LE MARIAGE COLLECTIF, LA BANDE-SON SORTIE DES POUBELLES

Combien de vous se sont déjà cassé le nez en recherchant un disque ô combien désiré sur Discogs avant de redescendre immédiatement à la vue de son indisponibilité ou pire, de son prix démentiel ? Sexopolis, le « hit » de la bande-son originale du Mariage Collectif composé par le mystérieux français Jean Pierre Mirouze, n’échappe pas à la règle.

Le film, une œuvre érotico-hippie obscure sur la liberté sexuelle, tomba rapidement dans l’oubli et sa bande-son avec. Mais au début des années 2000, Together et Sexopolis (les deux morceaux phares de la bande-son) circulent en petit nombre et attisent la convoitise de nombreux diggers ; les envolées d’orgues de Sexopolis et ses percussions venues d’ailleurs en font une track de funk culte.

C’est en 2010 que se produit l’incroyable : on retrouve dans la décharge d’Issy un carton rempli des tests pressings de l’intégralité de la fameuse bande-son, jamais éditée entièrement auparavant. 2 ans après cette découverte incongrue, le label français Born Bad Records édite l’intégralité de la bande son pour la première fois (et à un prix raisonnable).

On découvre alors des morceaux très variés oscillant entre le funk et le jazz fusion, tels qu’Ulla et Georgie avec son solo de saxophone déchainé ou encore Scène du port, très jazzy et mélancolique avec des vents planants, mais aussi des titres qu’on croirait tout droit sortis de Woodstock comme Tivoli by Night ou encore des musiques de films plus classiques comme Tandoori Dance (mêlant violon et quelques notes de cithare).

Grâce à ce pressing, les collectionneurs peuvent enfin mettre la main sur ce petit bijoux de funk old school à la française, et des infos fuitent sur le mystérieux compositeur. Diplômé de piano au conservatoire de Nice, Jean-Pierre Mirouze travailla au côté du peintre Yves Klein avant rejoindre le groupe de recherches musicales de l’ORTF (Office de Radio-Télévision Française) à Paris. Il rejoint ensuite le compositeur Pierre Henry puis le cinéaste Jean Rouche et s’intéressa au rapport entre la musique et l’image. Passioné de musiques ethniques, il fit de nombreux voyages pour tourner des documentaires en Afrique : en résultent quelques influences sonores dans les percussions du mariage collectif .

Par la suite, il fera de nombreux documentaires ainsi que des longs et courts-métrages. La légende raconte qu’il détenait les films originaux de l’assassinat de Kennedy… Un bien mystérieux personnage pour une histoire de disque pour le moins originale.


How many of you ever had a rough time seeking for a disc you fervently wished to buy on Discogs, but were immediately disillusioned when seeing that it’s unavailable, or worse, that’s it’s well over your means? Sexopolis, “hit song” from the original soundtrack of the movie Mariage Collectif, composed by the mysterious Frenchman Jean-Pierre Mirouze, will not be an exception to the rule.

The movie, an obscure erotic-hippie artwork concerning sexual freedom, was soon forgotten, as well as its film score. But in the early 2000, Together and Sexopolis (the two most distinguished tracks of the album) were available only on a small scale and music diggers were fighting over them; the organs’ surge and its percussions is what makes Sexopolis a cult funk track.

In 2010 happened something unbelievable: in the Quai d’Issy’s dump was found a box, full of the pressing tests of the notorious soundtrack, which was never fully edited before (as the film was a failure). 2 years after this unexpected discovery, the French label Born Bad Records edits the soundtrack in its entirety for the first time (and at a reasonable price).

Various tracks, oscillating between funk and jazz fusion are uncovered, such as Ulla et Georgie with its wacky saxophone solo, or Scène du port, a quite jazzy and melancholic track with gliding wind instruments, but also other tracks we may mistake with a song from Woodstock as Tivoli by Night, or with more classical soundtracks as Tandoori Dance (combining violin and some zither sounds).

Without this incidental finding, collectors wouldn’t be able to lay hands on this small old school French funk jewel. And the compositor’s enigmatic life wouldn’t be known too. Piano graduate from Nice’s musical academy, Jean-Pierre Mirouze worked with the painter Yves Klein before moving to Paris, in order to join the ORTF’s (a national agency charged of providing public radio and television, in the mid 60’s – 70’s, in France) group of musical research. He met the composer Pierre Henry, then the cineast Jean Rouge, and started taking a great interest in the relation between music and images. Passionate with ethnic music, he travelled many times to Africa to film there documentaries: some of these musical influences, such as the percussions, may be found in Mariage Collectif.

Thereafter, he will make many more documentaries and short movies. A legend says he owned one of the three full versions of Zapruder’s film of Kennedy Assassination, wishing to make a movie about it… A quite abnormal character for a quite abnormal disc story.

Translation: Tomasz Michalak