On a posé quelques questions à Franz Berline, producteur/dj lyonnais au parcours très riche, mais aussi membre du collectif La Fabrique ! Si vous voulez le suivre, on vous laisse aller checker sa page Facebook ainsi que son SoundCloud.

Hello Franz ! Tout d’abord, tu pourrais te présenter ?

Salut Sakatrak ! J’ai 29 ans et je suis originaire des Alpes où j’ai passé une bonne partie de ma vie et de mes expériences musicales ! Aujourd’hui, ça va faire presque 4 ans que je vis à Lyon. J’ai commencé la musique à l’âge de 7 ans, d’abord dans l’école de musique de ma ville puis au conservatoire de Chambéry, en pratiquant le saxophone. J’ai fait mes classes d’abord en musique classique, puis une grosse partie en jazz. En parallèle, à partir de mon adolescence, j’ai joué dans des groupes de punk, de ska, de rock (toujours avec mon saxophone), avant de me tourner vers la MAO en 2005. J’ai d’abord composé de la drum’n’bass, du hip-hop, puis de la bass music. Depuis mi-2015, je suis derrière le projet Franz Berline, plutôt orienté Deep House/Electronica avec lequel j’ai sorti 2 EP en autoproduction. Actuellement, je travaille sur le troisième !

Comment es-tu passé d’une formation classique/jazz à la bass music, puis à la house ?

Déjà, on va dire que ce que je jouais au conservatoire, même si c’était très enrichissant, n’était pas forcément dans mes goûts… C’est à cause de cela que j’ai commencé à monter ou à rejoindre des groupes. Mais comme c’était plutôt difficile là où j’étais de trouver un local de répétition stable ainsi que des musiciens avec qui s’entendre, j’ai eu envie de créer ma propre musique de A à Z, sans contraintes. D’où le passage à la drum’n’bass, puis au hip-hop et enfin à la bass music après avoir entendu « 26 Basslines » de Benga. Plus tard, on va dire que j’ai fait une « overdose » de tous ces sons saturés, ces superpositions de basses qu’on retrouvait dans ces compos que j’écoutais et que je faisais. J’avais besoin de partir sur un projet plus minimaliste, plus mature, avec des sonorités plus FM et c’est comme ça que j’ai créé Franz Berline.

Du coup quelles sont tes inspirations ? Tu te sens plus influencé par l’électro ou par ce que tu as pu apprendre au conservatoire ?

Ce que j’ai appris au conservatoire me sert surtout de base pour composer, on va dire que ça m’a plutôt apporté des techniques de composition qu’une vraie inspiration. C’est plus simple pour moi du coup de créer des harmonies, de faire respirer un morceau, etc… Pour ce qui est des artistes qui m’influencent, voir même des courants, ils sont nombreux mais dans un style assez éloigné de ce que je compose aujourd’hui. Je suis plus rock et guitares électriques, même si j’écoute aussi du hip-hop ou de la house. Comme ma musique a toujours été un exutoire pour moi, ce sont plutôt mes émotions du moment qui guident mes compositions.

Tu peux nous en dire un peu plus sur le collectif dont tu fais partie ?

Le collectif s’appelle La Fabrique, et est actif à Lyon depuis février 2015. Ils conçoivent et programment des événements alternatifs autour des musiques électroniques. Ils développent surtout des concepts uniques et novateurs, comme le festival « Cinemade », mélange de musique électroniques et tournage de cinéma immersif qui a lieu chaque année aux Substistances à Lyon et qui a réuni pour l’édition 2016 2 100 personnes. En parallèle, ils managent leurs différents artistes résidents dont je fais partie, en nous faisant jouer dans des lieux réputés à Lyon comme le Sucre. Et cette nouvelle saison qui arrive sera pleine de surprises…

Comment travailles-tu pour composer un morceau ?

Quand j’ai commencé en 2005, j’avais mon DAW et mon clavier midi. Aujourd’hui je m’en sers encore, même si j’utilise en plus des surfaces de contrôle comme la Push d’Ableton. J’ai toujours aimé la liberté qu’offrait le numérique, la facilité à changer de sonorités sans devoir tout le temps changer de configuration. Je me suis toujours senti libre comme ça. Pour composer, je m’imagine comme si j’étais dans un groupe avec une basse, une rythmique, un lead et des pads. Je me dis « ok, ça donnerait quoi si je jouais ça en live avec un groupe ? ». Ça me permet de canaliser mes compositions en évitant que tout se marche dessus. Du coup je commence souvent par trouver la mélodie principale, puis la basse et enfin les accompagnements en identifiant bien les différentes parties. Une fois que les parties sont bien identifiées, je m’occupe alors de l’arrangement. La prochaine étape, prévue pour la fin d’année ou le début de l’année prochaine, sera un Live.