On a rencontré Kamikaze Space Programme à une soirée Fée Croquer il y a quelques mois, et on l’a adoré. Cet anglais originaire de Bristol, fort de 15 ans d’expérience dans la musique électronique, a commencé par produire de la Drum & Bass, pour finalement se tourner vers une techno pure et dure. On a été séduit par son ouverture d’esprit, sa simplicité et surtout son talent. Bonne lecture !

Jusqu’à 2011 tu produisais de la Drum’n’Bass sous le pseudonyme Raiden. Pour quelle raison t’es-tu tourné vers la house et la techno ?

Mes releases Drum’n’Bass étaient très souvent influencés par la techno, particulièrement avec mon label OffKey tout comme le deuxième, The Renegade Hardware. Quand j’ai commencé à produire de la musique dans les années 90, le style musical qui m’était propre était l’électro; faire des tracks techno avec des éléments de D&B étaient la façon dont j’étais un producteur techno. J’ai toujours été un grand fan de ce style musical, en particulier de Surgeon et Jeff Mills. Mais je suis arrivé à un point où la musique que je créais était médiocre, et je l’ai soudainement compris un jour après un tour très monotone aux US. J’ai créé Kamikaze Space Programme, et je suis jamais revenu en arrière.

Ton premier EP, Algus, sorti en 2011, est une bonne représentation de ton côté « house ». Puis nous découvrons ta déclaration d’amour pour la techno avec Leyland DAF 45, remplie de sons dark. Dans lequel de ces univers tu te sens le plus à l’aise ?

A cette époque je cherchais encore ma voie, et je ne sais pas exactement ce que j’essayais de faire, mais faire quelque chose de différent de la D&B, avec un autre tempo, après 15 ans était un gros soulagement. Cela m’a pris quelques années à me créer un style unique. L’EP WNCL était un autre tournant dans ma carrière, étant donné que je sentais que je possédais enfin entre mes mains un son particulier, une manière de m’exprimer et un manifeste que je pouvais m’approprier. Je suis nettement plus confortable avec les sons plus dark ! J’adore ces choses qui te font grimper aux rideaux, mais j’apprécie aussi avoir un côté funk dans mes productions.

Tu travailles sur un nouvel EP qui va bientôt sortir sur KILLEKILL. Tu peux nous en dire un peu plus ?

L’EP s’appelle “Are we There Yet”, et chaque track est nommée après le classement des civilisations en fonction de leur niveau de développement technologique, qui s’appelle « l’échelle de Kardashev ». On est à environ 100 ans de devenir une civilisation de type 1, mais selon beaucoup de physiciens très peu de civilisations atteignent cette étape à cause des choses dont nous sommes actuellement témoins sur notre planète. C’est sans doute la raison pour laquelle nous n’avons pas encore découvert d’autre forme de vie intelligente dans l’univers. Cet EP va sortir sur un nouveau label de KilleKill, à vrai dire ils sont en train de former 5 nouveaux labels ! KilleKill se développe à une telle vitesse qu’ils ont besoin de nouveaux moyens pour sortir leurs tracks. Je suis très proche avec le label depuis 2 ans, au point où ils sont mon manager et gèrent mes dates. On est sur cet EP depuis un moment. Nico Deuster (Le boss de KilleKill) a voulu que mon premier release en solo soit spécial. J’ai voulu faire un mix de différents styles, allant de la techno classique à quelque chose de plus expérimental, et j’ai aussi fait un remix de l’EP de Joe Farr, qui est aussi de Bristol.

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Quelle est ta meilleure expérience en club ?

Après avoir effectué tellement de dates c’est assez dur d’en choisir seulement une, la plupart des scènes sont bonnes, et d’autres sont mauvaises. Mais je vais être taquin et je vais en choisir quelques-unes. Je me suis récemment produit au Berghain, et c’était juste incroyable, la salle et le fait d’avoir toute la puissance du soundsystem sous les doigts, et tout ce qui va avec le fait de jouer au Berghain. C’était magique. Cela m’a rappelé l’ancien temps, où je résidais à l’End Club à Londres, rien que d’en parler ça me donne la chair de poule. Mes meilleurs souvenirs sont toujours ceux où je me produis assez loin, là où je n’aurais pu me retrouver si je n’étais pas DJ. J’ai des bons souvenirs du Kazakhstan, de la Sibérie, l’Amérique du Sud et de différents états moins connus aux Etats-Unis. Je trouve que ce sont surtout les gens que tu rencontres qui ont un gros impact sur le ressenti que tu as de l’endroit que tu visites, tout comme la culture locale.

Qu’est-ce que tu penses du renouvellement de la scène techno en Europe ?

C’est fou de voir à quel point la musique telle que la techno continue de grandir et de repousser les limites depuis 30 ans. Pour moi, la techno est un format de dance qui a tout compris, c’est pour ça que ça dure depuis si longtemps et que ça s’accroît encore. Ce que je trouve fascinant est la façon dont la techno a fusionnée avec l’art et le monde de la mode. Sans oublier que ce style est à la pointe de la technologie musicale, donc on peut aussi rajouter ce côté scientifique.

En février dernier tu as joué à Paris à la Fée Croquer. Comment as-tu trouvé le public français ?

Chaleureux, amical et sympa ! Il y avait un gros sentiment d’unité parmi les gens qui m’a rappelé des débuts de la rave en Angleterre.

C’était une soirée très spéciale pour moi, parce que premièrement je ne savais pas que la soirée sera si grande, ce qui m’a vraiment marqué était la diversité de l’audience. Aussi la production était énorme. Cette nuit-là j’ai pu me présenter avec mon propre manteau Crombie fait par Icosae, un groupe de jeunes designers de Paris et qui sont aussi de grands fans de techno. Sans oublier la bonne cause de l’évènement qui était le rassemblement de nourritures et de vêtements pour les réfugiés. Donc ouais, cette nuit était géniale.


Until 2011, you were producing Drum n Bass under the alias Raiden. Why turning to House and Techno ?

My Drum & Bass output was often very Techno influenced, especially with my OffKey label and the Renegade Hardware stuff. The first music I was producing was electro in the 90’s; making Techno infused d&b was my way of being a Techno producer. I was always a huge fan of Techno, particular Surgeon and Jeff Mills. I got to a point where I felt I was making the wrong music and one day after a fairly monotonous tour in the USA I just kinda snapped, and started Kamikaze Space Programme and didn’t look back.

Your first EP, Algus, out in 2011, represents your house side. We then discover your love for techno with Leyland DAF 45, full of dark sounds. Where do you feel more comfortable ?

At that point I was still finding my feet and didn’t really know what I was trying to achieve, just making something non d&b/different tempo after 15 years was just so liberating. It took me a few years to create a new unique sound for myself. The WNCL ep was another watershed moment as I felt I finally had a sound, expression and manifesto I could call my own. I’m definitely more comfortable in the darker sounds! I love things that make you pull a screwface and a gunfinga, but I always love having that funk in there too.

You are working on a new EP, out soon on KILLEKILL. What can you tell us about it ?

The EP is called ‘Are We There yet’ which each track named after the scale of technology advancement of civilisations called the Kardashev scale. We are about a 100 years from becoming a Type 1 civilisation but according to many physicists many civilisations never reach this point due to the kinda things we are seeing in the world right now. Its also a possible reason why we haven’t discovered any trace of intelligent life in the universe.

This EP is on a new label by KilleKill, in fact they are starting 5 new labels! KilleKill is expanding at such a fast rate there was the need for more outlets. I have been building a very close relationship with KilleKill over the last 2 years to the point where they manage me and handle my bookings. We’ve been building up to an ep for sometime. Nico Deuster (KilleKill CEO) wanted to make my first solo release special. I tried to have a mix of different styles on there from main room techno to more experimental styles, and there is also a remix on the EP from Joe Farr who is also from Bristol.

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What is your best club experience ?

After so many shows over the years it’s really hard to pick one good one, most are really good as opposed to bad. I’m going to be cheeky and pick a few. I recently played Berghain which was just incredible, that room and having all the power of that soundsystem under your finger tips and everything that goes with Berghain was just magical. It took me back to the days when I was a resident at the End club in London, gives me goose bumps just thinking about it. My favourite experiences are always when I go somewhere very far afield, somewhere that I would have never been able to visit without djing. I have very fond memories of Kazakhstan, Siberia, South America and the less well know states in the USA. I find its the people you meet also has a big impact on the places you visit as much as the culture.

What do you think about the renewal of the techno scene in Europe ?

It’s incredible to see a music such as Techno still growing and pushing boundaries 30 years on. For me techno is a format of dance music that just got it right, hence it’s lasted so long and continues to grow. What I’m finding fascinating is how Techno has merged with art and fashion world. Not to mention it is also on the very edge of music technology so it has the science angle too.

Last February you played in Paris at a Fee Croquer party. What are your impressions about the french public ?

Warm friendly and fun ! There was a strong sense of unity that really reminded me of the early days of UK rave.
It was a very special night for me, for one I had no idea the party was so big, what struck me was how diverse the audience was. The production was also immense. On this night I was presented with my own designer Crombie coat from Icosae who are young fashion designers from Paris who also love techno music. Not to mention the great cause of the event with the food and clothes for refugees. So yeah, this night was very special for me.