.

Sinon, j’écoute énormément de rap. Je pense directement à Booba avec « Nero Nemesis » et « Trône » mais encore Damso et son album « Batterie Faible ».

Ton track favori pour débuter un set?

Je commence généralement par la boucle prise sur « Y-a-t’il un pilote de l’avion? » et j’enchaîne directement sur un son fracassant.

Ton track favori pour clôturer un set? 

Quand je joue techno j’aime bien finir sur un son un peu débile type Beny Bennassi avec « Satisfaction » ou un remix de « B.O.C » de Niska par Von Bikräv. Plus violemment, je monte le BPM à fond histoire que ça devienne impossible de danser et que le public comprenne que c’est la fin. Quand c’est comme ça, soit il est dégoûté soit il fait n’importe quoi [rires].

Un dernier mot pour la route?

Merci Sakatrak pour l’interview. Retrouvez La Menuiserie et moi sur Facebook et Soundcloud. Pour finir, prenez soin de vous, la santé c’est important!

Liens :

https://www.facebook.com/menuise/?ref=br_rs

https://www.facebook.com/M.TouNu/

https://www.facebook.com/VRNNtechno/

                                                                                                                                                  By Simon