BLACKEST EVER BLACK, DE LONDRES À BERLIN

Blackest Ever Black est un label créé à Londres en 2010 mais qui est aujourd’hui installé à Berlin (ainsi que la plupart des artistes qui y sont signés). Kiran Sande, le fondateur du label (et ancien directeur adjoint de FACT magazine), revendique la noirceur et la profondeur des releases du label, dues à son penchant assumé pour la musique industrielle des 70s-80s, en passant du Goth au post-punk selon ses dires. A travers ses productions assez expérimentales mais éclectiques, avec des percussions au son caverneux ou des synthés bourrés de reverb, le label nous rappelle que la musique est un pont entre influences et expérimentation.

La première sortie du label (en septembre 2010) est signée Raime. Ont suivi des releases centrées essentiellement autour de sons assez darks (avec Cut Hands ou Tropic of Cancer), avant que BEB ne décide d’élargir ses productions à des artistes plus diversifiés comme Dalhous ou Shampoo Boy. Ces choix lui ont notamment permis d’être élu Label of the Month par Resident Advisor en août 2011.

Kiran Sande, largement épaulé par le duo Raime, s’est donné pour mission de faire ressentir quelque chose aux auditeurs du label, tout en luttant contre la techno prévisible qui cherche à rassurer plutôt qu’à déconcerter. Raime en est l’illustration parfaite avec leur dub-techno minimaliste et expérimentale, frôlant parfois le grime, qui ne sonne comme rien d’autre. Pour se faire une petite idée, leur second album, Tooth est sorti en juin dernier et la track principale est dispo ici.

Finalement, Blackest Ever Black est un label diversifié en terme de production, qui ne cherche pas à faire danser mais à créer une atmosphère particulière. Les mixes réguliers du label pour la Berlin Community Radio, ou encore les différents artistes signés permettent de comprendre pourquoi le label a une telle influence sur la scène électronique berlinoise tout autant que londonienne.

Ma petite préférence se porte cependant sur Carla Dal Forno. L’australienne basée à Berlin est associée depuis déjà un petit moment avec Blackest Ever Black via ses projets Tarcar et Fingers, mais s’est récemment démarquée avec son album solo, Fast Moving Cars, construit autour de basses en sourdines, de lignes de synthé assez astrales, et d’une voix timide.

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Blackest Ever Black is a record label created in London in 2010, though it is now based in Berlin (along with most of its artists). Kiran Sande, founder of BEB (and former FACT  magazine assistant director), defines the label releases as dark and deep. This is due to its assumed liking for industrial music from the 70s and 80s (from goth music to post-punk). Through its experimental still eclectic productions (with hollow drums or reverberated synths), the label reminds us how music is a bridge between influences and experimentation.

The first release of the label goes back to September 2010, and is from Raime. The releases that followed were mostly focused around dark sounds (with Cut Hands or Tropic of Cancer), before BEB decided to expand to more diverse artists such as Dalhous or Shampoo Boy. These choices helped it to get Resident Advisor’s Label of The Month title in August 2011.

Kiran Sande’s aim is to make the listeners feel something while fighting against predictable techno that reassures rather than disconcerting. The Raime duo helped him for this, and they are the perfect illustration of the label’s concept. Their minimal and experimental dub-techno doesn’t sound like anything else. If you wanna get the picture, tou shoudl listen to their second album, Tooth, and its main track.

In the end, BEB is a diverse label, that doesn’t try to make people dance but to create a specific atmosphere. Their mixes for the Berlin Community Radio, or the different artists that are signed help understand why the labe has such an influence on the Berlin and London electronic scenes.

I’ll have to say that my favorite one is Carla Dal Forno. The Berlin-based Australian has been associated with the label for quite some time through her Tarcar and Fingers projects. But her recent solo album, Fast Moving Cars, helped her distinguish herself with its muted basses, astral synths and shy voice.