Il y a quelques semaines, Citizen Kain a présenté pour la première fois son Live batterie au Panoramas Festival ; il nous parle aujourd’hui plus en détails de ce projet, et aussi de ceux à venir.

Hello Citizen Kain ! Pour commencer comment vas-tu ?

Tout va pour le mieux, il fait chaud, il fait beau, même si je n’ai pas beaucoup le temps d’en profiter, c’est quand même cool de regarder par la fenêtre du studio et voir le soleil, c’est le genre de petit détail qui me donne la pêche et m’aide à trouver l’inspiration quand je compose.

Le 7 avril, tu participais à la grande fête du Panoramas Festival, et ton Live a fait un énorme carton ! Raconte-nous ton expérience !

On peut dire que ça a été une expérience plutôt stressante, déjà parce que c’était la première de ce projet, il y avait beaucoup de monde présent et le fait d’être accompagné par un batteur n’est pas une chose techniquement simple, d’autant plus qu’on a eu quelques problèmes pendant le soundcheck qui m’ont un peu fait paniquer. Mais au final, ça a été une expérience incroyable. Le public était super réceptif, on a donné tout ce qu’on pouvait et ce fut une belle récompense que de faire cette première à Panoramas et de voir les gens déchainés après les nombreuses journées qu’on a passé enfermés à se préparer.

Comment s’est déroulée cette collaboration ?

En fait, Anthony, mon batteur était au départ … Mon coiffeur [rires] ! On parlait souvent de musique pendant qu’il me coupait les cheveux ; c’est lors d’une de ces discussions que j’ai su qu’il jouait de la batterie. Je lui ai fais part de ce projet live qui trottait dans ma tête depuis un bon moment ; je lui ai dit que j’avais envie de faire quelque chose d’un peu différent d’un simple live machine, que je souhaitais intégrer des instruments (en particulier une batterie). Il m’a dit qu’il adorerait faire un essai et tout est parti de là … Ça n’a pas été facile au départ car il vient du Rock, il lui a fallu un peu de temps pour comprendre ce que je voulais, particulièrement que sa façon de jouer soit hypnotique et non pas dispersée (avec des roulements de caisse claire et coup de cymbales dans tous les sens) comme c’est le souvent le cas dans le Rock. Après quelques répétitions, on a trouvé notre voie et on a appris à se comprendre et se compléter.

Performer en live avec un batteur avec autant de réussite doit surement te donner des envies d’encore plus ! Envisages-tu à l’avenir de jouer ton live avec d’autres artistes ?

Oui effectivement, d’autant plus que j’ai commencé à faire de la musique en jouant dans des groupes, c’est donc quelque chose qui me paraît assez évident dans l’évolution de ma carrière. Je pense que ça ne sera pas pour tout de suite car il me paraît difficile d’intégrer un saxo, un piano ou une guitare par exemple dans mon style actuel, mais je sais que ma musique changera encore avec le temps. Peut être qu’un jour, en vieillissant [rires], je me dirigerai vers une musique plus calme, moins basée sur le rythme, où justement il sera plus facile de jouer accompagné d’instruments.

En tant que producteur, quels sont tes prochaines releases à venir ?

Je viens de sortir pas mal de nouveaux EPs et remixes à la suite, ce que généralement je n’aime pas trop faire car je préfère laisser un peu d’espace entre chaque release afin de ne pas soûler les auditeurs… Du coup, ça va être un peu plus calme ces prochains temps. Mais je suis en train de préparer de nouveaux morceaux avec mon ami Kiko que nous proposerons très prochainement aux labels avec qui nous travaillons actuellement régulièrement, c’est à dire Noir Music, Suara et Stil Vor Talent. Deux remixes sortiront entre temps pour Oscar Aguilera et Stab Virus, un duo Sud Africain signé chez Suara qui est train de se faire un joli nom.

J’ai aussi beaucoup de morceaux que je n’ai pas sortis et que je ne proposerai pas dans l’immédiat : je veux les accumuler afin de former un album, sans pouvoir actuellement définir une date de sortie … Je le ferai quand je sentirai que j’aurai la bonne matière même si ça doit prendre du temps.

Quels en ont été les motivations ?

Ce projet live était juste la suite logique des choses … J’adore jouer en tant que DJ mais j’avais aussi envie de trouver une façon de présenter ma propre musique lors de concerts et de pouvoir le faire autrement que sur un support enregistré.

Tu diriges le label Neverending Records avec Phuture Traxx et Meda, avec la volonté d’être une plateforme de libre expression musicale. Comment sont faits vos choix artistiques ? Avez-vous une vision sur le long terme, ou êtes-vous guidés uniquement par les émotions ?

Non, nous n’avons pas vraiment de vision à long terme, nos sorties ne sont pas régulières, nous sortons nos maxis en fonctions des coups de cœur que nous avons et aussi beaucoup au gré des rencontres. La plupart des artistes signés sur Neverending sont des amis ou des gens que nous avons rencontrés au cours de prestations et avec qui nous avons eu des affinités soit artistiques, soit humaines ou les deux.

Quels sont les projets futurs pour ton label ? Des releases à venir ?

Nous n’avons pas beaucoup de nouvelles releases prévues dans un futur proche, exceptée une qui sera produite par mes soins et une autre par Meda. Le temps me manque en ce moment et j’ai un peu de mal à m’occuper aussi bien qu’avant du label, d’aller chercher la petite démo qui fera la différence, etc… C’est pourquoi il tourne un peu au ralenti ces derniers temps, mais je compte bien corriger ça après cet été.

Pour finir, en tant qu’artiste français, comment juges-tu l’évolution de la musique électronique et plus particulièrement de la Techno en France ?

Je crois que la scène électronique se porte plutôt bien en France, bon nombre d’artistes français se sont forgés une solide réputation et réussissent à s’exporter. La Techno est vraiment rentrée dans les mœurs : on ne nous voit plus comme une minorité, c’est devenu un courant musical a part entière, on s’est sévèrement battu pour ça et ça fait plaisir d’être toujours là pour voir le résultat. D’un point de vue technique, les machines et les nouvelles technologies de production nous ont permis de faire évoluer cette musique ; les possibilités sont désormais infinies, la limite n’est plus que notre imagination…

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