Le festival Dream Nation, dont on vous a déjà parlé par ici, organise ce samedi 23 septembre l’after officiel de la Techno Parade aux Docks de Paris. Et ce avec pas moins de 4 stages : une techno, une trance, une bass music et une hard beat. Et chacune d’elles aura des ambassadeurs de grande envergure : Derrick May pour la techno, Lenny Dee pour le hardcore, Andy C en drum’n’bass ou encore Juno Reactor côté trance. Les patrons de la scène française seront également de la partie, avec Manu le Malin, Emmanuel Top ou encore Electric Rescue.

C’est Electric Rescue, pionnier de la rave française qui sera présent sur la scène Techno samedi, qui a répondu à notre désormais classique interview musicale, pimpée pour l’occasion avec des questions spéciales. Vous pouvez retrouver toutes les infos du festival ainsi que le line-up complet sur l’event Facebook.


Le son que tu pourrais écouter dans n’importe quelle situation

Il y en a beaucoup trop, et ça serait plutôt dans l’electronica que dans la techno d’ailleurs. En premier, bien sûr Radiohead, mais aussi Apparat ou Moderat, du Autechre… Du côté plus techno, la mélancholie de Inigo Kennedy. Tiens, on va mettre Voyager d’Inigo Kennedy sur Token Records.


Le son qui pour toi va chauffer la salle à coup sûr. C’est quoi la date que tu as le plus apprécié récemment ?

Il y en a plusieurs et cela dépend aussi de l’endroit, du moment : un morceau peut tout faire chavirer dans un endroit et passer inaperçu dans un autre. On ne peut répondre à cette question qu’à un instant donné en fait. Il n’existe pas de morceau qui fasse basculer une salle à coup sûr, il n’y a que des DJs qui passent des morceaux au bon moment. La date culminante de l’année est souvent Astropolis pour de multiples raisons : déjà j’y suis résident, donc j’ai la chance d’y être chaque année, et il est rare que je tombe sur un endroit qui rassemble tous ces ingrédients propices à la rave.

Tiens allez en ce moment il y en a un qui fait le taff facilement, et en plus j’ai la chance d’en être le compositeur à 50 %.


Le titre dont tu es le plus fier sur Skryptöm. Il y a des sorties à venir ?

Ouh la !! Là je vais un peu enfoncer une porte ouverte, mais je dirais tous. Si je ne suis pas fier d’un track il ne sort pas ! Après, il y a des morceaux qui marquent plus l’histoire du label que d’autres… Mais vraiment, j’aime tous mes artistes et je ne voudrais pas en froisser en n’en citant que quelques-uns, ce n’est pas mon genre. Skryptöm est une famille, et tout le monde est au même niveau ; même si certains sortent plus de trucs que d’autres, chacun est considéré de la même manière. Il y en a certains avec qui il y a plus d’échanges pour diverses raisons, mais tout ceci sans malaise. Chaque artiste vient et prend ce dont il a besoin (et ce que je peux leur donner aussi). Le 22 septembre sort le premier album de Kmyle, puis arrivent des EPs de WLDERZ + PäR GRINDVIK, de MAXIME DANGLES + ANTIGONE et un autre avec MOTEKA + un remixeur que nous sommes en train de chercher. On va donc prendre ici la balouze dance floor à venir sur l’album de Kmyle.


Le son emblématique des premières raves. C’est une époque que tu regrettes ? Tu es enthousiaste de la nouvelle scène ?

Je ne regrette rien du tout, je ne suis pas nostalgique ! Chaque époque a ses bons et mauvais côtés, et l’époque actuelle est extrêmement riche et intéressante, tout comme l’étaient les années 90. Il faut trouver des aspects positifs dans chaque chose. J’ai adoré les 90s et j’adore la période actuelle et son abondance : même s’il faut musicalement faire plus de tri, c’est une lutte, une recherche différente de celle des 90s. Ça me plaît. L’emblème de la rave pour moi :


Le son qui t’a fait aimer la techno

La bonne techno qui se dédouane du carcan de l’industrie de la musique, et qui pense à l’artistique uniquement. La sincérité et ça se sent direct. Allez easy : Laurent Garnier – Acid Eiffel (victoire de la musique 1998 lol, ça n’arrivera plus jamais)


Le son qui te réveille le matin

La voix de mon fils et celle de ma femme, tu as vu comme je suis fleur bleue, ça craint hein ! Sinon ça pourrait être ça : un bon James Brown pour entamer une belle journée.


Le son de Möd3rn que tu préfères

L’atmosphère globale et son évolution me plaisent ; il va y avoir encore du changement dans Möd3rn bientôt, on cogite. Mais chacune des sorties a quelque chose à transmettre, tu me demandes quel membre de mon corps je préfèrerais garder, bah tous !! Allez, un des derniers sur l’album alors :


La dernière trouvaille auditive que tu as faite et dont tu ne te lasses pas

Un bon Oisel sur le label de TWR72, Float Records, mais je pourrais faire une énorme liste de tracks. Je suis DJ en fait, donc j’aime bien partager pleiiiiiiiiiiiin de tracks ! Mais bon, on va dire celui là :


Le son parfait pour le closing d’une soirée

On en revient à ta première question finalement, le bon morceau au bon moment ! Je vais lâcher une petite référence, un classique facile, le classique le plus facile qui existe en techno même… Mais il y en a tellement d’autres :


Si tu devais faire écouter un son à ton fils pour lui expliquer la techno. Comment il aborde ce mouvement dont tu as été un des pionniers en France ?

Mon fils est déjà pas mal calé en techno [rires]. Il me fait délirer, il kiffe Manu le Malin, Kmyle, Depeche Mode, Maxime Dangles, et la musique de son papa (il est hyper diplomate cet enfant) ! Bon il aime aussi des trucs de merde, forcément il a 7 ans. Mais je veille au grain, je lui propose pas mal de trucs quand je peux. En tout cas, quand on rentre dans la voiture, il me dit souvent, « papa, tu me mets de la techno ? ». Je pense que vous vous doutez bien de ce qu’il se passe dans ma tête !

Pour l’instant il ne capte pas encore trop mon parcours, il a compris que je faisais des dates importantes avec beaucoup de monde, et il m’arrive de lui montrer des vidéos. Je l’ai même emmené à un soundcheck un jour, mais pour l’instant je préfère le laisser le plus à l’écart possible de tout cela, car les paillettes floutent la réalité : toute cette vie est facile, et je veux qu’il prenne les bonnes bases de vie avant de se retrouver face à ce milieu. Pour l’instant, je lui montre le côté artistique, ludique et amical de la techno, ça suffit. Il prendra ce qu’il veut prendre et s’il veut prendre. S’il me dit « papa, la techno c’est moche, je veux faire autre chose » et qu’il fait ce qu’il veut et qu’il est heureux avec alors je serais le plus heureux. En tout cas, si je devais lui résumer la techno en un track ça serait ça :

 

Festival Dream Nation, du 22 au 24 septembre à Paris. Plus d’informations sur notre article consacré au festival, et sur leur site internet.
L’after Techno Parade, le samedi 23 septembre de 20h à 6h. Event Facebook – billetterie.