Entres deux dates et avant de jouer aux Nuits Fauves aux côtés d’Extrawelt, le producteur et DJ français Remcord nous a fait l’honneur d’enregistrer une version live de son morceau Sura, sorti l’année dernière sur Atmosphere Records. Il a aussi répondu à nos questions ; l’interview est à retrouver ci-dessous.

Comment ça se passe pour toi en ce moment ? Tu tournes pas mal sur Paris depuis quelques mois, avec des dates au Rex et bientôt aux Nuits Fauves aux côtés d’Extrawelt et de Marc Houle, dans quel état d’esprit es-tu ?

Bonjour, tout d’abord je voudrais vous remercier pour l’intérêt que vous portez pour ma musique et ma façon de l’aborder. En effet j’ai le plaisir de jouer plus régulièrement en France ces derniers mois, et notamment à Paris. Je dois vous avouer que j’en suis ravi ! J’ai vraiment beaucoup de chance de pouvoir me produire sur la scène internationale depuis quelques années et c’est toujours un plaisir de découvrir d’autres cultures, mais cela me rendait triste de ne pas pouvoir m’exprimer dans mon propre pays. Et on ne va pas se mentir c’est quand même plus pratique, quand on doit se déplacer avec un set up live, de prendre le train.

Quelles sont les raisons qui t’ont poussées vers la musique électronique plutôt que la musique acoustique ?

J’ai commencé, comme beaucoup d’entre nous, par la musique acoustique et un jour on m’a fait découvrir Poker Flat, Perlon. J’ai revu mes préjugés sur la musique électronique. Et puis Kompakt et Cocoon. Ok… j’ai revendu une partie de ma batterie et j’ai acheté une MPC et des CDJ800, puis des MK2 !

Comme tout producteur tu as des inspirations et des “mentors”, qui influencent aujourd’hui ta façon de composer. Qui seraient, à tes yeux, les artistes ayant fait le plus évoluer ta conception de la musique électronique ?

Sans aucune hésitation : Extrawelt et Super Flu, pour deux raisons bien différentes. Les premiers car ils ont une façon d’écrire la musique qui me fascine. Les histoires qu’ils racontent dans leurs compositions me touchent énormément. Les deuxièmes pour leur groove et leur façon d’embellir la musique électronique en lui apportant la chaleur et la douceur des sonorités organiques. Mais je n’oublie pas aussi mes amis Burst, Demond, Stephan Helmke ou bien mon cousin Fabrice, eux aussi ont grandement participé à l’évolution de ma conception de la musique électronique.

Même s’il t’arrive de faire les deux, pourquoi avoir fait le choix de jouer davantage en Live qu’en DJ Set ?

Bon, c’est peux être pas le choix le plus simple, mais j’aime l’idée de pouvoir réinventer mes propres tracks et pouvoir les présenter à chaque fois dans une version différente. J’essaye de me laisser pour cela le plus de place possible pour l’improvisation. C’est super flippant car cela demande une grande concentration mais c’est tellement excitant !

Si tu devais choisir une salle et un line up, où jouerais-tu et avec qui ?

Question pas facile … Je dirais “Wilde Renate” (Berlin), j’ai le souvenir d’un sentiment de communion et de partage dans cet endroit, j’avais vraiment pris mon pied à jouer dans ce lieu. Comme à la maison en mieux. Le genre d’endroit où tu vas juste pour boire un Club mate et tu ressors 12 heures plus tard ! Pour le line up : Extrawelt / Minilogue & Matthew Jonhson / Redshape. Le problème : où va-t-on mettre tous ces synths !

Tu fais partie de l’équipe Sweet Melodic depuis maintenant quelques mois, que t’ont-ils apporté et qu’est-ce qui t’as poussé à les rejoindre ?

En 10 ans de musique électronique je n’ai (malheureusement) que très rarement rencontré en France des gens avec l’ouverture d’esprit de Sweet Melodic et de leurs 2 fondateurs, Nino & Julien. Pour moi c’est essentiel. La musique et l’art en général sont avant tout un plaisir personnel, une passion. Mais quand on souhaite la partager c’est génial de tomber sur des crew comme ça ! Cela rend la musique électronique tellement plus humaine. Cela m’attriste souvent le côté un peu individualiste dans la musique électronique… Et Sweet Melodic c’est tout l’inverse ! Merci les gars pour ça !!

En dehors de Sweet, as-tu des projets qui te tiennent à cœur dont tu voudrais nous parler (musicaux ou non) ?

Bien sûr, je compose pour d’autres projets, mais j’aimerais vous parler d’un en particulier : NOMO (le site web par ici). C’est un projet qu’on a commencé il y a maintenant 1 an et demi avec mon ami Stefan Helmke (Hanne & Lore). Tout est partie d’une jam analogique à Berlin suivie de l’avant-première de I Dream of Wires et de la performance de Morton Subotnick, puis d’une autre jam toute la nuit. Et une envie nous a animés : sortir notre projet sur vinyle, sans Facebook, sans SoundCloud, sans nommer les tracks, sans mettre nos noms… Juste la musique et un thème précis : les abysses ! C’est donc tout naturellement qu’on a opté pour NOMO, en référence au capitaine Némo mais aussi pour la contraction de “Nothing more” (rien d’autre). Techno ou ambient, mais à chaque fois avec la même idée en tête, les profondeurs sous-marines et leurs ambiances ! C’est aussi tout naturellement qu’on n’a décidé de rendre à la mer ce qu’on lui a emprunté et de reverser les bénéfices de la vente des disques à “Ocean Care”. On est fier car on en est aujourd’hui à notre 5ème sortie.

Quelles sont les prochaines étapes pour toi dans ton épanouissement en tant que musicien ? As-tu un objectif particulier (long terme ou court terme) ?

Je suis vraiment épanoui, je fais de la musique tous les jours, j’explore, je partage et j’apprends sans arrêt. Je peux difficilement me plaindre ! Mon objectif est de vivre le plus longtemps possible de ma passion, c’est une chance incroyable…

Enfin, si tu devais produire un son en collaboration avec l’artiste de ton choix, qui serait-il ?

J’adore les collaborations ! Donc c’est toujours un plaisir pour moi. Mais si je devais n’en retenir qu’un je dirais peut-être Mathew Jonson, car j’aime son workflow et son studio est dingue !!

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