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La blaxploitation ? C’est quoi ça ? Mais si, vous voyez de quoi on parle ! C’est un mouvement cinématographique américain des années 1970, qui consiste à réaliser des films qui donnent un rôle et une place majeure aux noirs américains, eux qui ont souvent été relégués à des personnages péjoratifs ou de seconde classe par Hollywood. Ils ont été remis aux goûts du jour par des réalisateurs tels que Quentin Tarantino avec son Jackie Brown (1997) ou Scott Sanders avec Black Dynamite (2009).

Nous ne nous pencherons pas plus sur les films en eux-mêmes, mais sur leurs bandes originales. En effet, chaque film à cette époque était prétexte à une bande-son, souvent de grande qualité et qui participait de beaucoup à son succès. C’est ainsi que les plus grands noms de la musique américaine de l’époque tel que Roy Ayers pour le film Coffy, Isaac Hayes pour Shaft ou encore Curtis Mayfield pour Superfly (pour n’en citer que quelques-uns) ont composé des OST devenues cultes. Parfois, pour le plus grand plaisir de nos petits pavillons, un classique en rencontre un autre…

Cela n’est pas étonnant alors que des artistes tels que Moodymann aka le prince de Detroit puisent dans ce riche héritage musical pour lui rendre hommage. On trouve par exemple sur la Face A de Don’t be Misled :

Moodymann sample le classique « why can’t we brothers protect one another… », et de multiples autres éléments de « Freddie’s Dead » de Curtis Mayfield, titre issu de la bande-son culte du film de 1972 « Superfly ».

Il apparaît naturel qu’Andrès, également originaire de Détroit et qui a fait ses armes notamment auprès du prince, rende hommage à cette mouvance et aux grands compositeurs afro-américains de cette époque. Son titre « Drama around the corner » sorti sur son EP Jazz Dance sample notamment les vocals et quelques éléments rythmiques de « Cleo’s Appartment » de Marvin Gaye, extrait de la bande-son du film Trouble Man (1972), sans dénaturer l’esprit jazzy et soulful du morceau original. Les deux morceaux pour comparer :

Mais il n’y a pas que Détroit qui fasse justice aux bandes-son de la blaxploitation. Elles ont aussi eu leur petit succès dans la French Touch. From Detroit to Paris…

Dans « Foxxy », une classique track french touch issue de leur culte 1999, Cassius sample la vibrante ligne de basse ainsi que l’intro du thème de Foxy Brown (1974) composé par Willie Hutch. Starring notamment l’actrice la plus bad ass de tous les temps : Pam Grier.

Last but not least… Le cultissime morceau « La Femme d’argent » sorti sur l’album Moon Safari (1997) de Air sample très largement les percussions du très bon « Runnin’ » d’Edwin Star, sur la bande-son d’Hell up in Harlem (1974).

Une bonne occasion d’aller réécouter toutes ces bandes sons, d’en découvrir des plus obscures et de se balader sereinement dans les rues de Harlem…


Blaxploitation? Rings a bell? It’s an American film movement dating from the 70’s, consisting on producing movies giving bigger roles and a major place to Afro-Americans, who have for a long time been given a pejorative or secondary role by Hollywood. Some directors, such as Quentin Tarantino with Jackie Brown (1997) or Scott Sanders with Black Dynamite (2009), brought them back into fashion.

We will not focus on the movies themselves, but on their original score. Who says movie, says soundtrack. At that time, they were often of high quality and had a huge part in the movie’s success. That’s how many contemporary big names of the American music, such as Roy Ayers for the movie Coffy, Isaac Hayes for Shaft or yet Curtis Mayfield for Superfly (to name but a few), composed some OST which became cult classics. Sometimes, for our greatest delight, one classic tune meets another one…

It’s not surprising that some artists such as Moodyman aka. The price of Detroit broaden their sources of inspiration with this rich musical heritage, and pay tribute to it. For example we find on the front side of Don’t be Misled:

Moodyman sampled the classic “why can’t we brothers protect one another…”, and multiple other sounds of “Freddie’s Dead” by Curtis Mayfield, taken from the cult soundtrack of 1972’s “Superfly”.

It seems natural that Andrès, also a Detroit-native, pays tribute to this trend and to big Afro-American composers of the time. His track “Drama around the corner”, released on his Jazz Dance EP samples notably the vocals and some other rhythmical elements of “Cleo’s apartment” by Marvin Gaye, from the movie Trouble Man (1972), without altering the jazzy and soulful spirit from the original track. Here are the two so you may compare:

Not only Detroit salutes Blaxploitation. It was also successful by the French Touch. From Detroit to Paris…

In “Foxxy”, a classic French touch track from 1999, Cassius samples the vibrant bass line as well as the intro from Foxy Brown’s (1974) theme song, composed by Willie Hutch. Starring notably the most bad ass actress of all times: Pam Grier.

Last but not least… The well-known track “La Femme d’argent”, released on Air’s album Moon Safari (1997) widely samples the percussions of the great Edwin Star’s “Runnin’”, present on the soundtrack of Hell up in Harlem (1974).

A perfect opportunity to re-listen to all those soundtracks, to discover others and to serenely walk in the streets of Harlem…