Samedi 2 décembre Sakatrak a choisi d’envoyer l’un de ses correspondants brestois couvrir l’Astroclub, soirée à la programmation alléchante, organisée dans la fameuse Carène par Astropolis. Il vous livre son verdict après des jours de réflexion.

22h45. Voilà que je me présente devant la Carène. De l’extérieur on entend déjà vrombir les basses, de quoi se revigorer après une descente au pas-de-course du centre-ville. En face, sur le parking, on entend également des caissons installés cracher de la grosse techno, une habitude me direz-vous. De fait, la tentation d’aller y tendre une oreille d’un peu plus près est grande mais heureusement la pluie aura raison de celle-ci et votre serviteur s’en va se réchauffer à l’intérieur.
Première bière de la soirée empoignée, je me dirige de manière lente et curieuse assister à la prestation de POING, signé sur le label maison de la salle de spectacle, Karen Koltrane. Une cinquantaine de personnes assistent à un live expérimental qui ne décolle réellement qu’au bout de 30 minutes. Pendant que certains, prétextant l’ennui, partent boire un verre ou fumer une cigarette, les plus chanceux reçoivent quant à eux une explosion croissante de techno-house dans les oreilles. Le jeu en valait donc bien la chandelle. Armé de ses appareils modulaires et de son Mac, Poing nous aura fait voyager. Un voyage dans lequel tout un chacun a pu se retrouver et qui a vu le nombre de ses participants augmenter.

23h35. A mon tour de retourner au bar puis de se rendre au coin fumeur pour constater que la soirée va bel et bien être complète. Pas le temps de finir sa clope que les premiers sons modulaires de DNGLS résonnent. Retour rapide dans la salle, du monde, beaucoup de monde, qui danse au pas d’un son incisif et hypnotique. Aux manettes DNGLS a.k.a Maximes Dangles nous dévoile son projet live sombre, discordant et subtil. Pilotant avec dextérité son imposante structure modulaire, l’homme semble en symbiose avec la machine. Rajoutons à cela une salle plongée dans l’obscurité et le combo s’avère très efficace. Dire que le pari était gagné d’avance n’est pas exagéré tant il avait impressionné la cour de Keroual en juin 2016 avec ce même format musical.

Crédit photo : Emeline Uguen

0h40. Fin du live. 20 minutes de battements sont prévues avant l’arrivée de la tête d’affiche de la soirée : Rone signé sur le label Infiné Music. Minutes pendant lesquelles j’ai pu rencontrer au comptoir un type m’enseignant sa technique secrète pour se faire servir rapidement : ne jamais lâcher du regard la serveuse ou le serveur. Je joue au profane, m’en vais et souris me disant qu’on est à Brest et que les piliers de comptoir y sont légion.

Bref, il est l’heure d’aller voir l’un des fidèles d’Astropolis (tous ceux l’ayant vu à Fortress en 2012 en gardent un souvenir mémorable). Dans une salle bondée, je me fraie un chemin à travers la foule pour mieux profiter de la superbe scénographie mise en place. Scénographie à l’image de la magnifique pochette de l’album Mirapolis signé Michel Gondry. Sur scène des maquettes de gratte-ciel sont disposées çà et là et se trouvent illuminées par un jeu de lumières noir et blanc.
Au centre trône Rone et ses machines, le personnage est rapidement identifiable par son jeu de scène. L’artiste est en trance pour nous livrer le gros de la soirée. N’y allons pas par quatre chemins, la transposition live de son troisième album est une réussite. Des basses tantôt planantes tantôt écrasantes se mêlent à des envolées mélodieuses de haute volée. Le public est conquis, ça danse dans tous les sens, ça hurle de joie, de grands sourires se dessinent sur les visages. Au-delà de la performance artistique servie, on se rappelle que le public brestois est certainement l’un des plus bouillants de France. Le spectacle est tout autant impressionnant vu des balcons et lorsque l’homme à la marinière balance le titre « Brest » c’est toute la salle qui s’embrase.

Crédit photo : Emeline Uguen

2h15. Fin de la prestation, tout le monde en veut plus mais il faut laisser place à un back-to-back intéressant entre Blutch et son univers onirique et Maximes Dangles et sa techno froide et envoûtante. Durant 1h15 les deux compères offrent un set mélangeant à la fois techno et house qui conquit une bonne partie du public. Sur scène, Blutch et Dangles s’amusent et se lâchent : parfois pour le très bon, parfois pour le moins bon. C’est ainsi que certains fêtards quitteront la salle avant la clôture arguant un manque de techno pure et dure. La clôture, justement, parlons-en puisque les deux DJ mettent un clap de fin sur un remix de « Burnin’ » des Daft Punk.

Certains affirmeront que ça manque d’originalité, d’autres diront que ça ne fait jamais de mal d’entendre du Daft Punk au cours d’un set. Quoi qu’il en soit chez Sakatrak on a apprécié la soirée à sa juste valeur, à savoir une soirée où la techno, la house, l’électro et l’expérimentale se sont côtoyées de façon cohérente.

Sur ce, à bientôt les amis pour de nouvelles échappées électroniques en terre brestoise et alentour.

By Simon