Le N.A.M.E commence ce week-end, et pour l’occasion le Club 40 organise un évènement ce soir en marge du festival. Intrigués, on leur a posé quelques questions sur leur super projet.

Hello Club 40 ! Vous pouvez vous présenter ?

Club 40 actuellement, c’est Alvynn Diagne, vice-président, et moi-même, Yann Griboval, président. On est un duo complémentaire : je suis un peu l’électron libre, je fonctionne aux coups de cœur alors qu’Alvynn lui est plus technique, plus raisonnable.

Tout a commencé chez Thibault, ami et co-créateur du Club 40, où on se réunissait tous les week-ends. Au début, Thibault mixait, Carl (aujourd’hui Errance) faisait du Vdjing, certains dessinaient, on se retrouvait ensemble pour faire la fête, tout en ayant un espace d’expression. Il y avait de plus en plus de monde à nos soirées, et quand un saxophoniste s’est rajouté aux DJ sets les voisins ont commencé à devenir fous. On a du limiter à 40 personnes pour calmer le jeu et de là est né le nom « Club 40 ».

À un moment, on s’est dit que ce qu’on vivait là avait un goût d’exceptionnel et qu’on se devait d’en faire quelque chose. Au bout de quatre/cinq week-ends consécutifs on s’est posés à quatre dans un bar pour officialiser le projet. Thibault, Marion, Alvynn et moi avons alors organisé plusieurs soirées qui ont amené du monde. Nous ne voulions pas organiser des concerts à but lucratif mais bien vivre la musique avec nos amis. Nous avons donc mis en place un système simple : le prix libre. Le line-up de la soirée suivante dépendait de l’argent que l’on récupérait dans la cagnotte. On voulait que ce soit une nouvelle façon de faire la fête à Lille.

Aujourd’hui, Thibault a organisé la première édition de son festival avec son association Les Bourlingueurs, et nous avons un label, Doux Divorce, qui fonctionne en parallèle de Club 40 afin d’aider les artistes de la création à la scène.

Et quelles sont vos influences musicales ?

Nos influences sont variées, elles vont pour ma part de la chanson française de Christophe à la techno de Shlømo en passant par la pop de Connan Mockasin ou le son si futuriste de Pantha du Prince. Tant qu’il y innovation et émotion, je prends. Ca a toujours été mes deux seuls critères pour décider de programmer un groupe pour Club 40. Il y a quand même un fil conducteur : une petite touche de musique électronique, car elle me semble vraiment dans l’air du temps.

Comment t’es venu le goût pour ce que tu fais ?

J’ai toujours eu cette passion de la musique et cet amour des gens, des nouvelles rencontres. Apprendre à les apprécier et partager avec eux des émotions fortes – qui plus est dans une atmosphère musicale inspirante – a été pour moi un énorme plaisir ces trois dernières années. Au fur et à mesure que le projet avançait, qu’on programmait des soirées plus ambitieuses, j’ai commencé à prendre du plaisir à organiser et à coordonner ce projet qui me tenait à cœur. En plus, je pouvais compter sur une équipe à la fois hyper pro et super connectée avec ce que j’étais. Ce projet m’a permis d’avoir une proximité avec des artistes que j’admirais comme Cléa Vincent, DC Salas ou encore TG Gondard. Une sorte de rêve d’enfant qui se réalisait sans piston ni calculs, une belle aventure, un bébé qu’on a pas envie de lâcher !

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Club 40 c’est rempli de supers projets alors ?

Les projets de Club 40, c’est tout d’abord organiser des espaces de création, d’expression, de pouvoir laisser la place le temps d’une soirée à des artistes qu’on estime singuliers, innovants donc excitants. On a cette chance de pouvoir ne répondre à aucune exigence commerciale et de faire nos propres choix : la feuille est blanche et tout est à créer. Je pars souvent d’un artiste découvert sur la toile dont je trouve le travail génial, puis j’organise une soirée autour de son projet avec un début, un milieu, une fin. On construit des projets musicaux cohérents autour de l’artiste tout en conservant une progression au cours de la soirée, pour démarrer par quelque chose de calme et touchant, et finir par de la musique de club pour danser tous ensemble.

J’ai toujours essayé de penser nos soirées comme une sorte de parenthèse remplie de rêve, une belle communion entre personnes de différents types musicaux, de plusieurs catégories sociales, origines, etc. présents pour une seule chose : faire la fête en écoutant des artistes sincères, qui vivent quotidiennement pour leur art, et qui offrent tout leur amour le temps d’un soir.

Mais Club 40 ça a été le début de quelques choses. Rencontrer tous ces artistes nous a donné des idées, notamment celle de créer un label de musique nommé Doux Divorce Records. Les deux premiers EP sortis l’an dernier sont des purs produits Club 40 car nous avons rencontré les picards Gderws et le parisien Ronan Martin en les programmant dans le même bar lillois, le Rouge. S’en est suivi un coup de cœur musical et humain, et l’aventure avec eux qui se poursuit à travers ce label n’est faite que de bonheur. Ce n’est pas fini, on prépare actuellement avec passion deux EP magnifiques qui vont sortir très bientôt, on vous tiendra au courant…

Des futurs projets à ne pas manquer ?

Le mercredi 5 octobre, on fait notre première résidence trimestrielle au Cirque (Lille – quartier Wazemmes) et on a l’honneur de recevoir le collectif rennais NVNA qui avait une belle scène cet été au festival Astropolis. Ici c’est une autre façon de voir les choses : inviter un label dont on aime beaucoup le travail et lui offrir une sorte de carte blanche. L’ambition derrière est de faire voyager ces projets locaux qui regorgent ici et là dans notre pays. On a le soutien du NAME Festival pour cette soirée qui a lieu deux jours avant les “vraies festivités” c’est assez cool de se sentir portés. On a trop hâte, et les artistes aussi !