Bonjour Melokolektiv, c’est un très grand plaisir pour toute l’équipe Sakatrak de pouvoir te poser quelques questions.
Pour commencer, comment vas tu ?

Écoute tout va bien, je te réponds depuis l’ aéroport de Marseille, il est 5h du matin mais le moral est bon. Je suis actuellement en route pour Copenhague où je joue ce week end en compagnie de mon ami Nandu, Kasper Bjork et Matt Karmil !

Prochainement, un remix pour Brexit Jazz que tu as réalisé avec tes proches Konvex and The Shadow sera released sur le label Compost Records. Que peux tu nous dire sur ce track?

Je suis très excité par cette sortie à venir. Compost est l’un de mes labels préférés depuis très longtemps. Je l’avais découvert via le remix de Carl Craig pour Beanfield. Une merveille.
Nous avons remixé « Brexit Jazz », le groupe de l’un des fondateurs de Compost. Le morceau original était purement jazz et nous avons décidé de le revisiter en morceau club. J’aime ce genre de challenge, ca nous change des remixes dits « classiques ». Les parties originales nous ont beaucoup inspirées et nous avons décidé de faire un morceau brut, radical composé d’une longue partie d’introduction et d’une seconde partie plus brutale.

Comment s’articule la production entre vous ? Avez vous des rôles bien définis?

On commence à très bien se connaitre avec Konvex & the Shadow. Cela va faire maintenant 3 ans que nous collaborons ensemble mais lors de chaque projet le processus change. Généralement, il travaille la composition et je m’occupe de l’arrangement et du sound design. La plus part du temps nous travaillons à distance mais il nous est parfois arrivé de nous réunir en studio. Ce fut le cas notamment pour la création notre dernier EP collaboratif où nous avions travaillé à Berlin chez Riverside studio, le studio de notre ami Craig Walker. Konvex & the Shadow est plus expérimenté que moi et sur chaque collaboration j’apprends énormément et je pense que lui aussi, c’est très enrichissant. Je ne collabore pas pour aller plus vite ou pour avoir quelqu’un qui fasse le travail à ma place mais parce que je veux échanger et m’améliorer.

Il y a peu, tu partageais à nos confrères de Constant Circle que tu prends en ce moment des cours de composition musicale, d’arrangement et de mix.
Ressens-tu les effets bénéfiques de cette quête d’apprentissage continu qui semble te caractériser ?

En effet, je prends régulièrement des cours avec Roderic Mégé aka « Rodéol » à Montpellier.
Roderic a travaillé pour les meilleures maisons de disques en tant qu’ingénieur du son et compositeur. Il en connait un rayon!
Avec lui j’apprends à améliorer mes mixes, mon sound design mais aussi et surtout mon processus de composition et d’arrangement.
Ce n’est pas facile mais ces cours m’aident à libérer mon potentiel créatif. Alors qu’auparavant je pouvais manquer d’inspiration et être bloqué sur un morceau pendant des jours, désormais mon processus est plus libre et progressivement je me débarrasse du superflu pour me concentrer sur ce qui est le plus important : les émotions.
Roderic m’a ouvert de nouvelles perspectives et je conseille à tout le monde de consulter quelqu’un comme lui.

Selon toi, quelles sont les qualités que doit posséder un producteur de musique électronique ?

Pour ma part, je pars avec plusieurs handicaps notamment parce que je ne suis pas musicien. Néanmoins je pense qu’en étant travailleur et persévérant, tout le monde peut arriver à faire de la musique intéressante. Il faut aussi aimer apprendre et être assez critique envers soit même pour progresser rapidement.

Habitué des Dj Sets, as-tu l’envie de jouer ta musique en live un jour ?

J’ai fait du live avec mon ancien coéquipier il y a deux ans mais depuis notre séparation je suis resté concentré sur le dj set où j’ai fait d’énormes progrès. J’attendais d’avoir quelques morceaux vraiment dancefloor pour refaire un live.
Je pense que d’ici la fin de l’année je serais prêt pour en présenter un nouveau.

Aujourd’hui, quel artiste influence ta musique ?

J’écoute énormément de musique tous les jours, j’ai donc beaucoup d’artistes références. Si je devais citer les essentiels je dirais Laurent Garnier, Franck Widemann, Patrice Baumel ou encore Rampa et Orson Wells. Je dois dire aussi que la musique de Nandu et de Konvex & the Shadow m’influence beaucoup.

Producteur, mais aussi patron du label Azzur, tu prépares en ce moment un showcase qui aura lieu au Sisyphos à Berlin en juin.
Comment s’organise cette phase de préparation pour toi en tant que boss du label?

Le Sisyphos est de loin notre club préféré avec le crew. L’ambiance, le sound system, le public, tout est fantastique. On ne rêve pas d’endroit plus parfait pour jouer notre musique.
Niveau organisation c’est assez simple, que du fun !

Quels sont les projets les plus fous que tu aimerais réaliser avec Azzur?

Avec Konvex & The Shadow nous aimerions un jour faire un live band avec nos chanteurs et Roderic à la batterie.
J’aimerais aussi accueillir plus d’artistes venant d’horizons différents du nôtre. Pourquoi pas sortir un jour un album de jazz ou de rap ! Avec AZZUR nous n’avons aucune limite, c’est un espace de liberté maximum…

Et finalement, en tant que dj, producteur et boss de label ; que penses-tu de l’évolution de la musique électronique en France aujourd’hui ?

Petit à petit la musique électronique s’intègre dans le paysage. Ca me parait fou de dire ça d’un mouvement initié il y a plus de 30 ans, mais où je vis dans le sud de la France il existe encore de grosses résistances à l’intégration de notre musique.
Néanmoins les choses changent et la musique electro se démocratise. Je n’ai jamais vu autant d’évènements…
D’un autre coté je n’ai pas l’impression que cette démocratisation se fasse sur des bases saines. La musique électro est devenue au fil du temps un business comme les autres et a quitté la sphère alternative qui faisait son charme. Après ne généralisons pas, il existe plein de promoteurs qui font encore ça pour l’amour de la musique et qui proposent des choses très qualitatives surtout dans l’underground.
Du coté de la production, je n’ai jamais vu autant de bonne musique sortir. J’achète et reçois au moins 5 titres intéressant par jour… Pas le temps de s’ennuyer.