La playlist suit l’article : vous pourrez y trouver les tracks/albums mentionnés.

Fondé en 1992, Apollo Records incarne depuis l’éclosion de la musique électronique l’esprit authentique et visionnaire de son fondateur, Renaat Vandepapeliere. La volonté de fournir un moyen d’expression à des producteurs novateurs et passionnés est à l’origine de ce projet. Ainsi, le label est initié en tant que subsidiaire orienté ambient et plus expérimental des mythiques R&S Records, également fondé par Renaat et sa femme Sabine en 1984. Les premières sorties d’Apollo provoquent incompréhension et perplexité parmi l’audience de R&S, label alors reconnu pour sa facilité à habilement discerner le Zeitgeist au travers d’EPs techno dansants et affutés. Toujours est-il qu’aujourd’hui impossible de nier que certaines de leurs sorties ont stimulé l’évolution de la musique électronique, à l’image de l’album Selected Ambient Works 85-92 du légendaire Aphex Twin.

Evoquant les missions spatiales de la NASA,  Apollo Records semble nous éjecter aux confins de l’univers. Même l’étiquette ambient ne semble pas subsister au décollage du label, comme l’illustre cet exemple injustement méconnu de fusée-technoïde lancée en 1992.

Quelques années et de nombreux pressages plus tard, le label évolue encore et propose également des sorties qui gomment les frontières entre dubstep et ambient à l’image de l’EP de Submerse.

Certaines structures et sonorités similaires se discernent tout de même. Malgré de très bons morceaux sans, de nombreuses tracks sont couvertes d’un beat ; d’ailleurs généralement plus lent que la moyenne. Les premières sorties et certaines aussi parmi les plus récentes incorporent abondamment des sons qui évoquent des odyssées spatiales futuristes et lointaines, suggérant peut-être une analogie entre les expérimentations permises par la musique électronique et les explorations interstellaires.

A cette image, le label a permis à ses producteurs de laisser libre cours à leurs expérimentations. La kyrielle de sorties, prise dans son ensemble, prend des airs de mosaïque éclatante de diversité, unie par la même volonté de repousser les limites. A titre d’exemples, pouvons-nous évoquer Microgravity et Pataschnik du norvégien Geir Jenssen aka Biosphere, connu pour son style ambient arctique incorporant des samples de science fiction. L’œuvre du groupe Sun Electric, formé des artistes berlinois Tom Thiel et Max Loderbauer qui inclus notamment les albums 30.7.94 Live (1994) ou Via Nostra (1999) lui a aussi permis de s’imposer comme un des groupes pionnier de l’IDM. De même, l’opus Visions of the Past signé par le suédois Robert Leiner est souvent considérée comme un chef-d’œuvre de l’ambient.

L’audace de mettre en avant des artistes précurseurs a permis à Apollo de nous léguer, en presque 25 ans, une œuvre complexe et complète, parmi laquelle nombreux sont les opus qui ont indéniablement marqué l’histoire de la musique électronique. A nous maintenant de savoir fouiller parmi celle-ci pour mieux comprendre et toujours plus apprécier les prémices du genre électronique.

Moira


The playlist goes along with the article: you may find there the tracks/albums which are mentioned below.

Founded in 1992, Apollo Records is the incarnation, since the blooming of electronic music, of the authentic and visionary spirit of Renaat Vandepapeliere, its founder. The reason of this project’s existence is a will of providing a channel of expression to innovative and passionate producers. For this reason the label started out as an ambient and experimental oriented subsidiary of the mythical R&S Records, also created by Renaat and his wife Sabine in 1984. The first Apollo’s releases generated an incomprehension and confusion among the audience of R&S, as the latter was a label renowned for its ease of perceiving neatly the zeitgeist through dancing and sharp EPs. The fact remains: it is undeniable that some of their releases stimulated the evolution of electronic music, reflected by the album of the legendary Aphex Twin, Selected Ambient Works 85-92.

With a name evoking the NASA space programs, Apollo Records seems to drive us to the deepest depths of space. Even the “ambient music” style tagged to the label haven’t resisted to its take-off, as shows it this unfairly unknown techno-bomb launched in 1992.

Some years and many pressed vinyl later, the label evolved again and proposed releases which blurred the frontier between dubstep and ambient music, as Submerse’s EP.

Yet some structures and sonorities can be, nonetheless, heard more clearly. Even if many great tracks don’t have it, many are covered by a beat, usually slower than in average. The first releases, some among the most recent ones too, take in bountifully sounds recalling some future and distant space odysseys, suggesting maybe an analogy between experimentation allowed in the electronic music and interstellar exploration.

The label allowed its producers to run wild on their experimentations. The plethora of releases, taken as a whole, takes the shape of a mosaic glowing of diversity, united by the same will of moving the boundaries as far as possible. As an example we have Microgravity and Pataschnik made by the Norwegian Geir Jenssen aka Biosphere, known for his arctic ambient style incorporating samples reflecting science fiction. The duo from Sun Electric, composed of Tom Thiel and Max Loderbauer and which released among their albums 30.7.94 Live (1994) or Via Nostra (1999), made an artwork which allowed them to impose themselves as a pioneer of the IDM. The opus Visions of the Past created by the Swedish Robert Leiner is also considered as a masterpiece of the ambient.

For the past 25 years, the audacity of putting forward precursory artists allowed Apollo to give us a complex and complete works. Among them are numerous opus that undeniably left their mark on the history of electronic music. It is now ours to dig into them to understand and appreciate better the premises of the electronic genre.

Moira