L’année dernière, PWFM s’était lancé avec succès dans l’aventure du vinyle avec PWFM001, qui mettait en avant des producteurs sélectionnées par les auditeurs. L’expérience ayant été concluante, son petit frère PWFM002 voit le jour ce lundi 9 octobre.

Parmi les 6 recrues de cette édition 2017 on retrouve Predacid, Strasbourgeois passé du hardcore à l’acid techno ! On vous laisse avec notre interview du producteur, et on vous laisse écouter en avant-première la track qu’il présentera sur le vinyle.

Hello ! Comment tu vas ? Excité d’être sur le vinyle PWFM ?

Hello, ça va très bien merci ! Très excité oui ! Quand je m’étais inscrit au concours RECORD002 je n’aurais jamais imaginé avoir la chance de faire partie des 6 artistes gagnants, c’était une très grande surprise de voir mon nom s’afficher au moment de l’annonce des résultats. Ce vinyle est ma première sortie, je suis donc très honoré de faire partie de ce projet.

Tu peux te présenter ?

Je m’appelle David, j’ai 21 ans, et je suis originaire de la région de Strasbourg. À côté de la musique je fais des études de communication/évènementiel, et je fais partie d’un collectif (TPN) qui organise des soirées techno sur Strasbourg et ses environs.

Comment es-tu arrivé à la musique électronique ?

Alors j’ai commencé la musique assez tôt (vers l’âge de 12 ans), mais je jouais de la guitare électrique à l’époque. C’est vers mes 18 ans, avec mes amis du lycée, que j’ai commencé à fréquenter le milieu des rave parties et autres soirées électroniques, et c’est à cette période-là que je me suis découvert une passion pour l’acid techno. Au fil des soirées et des rencontres, j’ai commencé à mixer, et ce n’est qu’un an après (fin 2015), lassé par le mix et voulant créer ma propre musique, que j’ai acheté mes premières machines et me suis mis à produire.

Tu viens de Strasbourg ; tu peux nous parler de la scène électronique là-bas ?

En comparaison à d’autres « grandes » villes, Strasbourg n’est à première vue pas forcément une ville qu’on pourrait qualifier de très active sur la scène électronique, mais il y a tout de même de quoi faire si on connait les bonnes adresses. La Laiterie est l’endroit le plus important et influent, mais il y a d’autres grandes salles comme le Molodoï ou le Studio Saglio qui font régulièrement venir de gros artistes.

Il y a également quelques petits endroits très sympas, plus axés sur les artistes locaux, tels que la Kulture, le Mudd Club, ou encore l’Elastic Bar (mon favori, dans lequel j’ai souvent l’occasion de jouer, et qui propose des choses très variées allant de la techno à la dubstep, en passant par le hardcore ou même la trance). Beaucoup de petits collectifs se démènent pour faire bouger les choses et proposer des soirées de qualité dans ces différents lieux.

Comment décrirais-tu ta musique ?

Au tout début, j’étais très axé acidcore/acid mental, je tournais autour des 150-160 bpm, dans une ambiance assez lourde et sombre. Mais très rapidement, je me suis adouci et me suis pleinement trouvé dans un style bien plus mélodique (c’est à cette période-là que j’ai fait Astral Communion). Si je devais décrire ce que je fais aujourd’hui je dirais que c’est un mélange d’acid, de house, et de techno.

Quelles sont tes influences majeures ?

Mes influences sont multiples et pas forcément uniquement électroniques. J’écoute beaucoup de house, de deep, de techno, d’acid, de hardcore mais aussi pas mal de rap, de dub, ou même de reggae. Si je devais citer des artistes qui m’inspirent, je dirais probablement Paul Kalkbrenner, Jacidorex, le label Hungry Music, Kölsch ou même Stand High Patrol.

Comment tu composes ?

Je compose uniquement sur mes machines, je n’utilise aucun logiciel. Habituellement, je commence par faire tourner une rythmique basique sur ma boîte à rythmes, sur laquelle je vais essayer de composer une nappe mélodique au synthé. C’est sur cette base que vont ensuite me venir les leads, les acidulés, les arrangements, etc… D’autres fois, ça peut venir d’une envie, une idée précise (comme pour Ieva ou Hallows), à partir de laquelle je vais essayer de créer un univers.

L’inspiration t’es venue d’où pour Astral Communion ?

Comme je l’ai dit un peu plus tôt, je sortais d’une période où je faisais surtout de l’acidcore, et Astral Communion a été mon premier projet plus soft. J’avais dans l’idée de garder le même type de structure, de fil conducteur que j’utilisais pour le core, mais en piochant dans les univers plus mélodiques de la house et de la techno, pour en faire une sorte de track « hybride ». Pour la petite anecdote, le nom de la track est tiré de l’univers de Warcraft (et plus particulièrement de la carte éponyme dans le jeu Hearthstone). J’y jouais beaucoup à l’époque, et je trouve que ce nom-là symbolisait bien l’ambiance spatiale, lunaire de la track.

Pourquoi uniquement sur machines ? Il y a une « revendication » derrière ou c’est par habitude ?

On me pose souvent cette question, et c’est vrai que ça peut paraître un peu étrange à l’époque de tous ces logiciels que l’on peut avoir à disposition, et de tout ce qu’ils peuvent nous offrir en termes de possibilités et de flexibilité. Mais non, rien à voir avec une question de revendication ! C’est effectivement surtout une question d’habitude et de confort : c’est un réel plaisir à mes yeux de jouer sur de vrais instruments, je trouve ça beaucoup plus intuitif, agréable et naturel qu’un ordinateur. Je n’ai jamais eu la patience d’apprendre à me servir d’un logiciel, je trouve ça rébarbatif. Les machines peuvent paraître limitées, mais je ne trouve pas ça nécessairement négatif, au contraire : les limites sont une bonne chose à mes yeux car elles permettent de se focaliser sur la création. Après, je ne suis pas non plus fermé à l’utilisation de logiciels, et il se peut que je finisse moi aussi par passer par l’un d’entre eux pour produire mes tracks, mais je reste tout de même très attaché au confort et à la simplicité du jeu sur machines.

Ton EP de l’été ?

Mon EP de l’été c’est Quartzite de Kosco, sorti en mai chez Way of House. J’ai découvert cet artiste dans un mix de Joris Delacroix, avec la track Drawn, et je suis instantanément tombé amoureux de son univers musical. Gros coup de cœur pour ma part, si vous aimez la deep house je vous conseille d’aller voir ce qu’il fait, ça vaut le détour.

C’est quoi le futur pour Predacid ?

Maintenant que les vacances sont terminées, je prévois de me remettre sérieusement à la production, et pourquoi pas sortir un EP d’ici 2018. Un autre projet qui me tient à cœur, et que j’aimerais concrétiser à moyen terme, serait de construire un live machine et ainsi pouvoir proposer de vraies performances live sur scène, plutôt que de mixer. En attendant, dans un futur proche, mes deux prochaines dates sont le samedi 28 octobre à La Folie à Paris, à l’occasion de la sortie du vinyle PWFM, et le samedi 18 novembre à L’Elastic Bar à Strasbourg, pour la prochaine soirée de mon collectif, TPN.

PWFM002, disponible le 9 octobre sur Juno.