Aujourd’hui on parle avec Vincent,  fondateur de NVNA, un collectif rennais qui réunit et produit beaucoup d’artistes. Leurs soirées mélangent arts musicaux et visuels, et leur label nous promet plein de belles choses… On vous laisse avec les paroles du fondateur !

Salut Vincent ! Tu es l’heureux fondateur de NVNA, un collectif rennais, alors présentes-nous ton crew !

Salut, « heureux » faut le dire vite quand tu vois la gueule des connards sur mon canapé. Plus sérieusement, on est un collectif regroupant 15 membres, comprenant des artistes musicaux et picturaux. L’association s’est montée y a 3 ans maintenant, autour de soirées ; on a ensuite voulu se développer un peu plus, être plus complets, avec une partie label et une partie soirées.

Pourquoi cette partie label ?

Ça s’est fait dans la continuité, sans trop y réfléchir. On était pour la plupart déjà producteurs, du coup l’idée de monter au sein de l’association un label est venue toute seule. Il y a aussi une volonté de produire de la musique à notre image ; à la base, c’était quelque chose entre nous pour commencer à voir ce dont on était capables, et puis ça s’est vite concrétisé par nos différentes sorties.

On a lancé la partie label par une première compilation avec des morceaux de chaque producteur mais aussi des collaborations entre membres. On a essayé d’emmener le projet assez loin dans sa construction puisqu’en parallèle de la sortie de cette compil, notre web designer nous a fabriqué un site sur mesure afin d’accompagner l’écoute d’un support en ligne. Le but était d’accompagner la musique avec un support web, et bien sûr de prolonger le boulot sur l’esthétique commune que l’on s’était fixé dès le début.

A la suite de cette compilation, on a voulu faire participer des producteurs que l’on connaissait et dont on apprécie le travail pour remixer certains morceaux. On a donc mis en place le projet Hapax qui est en format split : deux artistes proposent trois morceaux chacun, en essayant de créer une ambiance commune. Le premier Hapax a regroupé Rohr Sha et Opasse.

Hapax est le premier concept lancé par le label. Ça nous parle directement de faire bosser ensemble deux personnes ayant ou non le même univers musical, ça permet de faire éclore de bonnes idées, de mettre en lumière des différences au niveau de la manière de concevoir une sortie… C’est un travail vraiment prenant ! Rien n’est pris à la légère, le but étant de sortir un projet aussi proche que possible de NVNA tout en la déclinant.

Le dernier projet est la série Quanta, qui sont des EP solos. On ne néglige pas non plus la parole personnelle : la manière dont un producteur peut s’exprimer sur une sortie est vraiment primordiale, d’une part parce que cela fait vivre l’association et également parce que chacun a son approche et c’est vraiment une notion indispensable pour nous. On est riches d’influences et de collaborations. L’artiste Bazarambulant a ouvert le bal pour celle-la avec sa sortie en octobre dernier.

Comment t’es venu le goût pour la musique électronique ?

Grâce à certains groupes de Black Metal tels que Beherit (dont le compositeur, Marko Laiho, a fricoté avec l’acid), ou encore le side-project du chanteur de Silencer. Dans cette scène il y a beaucoup d’utilisation de l’électronique pour les intros et outros, plus en mode ambient.

Après, je bossais sur Ableton pour enregistrer des parties de guitare. Un soir, après un concert de Thiéfaine, un pote m’a amené a l’Elaboratoire à Rennes et là, BAM ! Grosse claque, 2 murs de 30 kilos de son. Y avait les Knockers et les Epsylonn, je connaissait pas très bien cette musique et j’étais halluciné. Ensuite ça a coulé de source, je suis rentré dans le soundsystem Dkdence, et après y a eu NVNA.

On a pu voir NVNA au festival Astropolis ! Alors c’était comment ?

Ah, Astro ! L’événement organisé dans le cadre du festival Astropolis, c’est typiquement le genre de chose dont je te parlais tout à l’heure avec l’hôtel Pasteur, dans le sens où on a vraiment eu l’opportunité de montrer aux personnes curieuses ce qu’était NVNA. Des membres de l ‘association ont envoyé un dossier au culot, ça leur a plu, on a rencontré Gildas et ça s’est fait tout seul.

On avait à notre disposition un endroit vraiment intéressant dans sa composition puisque c’était un ancien lavoir, c’était assez grand, et l’architecture a vraiment permis de se faire plaisir : on a pu mettre en place plein de petites scènes, de petits espaces d’expression au sein d’un même lieu. On a aussi invité certains de nos amis à exposer, en plus de nos artistes NVNA. Du coup, le résultat était visuellement intéressant…

C’était vraiment une bonne expérience, ça a nécessité de nombreuses réunions avec énormément d’organisation, ça a impliqué tout le collectif. C’est ce que nous voulions : faire des choses qui on du sens dans notre projet, pouvoir montrer aux curieux la complexité et la richesse d’NVNA. On ne se considère pas comme organisateurs d’évènements musicaux, du moins pas directement (plus par l’intermédiaire de collaborations avec d’autres assos) ; mais monter de toutes pièces un événement qui regroupe l’ensemble des domaines de compétences des membres d’nvna, là, ça prend tout son sens, qui plus est pour Astropolis.

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C’est quoi les influences majeures d’NVNA ?

C’est assez large, certains membres viennent du métal extrême, de Black Witchery à Arkhon Infuastus. On est bien sûr tous férus de musique électronique, que ce soit la techno actuelle, l’ambient, le noise, la scène indus ou l’EBM. Certains membres trempent aussi pas mal dans l’IDM. C’est assez commun comme réponse j’en conviens, mais c’est la vérité ! C’est cette diversité qui fait tout l’intérêt du projet que ce soit pour la partie label ou la partie organisation (qui sont intimement liés)

NVNA c’est assez complet ; vous touchez à pas mal d’arts différents, ce qui fait votre force. Pourquoi avoir voulu multiplier vos supports ?

C’est exactement ça ! Comme je te le disais, on retrouve dans NVNA ce côté touche-à-tout et pluridisciplinaire, pour la simple et bonne raison que l’on est tous différents au sein de l’asso. Une des idées directrices pour nous, c’est de ne pas de fixer de limite : il faut juste le faire correctement, et que cela reste cohérent avec l’ensemble du projet. On essaye chacun dans sa mesure de chercher de nouvelles pistes, de proposer de nouvelles idées, le but étant de faire des choses différentes de ce qui se produit maintenant, puisque d’autres le font déjà et très bien même.

On fait bien évidemment des soirées en bar et des moments un peu plus légers mais, en parallèle de ça, on a toujours cherché à proposer d’autres formats comme la collab en mai dernier avec S’il Te Play (une asso rennaise) à l’hôtel Pasteur. Le but était de proposer aux visiteurs toute la palette d’NVNA : on a pu proposer de la musique live, des initiations aux machines de productions, des cabinets de curiosités, des expositions picturales, de la vidéos et un espace un peu plus chill, tout ça en centre-ville !

Et ça se passe comment niveau production ? Les artistes intègrent d’eux-mêmes le crew ou il y a un vrai suivi entre eux et NVNA au niveau de la création ?

On a vraiment une volonté de suivi comme tu dis. Pour la compil, on se réunissait une fois par semaine pour se faire écouter nos morceaux les uns aux autres. On voulait vraiment de la cohérence, une esthétique commune, essayer de forger une identité NVNA. On ne se voit pas seulement comme un label, mais vraiment comme une entité, ça fait parti intégrante du projet.

Niveau matos la plupart sont sur le logiciel de composition Ableton pour monter les morceaux mais certains possèdent également du hardware. C’est aussi quelque chose qu’on aime, ne pas manquer des opportunités à cause de principes idiots. Fzr est le seul a travailler seulement sur hardware.

C’est quoi la suite des projets pour NVNA ?

Concernant les sortie à venir dont on peut parler, il y a une compil sur le même principe que la première prévue début 2017. Pour la série Hapax la prochaine sort fin novembre et elle réunira Basaltes et MNSTL sous le paronyme Parhelic Shell. Niveau Quanta, la prochaine sortie sera celle de Dorian Moist fin décembre. On a aussi une soirée qu’on organise avec Super Sapin aux ateliers de Bitche, mais je peux pas trop en dire plus.

Un petit son avant de partir ?

Pas un son mais plutôt un album à écouter en entier.