Jeune DJ et producteur parisien, à 22 ans, Solal Reyes s’est produit aux côtés de San Proper, Cassy ou encore Delano Smith. Multi-récidiviste de la scène house parisienne, vous avez pu le voir jouer au Rex, au Djoon ou au Virgo. Après un premier EP bouclé qui sortira début 2017 sur le label Mr. KS & Friends, un deuxième est en préparation, et l’une des tracks a déjà été jouée, par des Roumains tel qu’Arapu, à la Sunrise 48 le weekend-dernier. Interviewé par Sakatrak, il est aussi aux manettes du treizième podcast et nous livre un mix vinyl only de house minimale groovy où sont cachées deux productions unreleased.

Comment as-tu commencé la musique ?

Je baigne dans la musique depuis tout petit, mon grand-père était batteur de Jazz. C’est comme ça que j’ai commencé, assis sur ses genoux et j’en ai au final fait pendant quatre ans. De manière plus générale, je viens d’une famille plutôt musicienne et  j’ai la chance d’avoir été bercé par de grands artistes tels que de Nina Simone, George Benson, Al Jarreau, Steve Wonder, Lewis Taylor…

Quels sont les styles de musique que tu aimes le plus ? Qu’est ce qui t’a poussé vers la house ?

Au commencement, j’étais plutôt orienté, notamment par ma famille, vers le Jazz, la Funk et la Soul. Je suis passé par de nombreux styles différents comme le vieux rock anglais ou le rap old school, mais c’est vrai qu’aujourd’hui en plus de la musique électronique j’écoute surtout du jazz.

A la fin du lycée, j’ai découvert la production grâce à un ami qui m’a montré Maschine de Native Instruments, un logiciel de production assez simpliste mais qui a l’avantage de faciliter l’entrée en matière. Comme il faisait principalement de la house et de la techno et que parallèlement je commençais les sorties en club : j’ai découvert la house, que j’ ai adoré dès le début et vers laquelle je me suis penché tout naturellement. Je commence donc à produire tout seul, un peu à tâtons, pour  finalement atterrir sur Ableton et investir dans des machines.

Plus généralement, j’ai le sentiment d’avoir toujours eu un certain ressenti du groove que les rythmiques house m’ont permis d’exploiter et d’extérioriser à travers la production et le mix.

Quel est ton home set-up ? Ton set up idéal ?

Pour produire, j’utilise Ableton comme DAW. Je créée mes bases rythmiques avec ma Roland TR-8. J’ai un synthé Micro Korg dont je me sers de temps en temps mais utilise surtout le VST Mini V2 d’Arturia, réplique numérique du Mini Moog, synthé très complet. Pour les basses, je me sers d’un petit synthé analogique fait-main qui s’appelle Bolsa Bass et je contrôle le tout grâce à un contrôleur/séquenceur Beatstep Pro. L’idéal serait évidemment d’avoir un set-up complètement analogique, ce vers quoi je me dirige petit à petit, en fonction de mes moyens. Pour ce qui est des vocales, il m’arrive souvent de sampler de vieux vinyles de jazz, soul, rock ou rap Old School.    
Pour mixer, je préfère le vinyle au digital et j’ai donc évidemment deux platines Technics.

Comme table, j’utilise une Xone 62 et parfois Timecode si je veux passer mes prods ou celles de mes potes en numérique.

Bien sûr, j’aime mixer sur rotary, mais étant habitué aux mixeurs Xone, certaines possibilités rythmiques qu’elles offrent grâce aux  faders me manqueraient si je n’utilisais que ça. En club, j’ai souvent à dispositions des CDJ qui me permettent de me passer de Timecode pour passer des prods en numérique, ce qui a ses avantages évidents.

Quelle est ta vision du dj aujourd’hui ?

Alors évidemment, le monde de la nuit et la scène underground est en plein essor et le public est toujours plus grand, surtout à Paris. Il y a de plus en plus de promoteurs, de soirées donc le métier de dj se développe. L’essor du nombre de passionnés permet d’avoir un auditoire plus large donc plus de visibilité et d’opportunités. 
Etre DJ c’est mettre en valeur sa musique mais aussi promouvoir le travail des autres et se le réapproprier et tout cela participe au bon fonctionnement de la scène.
On vit dans un monde hyper-connecté où les vraies interactions sociales sont de plus en plus difficiles. La place du DJ est donc importante puisqu’il a les rênes pour recréer le temps d’une soirée un contexte favorable à la rencontre et au partage.

Te considères-tu plutôt producteur ou dj ?

J’essaie vraiment de travailler autant la prod que le mix. Pour moi l’un et l’autre sont très complémentaires. Les deux se rejoignent sur la plupart des valeurs qu’ils véhiculent comme par exemple le partage. Le mix peut à mon avis être considéré comme un aboutissement de la production, puisque lorsque je produis des tracks, j’essaie d’imaginer l’impact que celles-ci pourraient avoir en club. Dans l’un comme l’autre j’essaie de recréer un univers qui m’est propre.

Que penses-tu de la scène parisienne et plus généralement de la scène française ?

La scène française a pour  moi toujours eu une place importante dans la house que les producteurs français ont su défendre grâce à leur sens certain du groove. Je pense par exemple à Cabanne, ou encore Hold Youth avec Seuil et Le Loup, Lazare Hoche.. Apollonia a également permis à la scène française d’être mise en valeur et de s’exporter.

Aujourd’hui quels artistes de la scène house/techno t’inspirent et t’influencent ?

Pour ce qui est du mix, j’ai beaucoup été influencé par des sets de Raresh, Apollonia, Seuil ou Mandar. En ce qui concerne la prod, il y a l’école roumaine avec Mihai Popescu ou le duo SIT. Des artistes comme John Dimas, S.A.M, Mike Shannon, Riccardo ou Cedric Dekowski.

Et du coup dans la house, tu définirais ton style comment?

Déjà, je ne suis pas un fan d’étiquettes et de terme précis pour définir un style. Le classement en genres et sous genres est surtout utile pour digger sur Discogs ou chez le disquaire. Cela dit, je suis surtout axé house minimale mais toujours très groovy. Je recherche surtout la musicalité des morceaux, qu’ils évoquent des sentiments ou des univers, qu’ils soient énergiques ou planants.

Parles-nous un peu de tes futurs projets?

On peut dire que je suis dans une période de production assez intense, je prépare un deuxième EP. Le premier EP est bouclé et sortira début 2017 en vinyle sur le label Mr KS. & Friends . (Mr. KS est un producteur français de Montpellier dont les tracks on été jouées notamment par Villalobos) Son label vise à donner un moyen d’expression à des newcomers et la première sortie a d’ailleurs visiblement très bien marché.