Le collectif Material a été créé en novembre 2015 par une bande de 10 potes, avec des idées et des talents différents. Chacun de leurs événements, une quinzaine déjà à leur actif, font s’entremêler émotions visuelles et auditives. On a rencontré Iannis et Théo, deux des membres fondateurs.

Où commence l’histoire ?

On est à l’origine 5 potes. On se connaît depuis l’enfance et il y a un an, on a décidé de rassembler nos idées et de voir ce qu’on pouvait en faire. Dès le début on a rencontré trois autres mecs qui avaient la même envie, le même projet en tête, on a donc décidé de se rassembler et aujourd’hui on est 10.
En allant de plus en plus en soirée, on a eu envie de monter quelque chose qu’on trouvait pas ailleurs.
Alors nous est venue l’envie d’allier son et image dans le contexte d’une soirée. C’est une envie de casser la barrière entre la musique et le visuel. Même au début on faisait des soirées dans des bars (notamment au 45 TOURS) et déjà on cherchait à trouver une place pour nos visu.

C’est quoi votre leitmotiv ?

C’est vraiment l’idée de créer une synergie entre ce que les gens voient et entendent. C’est notre manière de poser notre empreinte dans nos événements. On souhaite vraiment que les gens viennent pour une expérience audiovisuelle. Par exemple, fin janvier, on a organisé « Hors-Cadre », un événement avec expo, musique, stand de tatouage (avec Ouriel Zéboulon), bouffe (New’s Cool), un bar et une scénographie spéciale faite par Antoine Nguyen et Amin Bidar, le gars qui a créé les mannequins du Closing de la OFF en juin dernier.
On était au Petit Bain samedi dernier, et même si on a eu quelques galères, on a essayé d’apporter quelque chose qu’on voit pas toujours en club et les gens avaient l’air de kiffer autant que nous !
En parallèle, on cherche à créer un vrai lien entre nous et le public. On essaye du mieux qu’on peut de créer un dialogue, un échange, et que les gens ne repartent pas comme ils sont venus.

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Un mot sur votre catalogue d’artistes ?

On a un champ de vision très large, qui vient du fait qu’on vient pas du tout du même milieu dans le collectif, et que chacun a ses influences propres. Certains de nous ont commencé à écouter du son en allant en club, d’autres en teuf dans le 78 etc…! Ça nous permet de proposer une vraie diversité, même si on essaye de garder une certaine cohérence dans ce qu’on fait. En plus, ça fait qu’on se complète beaucoup dans notre démarche créative.

Quelles questions vous posez-vous en organisant une soirée ?

Quand on lance un évent, on se met toujours le plus possible à la place du public en se disant : « Qu’est-ce que j’ai envie d’entendre, de voir ? » Ça nous aide à créer une harmonie entre les différents éléments qu’on présente.
On se base aussi pas mal sur ce qu’on les évents qu’on a déjà faits, ce qui a marché ou non, et on essaye de faire évoluer nos idées. Tout dépend du lieu qu’on investit, du format de l’événement etc…

Trois mots pour vous définir ?

Eclectisme en premier. Ça concerne nos origines, nos influences, nos goûts musicaux, ou encore ce que chacun fait dans la vie.
Le deuxième, ce serait la proximité, pour celle qu’on tente le plus d’avoir avec le public dans nos events et nos projets et c’est comme ça qu’on évolue le mieux, ca permet de se remettre en question, d’avancer et d’avoir un point de vue extérieur sur ce que l’ont fait.
Le troisième, c’est la passion, parce que c’est avant tout pour ça qu’on a lancé le collectif et c’est ca qui nous donne envie de continuer et d’aller plus loin encore.

Trois sons pour vous définir ?


A écouter en balade dans les bois au petit matin


Morceau super efficace à passer en pic de soirée, réaction du public immédiate garantie


A écouter en after

Qu’est-ce que vous nous réservez pour l’année à venir ?

En plus de ceux en clubs, on prévoit encore d’autres événements hors-soirée comme des vernissages, des après-midi musicales, le tout centré bien évidemment sur le son, le visuel et l’échange. C’est vraiment l’aspect pluri-artistique qui nous donne envie d’avancer. La collaboration avec d’autres collectifs nous a apporté beaucoup et on souhaite aussi continuer dans cette voie-là.
Par ailleurs, on tient l’idée depuis longtemps de réaliser un clip. Ce serait assez expérimental, un peu organisé en plusieurs mouvements, en essayant aussi de se démarquer de la plupart des clips techno qu’on peut voir aujourd’hui. On a commencé le tournage qu’on fait avancer au même rythme que la création musicale, ce qui nous laisse un vaste champ d’imagination. Ce projet est complètement différent de ceux qu’on a déjà présentés. Quand on organise un event, même si on ne recherche pas la rentabilité en premier lieu, on ne peut pas se permettre de perdre de l’argent. Celui-ci implique un gros investissement de temps (et d’argent), qu’on n’estimera « rentabilisé » que s’il plaît ! Ce projet pour nous, c’est surtout une occasion de nous créer une identité visuelle.

Comment envisagez-vous la scène House/Techno dans les années à venir?

Avec Internet, la scène évolue énormément, et les soirées s’organisent plus facilement. Mais il y a un risque de ne plus s’intéresser qu’à l’aspect financier, et cela concerne tous les genres de musique ! Il y a un certain risque de saturation, de sortir du côté alternatif que cette musique a toujours symbolisé. Mais tant qu’il y a de la passion, ça ne peut qu’évoluer dans un bon sens.

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