Aujourd’hui, dans le cadre de notre partenariat avec Bedroom Producer, on change un peu de nos producteurs techno puisqu’on vous parle de Chuck Prudence ! Il nous a parlé de ses inspis, de son rapport à la musique électronique… On vous laisse son Soundcloud. Bonne lecture !

J’ai grandi en écoutant du rock, puis du punk. Du coup je suis sorti de mon adolescence avec une certaine condescendance envers la musique électronique. Heureusement, après un apéro entier à ridiculiser la répétitivité de cette musique de sauvage, j’ai fini par vexer un pote dj qui m’a forcé à remporter un de ses CDs chez moi. Il m’avait fait promettre de l’écouter sérieusement pour savoir au moins de quoi je parlais. C’était Homework de Daft Punk. La fois d’après je me suis excusé.

J’étais pas non plus convaincu, mais suffisamment ouvert pour me laisser embrigader quelques mois plus tard dans un week-end clubbing à Londres. On devait aller à la fabric, mais après 4 heures de queue on a à peine vu la soirée. On a fini en after dans un tout petit bar, avec des platines sur une table branlante. C’était presque vide et la plupart de mes potes étaient affalés sur les canapés quand Villalobos a commencé à mixer. Et là ça a été la révélation : la techno ça s’écoute pas, ça se danse. J’ai passé 6 heures à gigoter comme un abruti, et à la fin de la soirée je savais que je deviendrai dj.

Avec mes premiers salaires je me suis découvert une passion pour les vinyles, et j’ai commencé à jouer dans des bars, puis à organiser des soirées avec quelques associations, mais ça payait à peine la picole. J’ai vite compris que si je voulais être crédible il fallait que je me mette à la production. Au début ça a pas été facile. Mon premier morceau est encore sur MySpace… et il est tout pourri. Mais c’est devenu une autre passion, plus solitaire, que j’ai nourrie au fil des années, et je commence enfin à faire des tracks qui me donnent envie de danser.

Entre temps j’ai déménagé à Berlin pour 2 ans, où je me suis mis à mixer en club. C’est là que j’y ai découvert mes principales influences : le Berghain, le Golden Gate, et le Sisyphos, pour n’en citer que trois. Le Berghain parce que c’est la techno sans compromis, à danser les yeux fermés face à l’enceinte. À l’inverse le Golden Gate c’est la fête à la fin de laquelle tu connais tout le monde, où le barman te paie des coups pendant que le dj te montre des photos de ses gosses. Et le Sisyphos c’est la soirée haute en couleur, où tout est chatoyant pendant que tu danses pieds nus dans le sable.
Après ça j’ai fait un break par rapport à la vie nocturne pour me concentrer sur la production, parce qu’en fait ça demande vraiment du boulot. J’ai bougé à Toulouse où je vis un peu reclus depuis quelques temps, à produire track sur track. J’ai un set up assez simple : Ableton, deux écrans, deux enceintes. J’ai aussi quelques contrôleurs que je branche quand j’ai besoin d’enregistrer un peu de vie dans mes paramètres, et quelques petits synthés analogiques qui font des apparitions dans mes morceaux. Mais je bosse la plupart du temps au clavier et à la souris. J’ai pas spécialement de méthode : tout est permis tant que je finis mes tracks. J’ai aussi un pote qui a les synthétiseurs Volca de chez Korg avec qui on fait des soirées machines, mais je suis encore loin de faire un live satisfaisant. Même si à terme c’est ce que je voudrais développer.
Mais pour l’instant je produis, je produis, je produis. J’ai sorti un EP sur un label australien (vive les internets) ; le deuxième est en préparation. Et surtout j’adore toujours autant mixer. J’entends souvent dire que la techno c’est une musique qui se danse tout seul, mais quand c’est toi qui mixes, tu danses avec toute la salle. Et c’est la meilleure drogue du monde.

Today, as part of our partnership with Bedroom Producer, we’re going to put aside for a moment our techno music producers as we are interviewing Chuck Prudence! He told us about his inspirations, his relation with electronic music… His Soundcloud account is over here. Happy reading!

I grew up listening to rock and punk music, so I got out of my teenage years with some kind of condescension for electronic music. But after spending a whole pre-dinner ridiculing the repetitiveness of this music I eventually offended a friend of mine who is a DJ, so he forced me to take one of his CDs home. He made me promise to listen to it carefully so I knew at least what I was talking about. It was Homework from Daft Punk : the next time, I apologized.

I wasn’t completely convinced, but open enough to follow my friends a few months later, in a clubbing weekend in London. We were supposed to go to fabric, but after queuing for 4 hours, we barely saw what was happening. We ended up in a small bar, with turntables on a shaky table. The bar was almost empty and most of my friends were sitting on a couch when Villalobos started mixing. It was a revelation: you don’t listen to techno, you dance to it. I spent 6 hours wriggling like a moron, and at the end of the night I knew I wanted to become a DJ.

With my first pays I discovered my passion for vinyl. I started playing in bars and organizing parties with associations, but it barely paid for booze. I understood that if I wanted to be believable I had to start producing. In the beginning it wasn’t easy, my first track si still on MySpace and it’s awful. But it became another passion, more solitary, that I nourished year after year. Now I make tracks that make me wanna dance.

In the meantime I moved to Belrin for 2 years, where I started mixing in clubs. That is when I discovered my main influences such as the Berghain, the Golden Gate and the Sisyphos. The Berghain because it’s techno without compromises, dansing with your eyes closed in front of the speakers. At the opposite, at the end of a night at the Golden Gate you know everyone and the barman gives you free drinks while the DJ shows you pictures of their kids. The Sisyphos is a colourful night, where you dance barefoot in the sand.

After that I paused my nightlife to focus on producing, because it actually is a lot of work. I moved to Toulouse where I now live secluded, producing track after track. My set up is quite simple: Ableton, two screens and two speakers. I also have a few controllers that I plug in when I need to have some life in my parameters, and a few analogical synthetizers that appear in my tracks. But most of the time it’s my mouse and my keyboard. I don’t have a specific method: everything is fine with me as long as I finish my track. I also have a friend who owns the Volca synthetizers from Korg with whom I do machine nights. But I’m still far from having a satisfying live, although this is something I would like to develop on the longer term.

For the moment all I do is producing. I have an EP that is out in an Australian label (bless you Internet); the second one is on its way. I still love deejaying. I often hear that techno si a music that you dance to on your own, but when you’re the one deejaying you dance with the whole room. And that’s the best drug on earth.