Après une fermeture abrupte ayant provoqué beaucoup d’émois, le club londonien fabric a réouvert ses portes le 6 janvier 2017 pour notre plus grand plaisir.

Rappelez vous, en juin et août dernier, deux adolescents de 18 ans ont perdu la vie après une overdose de stupéfiants. Le comité de l’arrondissement d’Islington, jugeant que « la culture de la drogue » est omniprésente dans le club, décide alors (après ouverture d’une enquête) de suspendre provisoirement sa licence.

La fabric avait déjà tenté de mettre en place des mesures sécuritaires, comme l’utilisation de scanners d’identification ou la mise en place de chiens renifleurs, sans succès. Le problème majeur est bien la façon de responsabiliser les clubbeurs pendant une teuf ; ce qui ne semble pas, au regard des récents événements, être une chose aisée…

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Quatre morts en trois ans, c’en est trop pour le comité d’Islington. Il décide de résilier la licence du club le 7 septembre 2016. La question que tout le monde s’est posée à ce moment là était de savoir si la fabric comptait faire appel contre la décision du comité. Des rumeurs, fondées ou non, commencent alors à circuler. La fermeture du club serait, en réalité, motivée par d’autres convictions que celles qu’invoquaient le comité d’Islington.

Le mouvement de commercialisation massif qui se propage dans tout le centre ville de Londres serait la cause de la fermeture des clubs et des bars, favorisant le foisonnement de grands projets immobiliers. C’est alors l’économie de la nuit toute entière qui décline face à cet élan, elle qui représenterait environ 6% de la richesse nationale.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, fraichement élu au moment des faits, s’érige en défenseur de la vie nocturne londonienne. La situation commence à être quelque peu alarmante : un tiers des clubs londoniens auraient fermé leurs portes en dix ans. Londres connait un véritable « brain drain » de ses talents musicaux qui choisissent des villes comme Amsterdam, Berlin ou encore Prague pour leur exil.

De nombreux artistes se sont mobilisés pour rendre hommage au club : une compilation de 111 morceaux est sortie sur le label Houndstooth. A défaut de pouvoir jouer dans le club, certains artistes tels que Ricardo Villalobos ou Craig Richards, qui ont fait de la fabric une légende urbaine, ont joué pour lui :


Plus qu’un simple soutien, un réel mouvement de contestation se crée avec les hashtags #savethefabric et #saveourculture en vue de défendre ce pourquoi le club œuvre depuis sa création en 1999. Une pétition est signée par 160 695 personnes et la fabric récolte 333,618£ dans une caisse ouverte aux donations sur son site internet.

Le mouvement a finalement porté ses fruits : la fabric et le comité d’Islington sont parvenus à un accord permettant une réouverture officielle. En revanche, le club est soumis à un lourd cahier des charges qui devra être scrupuleusement respecté afin d’assurer la pérennité du club. Alors attention les yeux, le nombre de lumières et de caméras va être multiplié dans le club. Il est également prévu que toute personne détenant des stupéfiants sera immédiatement exclue, et les personnes âgées de moins de 19 ans n’auront pas accès au club afin d’assurer une sécurité optimale.

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Happy ending ! La fabric revient en force avec un système son tout beau tout neuf dans la Room Two grâce à un partenariat avec Pioneer Pro Audio. Mais ce n’est pas tout puisque le club lance son fabriclive stream et reprend les teufs WetYourSelf  !

Lina


Following an abrupt closing causing a stir in the electronic music world, the London club Fabric reopened its doors on the 6th of January 2017 for our greatest pleasure.

Remember, last June and August, two 18 years old died following a drug overdose. The committee of the Islington district deemed that the “drug culture” in the club is ubiquitous and, after an investigation, decided to temporarily suspend its licence.

Fabric already tried to set up some safety measures, as the usage of identification scanners or sniffer dogs, yet unsuccessfully. The main problem is the way to make the clubbers more responsible during a party; which seems, regarding the latest events, not the easiest thing to achieve…

Four deaths in three years is too much for the Islington committee. It decided to terminate the club’s licence on September 7th, 2016. Everyone wondered then if the club wanted to appeal this sentence. The closure of the club would be, in reality, motivated by other convictions than those quoted by the committee.

The massif commercialization movement propagating in all London’s city centre might be the reason why all those clubs and bars closed down, favouring this way the proliferation of big real estate projects. Because of this the night life’s economy shrinks, the one representing approximately 6% of the national wealth.

London’s mayor, Sadiq Khan, recently elected when those facts occurred, establishes himself as a defender of London’s night life. The situation gets quite alarming: one third of all clubs in the city would have closed down in 10 years. London witnesses a true “Brain Drain” from its musical talents, going into exile in cities such as Amsterdam, Berlin or yet Prague.

Many artists mobilized to pay a tribute to the club: a compilation of 111 tracks was released on the label Houndstooth. Even if they couldn’t perform in the club, some artists as Ricardo Villalobos or Craig Richards who made the club a legend played on its behalf:


More than just a support, a real contestation movement appeared with hashtags #SaveTheFabric and #SaveOurCulture with the purpose of defending the club’s work since its creation in 1999. A petition was signed by 160 695 people and the Fabric raised 333.618 £ in donations on its website.

The movement payed off: the Fabric and the Islington committee reached an agreement allowing an official reopening, however the club is submitted to heavy contractual requirements which must be respected to stay open. So beware, the number of lights and cameras in the club will be increased. It’s also planned to exclude immediately anyone in possession of drugs and you’ll have to be more than 19 years old to enter the club.

Happy ending! The Fabric returns with a brand new sound system in the Room Two thanks to a partnership with Pioneer Pro Audio. It’s not all of it, the club also launches its FabricLive stream and resumes its WetYourSelf parties!

Lina