Denise Wright, productrice franco-anglaise, sort son premier EP à la fin de ce mois chez Coquelicot Records. Après avoir passé un an à Montréal, elle a déménagé en Inde, où elle est actuellement basée. Un tel parcours nous a forcément intrigué, donc on a voulu en savoir un peu plus. En plus de ça, elle sera le 4 septembre à 18h sur Rinse FM, et le 7 à 21h sur Radio Paris. A ne pas manquer !

Salut Denise ! Tu pourrais te présenter ?

Hello ! Je suis née d’un père anglais et d’une mère française, et j’ai grandi en en banlieue parisienne. En grandissant j’ai été baignée par les influences anglaises de mon père, un passionné de musique. Ado, j’écoutais beaucoup de rock indie. C’est lorsque j’ai commencé à sortir en club vers 18 ans que j’ai découvert la musique underground.

A 19 ans j’ai passé un an à Montréal, ville dans laquelle il y a une culture club assez fascinante, beaucoup plus variée qu’à Paris selon moi ! A force de voir des Djs mixer toutes les semaines et à passer des heures sur internet à chercher des nouveaux sons, je me suis réellement intéressée aux techniques de mixage là-bas et ai appris à mixer. Je n’avais pas vraiment l’idée de me produire ensuite, je voulais principalement comprendre ce que fait réellement un DJ. J’ai posté quelques mix sur SoundCloud. En rentrant en France j’ai eu l’opportunité de me produire sur scène à Caen et c’était parti !

En déménageant à Paris j’ai rencontré les gars du label Coquelicot Records, des jeunes passionnés qui m’ont tout de suite soutenu. J’ai également fait des soirées avec les collectifs AssBean Royal Klub, Triple-D, Poincaré Records ou Tarantism.

Cela fait maintenant un an que je vis en Inde, et que je continue à mixer, cette fois dans les bars de New Delhi. Le public est totalement différent du public français, mais c’est un bon travail d’adaptation pour un DJ ! Je travaille également sur mon premier EP qui sort chez Coquelicot Records le 24 septembre prochain.

Justement, comment es-tu influencée par ta vie en Inde ?

L’idée derrière mon EP était de partager les ressentis d’une française vivant dans un pays étranger, et faisant face à une culture aussi différente que la culture indienne.

Dans la production de mes morceaux je n’ai pas été influencée directement par la musique indienne en tant que telle, mais je me suis service des différents sentiments qu’être face à une culture étrangère engendre (fascination, émerveillement, incompréhension, etc) Chaque morceau de l’EP représente un état d’esprit propre à ce que j’ai pu ressentir pendant mon année à Delhi. Les ambiances des morceaux sont assez différents les uns des autres, tout comme l’ont été les différentes phases par lesquelles je suis passée en Inde !

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C’était quoi ta première expérience avec l’électro ?

J’ai d’abord été attirée par la scène club underground avant de m’intéresser à la musique électro. Ma première fois au Rex, il y a 5 ans, m’avait complètement fascinée. J’y ai vu Dusty Kid et ai tout de suite accroché à l’ambiance de la boite, tellement différente des autres clubs à musique commerciale ! J’ai eu l’impression d’avoir découvert ce que j’avais toujours cherché…

Plus récemment, je suis allée au Magnetic Fields, un festival électro de 3 jours dans le désert du Rajasthan. Le dernier soir, le DJ indien BLOT a joué sur une scène secrète, dans un jardin, pendant plusieurs heures. La configuration de la scène était unique : il mixait sur une petite table au milieu du jardin avec tout le public autour de lui : devant, derrière, sur les côtés. Tout le monde se regardait en plus de regarder le DJ, son set était incroyable et l’énergie autour de lui tellement intense, j’ai rarement ressenti ça.

C’est souvent difficile de jouer de la musique underground en Inde, mais ce genre de moment est tellement magique que ça donne envie de continuer et ne rien lâcher.

Quels sont tes inspirations majeures ?

Ado, j’ai écouté beaucoup de pop et de rock indie plus ou moins ancien, principalement anglais (The Kinks, The Undertones, Babyshambles, Arctic Monkeys, Little Boots…). J’y ai gardé le goût des paroles et chansons à textes. J’ai aujourd’hui du mal à produire des tracks sans y ajouter des vocaux !

Aujourd’hui en électro, je suis tout ce que fait le label Bedrock Records de John Digweed. J’aime également le plus petit label berlinois Steyoyoke, chacune de leurs releases est toujours cool ! J’aime beaucoup ce que font Sasha, Guy J, Claude VonStroke… Dans un registre plus techno, j’écoute beaucoup Pig & Dan, Dense & Pika, Gregor Tresher, Mondkrater. Chez les français, je suis fan d’Oxia et Nicolas Massayeff.

Comment travailles-tu sur tes morceaux ?

Je produis sur Ableton Live, à l’aide du Push Ableton. J’utilise des banques de samples dénichées un peu partout, et une partie enregistrée moi-même avec ma voix ou des instruments trouvés lors de mes voyages en Inde. Pour ça, j’ai un micro Zoom H2N, très utile pour enregistrer les sons ambients, voire les instruments. J’ai un micro Shure SM57 pour enregistrer ma voix. Et pour finaliser le setup je suis aidée d’une carte son Focusrite. Je m’intéresse de plus en plus à l’analogue, j’ai d’ailleurs redécouvert la groovebox Roland 303 de mon père, aussi vieille que moi, que je commence à apprivoiser doucement !

Pour terminer, quels sont tes projets futurs ?

Mon premier EP « Flyover » sort le 24 septembre prochain chez Coquelicot Records. Je quitte un peu l’Inde pour revenir à Paris à cette occasion ! Au programme : une release party et un passage chez Rinse FM et Radio Paris. Je vais également jouer le mardi 6 septembre au Batofar avec les copains de chez Tarantism, AKOB et Strktur.

Ensuite, retour en Inde pour quelques mois avant de changer de pays et d’horizon ! A voir ce que ma nouvelle vie m’apportera en termes de richesse musicale et d’inspirations. Mes prochaines productions risquent d’être un peu plus sombres et techno. J’aimerais faire des collaborations avec des amis, des gens proches musicalement parlant. En tout cas, je ne suis pas prête de m’arrêter !


Denise Wright, a Franco-British producer, releases her first EP at the end of the month at Coquelicot Records. After spending a year in Montréal, she moved to India, where she lives from now on. She got our curiosity and our attention, so we wished to know a bit more about her. Moreover, she will be on September 4th at 6pm on Rinse FM, and three days later on Radio Paris at 11pm. You wouldn’t want to miss it!

Hi Denise! Can you introduce yourself?

Hello! I was born of an English father and a French mother, and I spent my childhood in the suburbs of Paris. I grew up listening to my father’s records, a true passionate music lover. I used to listen a lot to indie rock when I was a teenager. It’s only when I was 18 and started going out that I discovered underground music.

When I was 19 years old I moved for a year to Montréal, city which possesses a quite fascinating club culture, in my opinion a much more diverse one than in Paris! As I was seeing DJs mix every week, and as I have spent hours and hours on the internet digging for new tracks, I started getting a real interest in the art of mixing, therefore I learned how to do so. I wasn’t really portraying myself as a future producer, I only wanted to understand how a DJ mixes during his set. I just posted some of my tracks on Soundcloud, but when I got back to France I had the opportunity to mix live in Caen and this is when it all started!

When moving back to Paris I met the guys from Coquelicot Records, which are some young music enthusiasts, and they immediately supported me. I also took part in parties with other collectives, such as AssBean Royal Klub, Triple-D, Poincaré Records or Tarantism.

I’ve been living in India for a year now, yet I still mix, this time in different bars in New Delhi. The audience is totally different of what I was used to in France, but it’s great as it gives me the possibility to adapt! I’m currently working on my first EP which is going to be released on Coquelicot Records on September 24th.

Precisely, how are you influenced by your new life in India?

The idea behind my EP is to share the feelings of a Frenchman living in a different country, facing therefore a very different culture which is the Indian’s one.

While producing my tracks I wasn’t directly influenced by Indian music as such, but I used the different feelings which arise when facing a foreign culture (fascination, astonishment, incomprehension…). Each track of the EP represents a different spirit I could have had in my first year in Delhi. The atmospheres of each track are different from one another, just like the different periods I went through in India!

What was your first experience with electronic music ?

I was first attracted to the underground club stage, before gaining interest into electronic music. 5 years ago, when I went for the first time to the Rex club, I was fascinated. I saw Dusty Kid perform, and I immediately hooked to the club’s atmosphere, it was so different from the other clubs that play commercial music ! I had the feeling I discovered what I always been looking for…

More recently, I went to the Magnetic Fields, an 3 day electro festival in Rajasthan’s desert. On the last night, the Indian DJ BLOT performed on a secret stage, in a garden, for several hours. The stage’s configuration was unique of its kind – he was mixing on a small table in the middle of the garden, surrounded by everyone : in front of him, behind him and alongside him. Everyone was looking at each other in addition to looking at the DJ. His set was amazing, the energy surrounding him was intense, I rarely felt this way before.

It’s often quite difficult to perform underground music in India, but this kind of moment is so exceptionnal that it boosts you to continue and not give up.

What are your major inspirations ?

As I said, when I was a teenager I listened a lot to more or less older pop and indie rock music, usually British (The Kinks, The Undertones, Baby-shambles, Artic Monkeys, Little Boots…). It gave me a strong taste for lyrics and songs. I think I’m not really able to create a track without giving some lyrics to it !

But nowadays, if we focus on electronic music, I follow every release made by John Digweed’s label Bedrock Records. I also like the smallest Berliner label Steyoyoke, each of their release is always pretty cool ! I enjoy the work made by Sasha, Guy J, Claude VonStroke too.. In the techno universe, I listen to Pig & Dan, Dense & Pika, Gregor Tresher, Mondkrater. If I would have to quote some frenchman, I’d say I’m a fan of Oxia and Nicolas Massayeff.

How do you work on your tracks ?

I produce on Ableton Live, with the aid of the Push Ableton. I use some bank of samples I have found pretty everywhere, and a part of them are samples of my own voice or instruments I have found during my trips in India. I use a microphone Zoom H2N, quite useful to record ambiant sounds, or some instruments. I own a Shure SM57 to record my voice. And to complete the setup I use a Focusrite sound card. I gain more and more interest into analog music, in addition I rediscovered my father’s goovebox Roland 303, which is as old as me, that I slowly domesticate !

Last question : what are your upcoming projects ?

My first EP « Flyover » is to be released on September 24th at Coquelicot Records. I leave a bit India to come back to Paris for this occasion ! What is on the agenda : a release party and I’m invited by Rinse FM and Radio Paris. I will also perform on tuesday September 6th, at the Batofar with the guys from Tarantism, AKOB and Strktur.

After all this I’m heading back to India for a few month before leaving for a new country and new horizon ! Time will tell what my new life will add to my productions and my inspirations. My next releases may be a bit darker and techno oriented. I’d love to work with some friends, people I’m close with musically speaking. What’s sure is that I’m not about to stop !